THÉORIES DE LA PHONATION
hésité entre la vibration de Tair et celle des cordes vocales, comme origine du son, compare la glotte à l'anche du hautbois. Ce grand physiologiste, en donnant successivement les explications les plus différentes des phénomènes de la phonation, a dévelopjié ou entrevu la plupart des théories qui ont été professées depuis.
En I74I5 Ferrein assimilait aux cordes d'un violon les cordes vocales mises en vibration par Tair, faisant, roffice d'archet.
Biot se refuse à voir dans la glotte rien qui ressemble à une corde vibrante ; les plus simples nolions d'acoustique, dit cet illustre physicien, suffisent pour faire rejeter cette étrange opinion. Millier soutient contre Biot, la théorie de Ferrein, et, toutefois, il admet avec Biot. Magendie, Cagniard de la Tour, G. Weber et d'autres savants, que la glotte est une anche à deux lèvres membraneuses vibrant sous l'action de l'air et produisant le son par leurs vibrations.
Savart assimile la glotte de l'homme à un appeau d'oiseleur surmonté d'un tuyau de renforcement; les cavités de l'appeau sont représentées parles ventricules du larynx, les ouvertures par Fintervalle compris entre les cordes vocales. L'air vibre en traversant la glotte inférieure, et vient se diviser en deux nappes contre les cordes vocales supérieures qui jouent le rôle du biseaii d'un tuyau d'orgue; l'une de ces deux nappes d'air en vibration fait résonner l'air des ventricules ; l'autre met en vibration Fair du tuyau vocal. Dans cette dernière hypothèse, ce ne sont pas, comme on le voit, les vibrations des cordes vocales, mais celles de l'air qui produisent le son.
La théorie de Savart a été admise, à ce dernier point
de vue, par Longet et, Masson. Ces deux savants pensent que le son est pro luit à rorifice de la gloUe iniérieure, de même qu'à l'embouchure des iustrumenls à vent, par récou'ement périodiquement variable de Tair, qui devient le siège d'un mouvement vibratoire. Les cordes vocales inl'érioures et les ventricules sont nécessaires à la phouiition; les cordes vocales supérieures doivent être considérées uniquement comme un moyen de perfectionnement en rapport avec la variation et la modulation des sons.
L'épigiotte, que Ilaller considérait comme sans influence sur la phonation, permettrait, suivant Biot et Magendie, d enfler le son grave ou aigu, sans que le ton soit changé ; Longet pense qu'elle concourt à l'expulsion de 1 air par les fosses nasales dans la production des sons trcs-aigus, et qu'elle peut contribuer au timbre de la voix.
Le rôle des cavités pharyngiennes, buccales et nasales est aussi diversement apprécié par les auteurs, dans la production et la modification du son. Savart pensait qu'elles réglaient la hauteur des sons vocaux; on les considère aujourd'hui comme des appareils de renforcement, et c'est à leur résonnance particulière qu'est dû le timbre.
La découverte du laryngoscope, en permettant d'observer rintérieur du larynx, a fourni des notions précises sur ces fonctions. On a pu constater les changements de forme, les [phases de la glotte aux différents âges et pendant l'émission do la voix. L'étude du larynx d'après cette méthode a doimé lieu, dans ces dernières années, à des travaux du plus grand intérêt.
M. Fournie considère le larynx comme un instru-