‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 172 sur 265 · PARTIE II. — FONCTIONS NUTRITIVES. 5î · texte numérisé non relu

PARTIE II. — FONCTIONS NUTRITIVES. 5î

sol aussi que viennent les exhalaisons malsaines qu'il respire dans l'air. Sous les tropiques, l'homme, toujours exposé à de fortes chaleurs, a le tempérament nerveux, et son activité vasculaire est sans cesse fortement excitée, malgré des téguments^ qui mettent son corps à l'abri de l'ardeur du soleil.

Le choix des aliments est très-important pour le maintien de la santé, car, sans manger trop, on peut se nourrir de substances dont l'usage prolongé devienne nuisible. On doit éviter les ragoûts fortement épicés dont l'action sur l'estomac et la réaction sur l£t peau sont des plus funestes. Les maladies de la peau et de l'appareil digestif sont dues, en grande partie, à l'abus des salaisons. La soupe, cette nourriture fondamentale de nos pays, est sans contredit le meilleur aliment. Mais, pour suffireàl'homme qui travaille, il faut qu'elle soit faite avec du bouillon de viande, et l'on a remarqué que l'homme nourri de viande exécute, en un temps donné, plus d'ouvrage que celui dont la nourriture est principalement végétale.

Les enfants doivent, en général, être nourris de lait jusqu'à l'apparition des premières dents.

Quant aux boissons, l'eau est sans contredit la meilleure de toutes et celle dont l'homme peut le moins se passer. Quand il s'agit d'apaiser la soif, c'est celle qui remplit le mieux ce but. Toutes les eaux ne sont pas également bonnes, et le choix à faire entre celles qui sont potables est très-important. Les eaux chargées de sels calcaires, celles des puits de Paris ou de la Beauce, par exemple, altèrent rapidement l'émail des dents; les eaux de source, et en général les eaux stagnantes ou coulant avec lenteur, sont de digestion difficile. Les habitants de la campagne savent très-bien apprécier les eaux qu'un cours rapide et accidenté mélange d'une grande quantité d'air, at ils choisissent celles qui sont le plus battues.

On trouve de l'avantage à mêler à l'eau certains acides, comme Tacide sulfurique, le vinaigre et le suc de citron. L'addition de ces acides peut rendre moins sensible l'usage des eaux insalubres que la nécessité contraint quelquefois de boire. Le mélange du vinaigre dans l'eau semble désaltérer mieux que l'eau pare, mais il a l'inconvénient d'exciter la

58 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.

transpiration, et l'on sait que la sueur amène raffaiblissement. Le jus de citron aune action tonique qui augmente les forces, et il est préférable pour aciduler l'eau. A l'état de santé, les boissons froides sont préférables aux boissons chaudes ; cepen. dant, quand on a chaud, on doit se garder de boire un liquide froid; les affections de poitrine les plus graves sont presque toujours les suites d'une pareille imprudence. Le lait froid, quand on a chaud, est encore plus funeste que l'eau. Le vin, pris avec modération, est d'un usage excellent pour la santé. L'homme sage doit savoir la quantité qui lui convient. A quelques-uns, il suffit d'un verre debon vin par jour, et le travailleur le plus robuste doit se contenter d'une bouteille. La bière est une ressource précieuse pour l'homme qui n'a pas le moyen d'acheter du vin; c'est une boisson tonique, nourrissante, très-convenable pour les personnes nerveuses. La bière non fermentée est d'une digestion assez difficile. L'eau-de-vie et les spiritueux sont dangereux pour les voies digestives, ils peuvent toujours être remplacés par le vin, qui donne plus de force et soutient plus longtemps que l'eau-de-vie ; c'est surtout à jeun que les liqueurs alcooliques ont de si funestes effets.

Lescauses les plus fréquentes desmaladies résident, en effet, dans la mauvaise qualité des aliments et des boissons, ainsi que dans l'intempérance. « Lorsque je vois, disait Addison, ces tables à la mode couvertes de toutes les richesses des quatre parties du monde, je m'imagine voir la goutte, l'hydropisie, la fièvre, la léthargie et la plupart des autres maladies cachées en embuscade sous chaque plat. » Cette pensée de l'illustre auteur des Essais sur le goût vaut, à elle seule, un long traité sur le Régime, et, en la méditant, on éviterait presque toutes les occasions de trouble dans la santé. La tempérance consiste, en effet, à ne point prendre d'aliments au delà du besoin qui nous est indiqué par la faim naturelle, et à ne faire usage que de ceux qui sont les plus simples,

Mais la somme de quantité nutritive n'est pas le seul point qui doit préoccuper le physiologiste, il n'est pas moins indispensable de surveiller la qualité des aliments. Qui ne sait qu'il y a une infinité de causes qui peuvent les altérer et les ren-

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