‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 150 sur 265 · PARTIE I. — DISTINCTION DES CORPS DE LA NATURE · texte numérisé non relu

PARTIE I. — DISTINCTION DES CORPS DE LA NATURE

quatre ans et, au lieu d'avoir la taille de 40 à 50 centimètres, il a atteint celle d'un mètre. Ce développement, il l'a acquis par la nourriture ; il a introduit dans son corps des aliments, qui y ont subi plusieurs transformations et sont enfin devenus propres à être mêlés à ses organes et à les accroître. Il y a donc^ dans les êtres organisés, un mouvement continuel de parcelles qui se détachent, mais qui sont bientôt remplacées par d'autres. Ce mode de développement est nommé intussusception.

Les Corps inorganiques^ n'ayant point eu de commencement, n'ont pas de fin. Pour mourir il faut avoir vécu ; pour vivre il faut naître : or les minéraux ne naissent pas, ils ne vivent pas ; et, par suite, ils ne peuvent mourir. C'est en effet ce qui a lieu : un morceau de fer, par exemple, pourra durer éternellement, si rien ne vient en changer la nature.

Tous les êtres organisés, au contraire, ont une fin; ils naissent, se développent jusqu'à un certain moment, et ensuite meurent d'eux-mêmes.

Il résulte des remarques qui viennent d'être exposées, que, si les Corps bruts se forment par la force attractive des éléments, les Êtres organisés doivent la vie à des êtres de leur espèce. Les premiers cessent d'exister quand les forces qui retenaient leurs molécules unies, agissent sur ces molécules et les séparent ; les seconds meurent quand les organes nécessaires à la vie perdent leur irritabilité, car c'est dans ces organes que circulent les fluides qui entretiennent leur existence. Ils ne sont pas, comme les minéraux, le résultat de la décomposition d'un autre corps qui n'est plus; mais ils doivent leur naissance à un être existant antérieurement, et qui a continué d'exister, au moins quelque temps après les avoir produits. Ces êtres nouveaux s'accroissent, non, comme les minéraux, par une juxtaposition des molécules, mais par intussusception des sucs qu'ils tirent des autres corps, et qui pénètrent dans leur intérieur pour y renouveler les fluides et n:iêler aux solides de nouvelles parties.

Nous devons ajouter, comme un caractère distinctif, que ûepuis leur naissance et dans le cours de leur vie les Êtres

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organisés éprouvent diverses vicissitudes. Dans les premiers temps, leur constitution est plus tendre, plus molle, parce que la proportion des fluides est plus considérable. Peu à peu celle des solides augmente ; c'est ce qui forme l'accroissement. Cette proportion devient égale, vers une certaine époque, qui est celle de l'état de maturité ; c'est le temps où Vétre organisé peut se reproduire et former un être semblable à lui. A cet état succède le décroissement, qui est amené par une plus grande proportion des solides. Lorsque cette proportion devient excessive, les vaisseaux sont obstrués, les libres se roidissent, les fonctions sont gênées, et leur interruption successive amène le dépérissement et la mort.

Tous les corps vivants meurent, en effet, après un temps dont la limite extrême est déterminée pour chaque espèce, et la mort paraît être un effet nécessaire de la vie qui, par son action même, altère insensiblement la structure du corps où elle s'est manifestée, de manière à y rendre sa continuation impossible.

En résumé, et pour bien fixer dans l'esprit les distinctions profondes que le Créateur a mises entre les Corps inorganiques et les Etres organisés :

On reconnaîtra un Corps inorganique aux caractères suivants ; rien de symétrique dans la disposition des parties ; aucun vestige d'organes, pas d'instruments de nutrition, aucun signe de sensibilité. Rien ne peut exciter, ou débiliter, ou détruire, en les fractionnant, ces objets d'apparence anguleuse et rude. Au lieu de lignes cournes et de formes rondes, on voit paraître des arêtes informes, des blocs irréguliers et inégaux. Le corps ne se développe et grandit que par juxtaposition, c'est-à-dire en s'agrégeant, par sa surface extérieure et successivement, les particules qui sont ou non homogènes aux siennes, à l'instar de la boule de neige qui grossit par l'agglomération de nouvelles parties.

VÊtre organisé, de son côté, se reconnaîtra aux caractères que nous allons énumérer : une disposition symétrique, c'està-dire, entre les différentes parties de l'être, une harmonie, une correspondance de formes telles, qu'en séparant l'être

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