‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 12 sur 265 · PIGMENT. — DERME. — PAPILLES · texte numérisé non relu

PIGMENT. — DERME. — PAPILLES

Immédiatement au-dessous de l'épiderme, le derme présente à sa surface des papilles, petites éminences coniques ou arrondies, formées par l'extrémité périphérique des nerfs et des vaisseaux, et qui se distinguent en papilles nerveuses et papilles vasculaires. Chaque papille nerveuse est surmontée d'un organe qui doit à ses dimensions microscopiques et à sa fonction le nom de corpuscule du tact. Les papilles nerveuses, beaucoup moins nombreuses que les autres, n'existent pas sur toute l'étendue de la peau. On les voit à la paume de la main, aux faces palmaires et latérales des doigts, à la plante du pied, à la langue, aux lèvres et sur d'autres points. L'épiderme se moule exactement sur les papilles et forme, en dessinant les sillons qui les séparent, ces méandres gracieux, ces courbes élégantes que l'on remarque surtout à la paume de la main. Très-serrée vers, le milieu de son épaisseur, la trame du derme devient de plus en plus lâche en se rapprochant de sa face profonde, elle forme des mailles ou aréoles dans lesquelles se développe du tissu adipeux, enfin elle s'unit intimement au tissu cellulaire souscutané dont le derme reçoit et auquel il envoie des prolongements fibreux.

Gratiolet tend à admettre que les papilles, dites nerveuses, sont presque dépourvues de nerfs; il les compare à de petites touches pressant légèrement une surface très-sensible, mais n'y laissant que des impressions limitées.

D'autres liens existent entre ie tégument et le tissu cellulaire sous- cutané ; ce sont les nerfs et les vaisseaux lymphatiques et sanguins qui partent de la peau ou qui s'y rendent; de plus, des follicules ou des glandes si-

tués dans l'épaisseur du derme, suivant la plupart des auteurs, dans le tissu adipeux sous-cutané, suivant M. Robin, envoient à l'épiderme, par des conduits spéciaux, les produits de leurs sécrétions. Ces conduits traversent en ligne tantôt droite, tantôt flexueuse, toute l'épaisseur de la peau, et donnent ])assage les uns aux cheveux, à la barbe et aux produits du même genre qui se forment dans le bulbe des follicules pileux^ les autres aux sécrétions des follicules sucloripares et des glandes sébacées. Les orifices des follicules sudoripares, situés à la base des papilles , exhalent la sueur sous forme de perspiration insensible ou la versent en gouttelettes à la surface de la peau; ceux des glandes sébacées s'ouvrent, les uns dans les conduits pilifères, les autres au niveau de l'épiderme, et fournissent à cette membrane et à ses dépendances une substance grasse qui semble destinée à entretenir leur souplesse et à prévenir leur altération par le liquide sudoral; aussi les glandes sébacées abondent-elles surtout dans les points où la transpiration est le plus active.

De ces follicules, de ces glandes dont le microscope nous fait voir les détails, quelques-uns atteignent la grosseur d'un grain de millet, mais la plupart ont à peine un millimètre de diamètre. Leurs orifices à la surface de l'épiderme, longtemps discutés par les anatomistes, sont maintenant admis. Ce n'était pas à des ouvertures de ce genre que l'on donnait autrefois le nom de pores. On supposait que le tissu de la peau présentait des lacunes analogues à celles d'un tamis et que ces interstices donnaient issue aux sécrétions cutanées ; mais ni l'épiderme ni la peau dans son ensemble ne présentent

Page 1