‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 174 sur 265 · PARTIE II. — FONCTIONS NUTRITIVES. 6Î · texte numérisé non relu

PARTIE II. — FONCTIONS NUTRITIVES. 6Î

L'automne est accompagné de changements brusques de température. Aux approches de l'hiver il faut revenir peu à peu à l'usage des viandes, à une alimentation et aux boissons toniques, à des vêtements plus chauds.

Les personnes d'un tempérament sanguin-bilieux ne doivent user de viande que modérément. Les végétaux leur conviennent beaucoup mieux. La vie de l'homme sanguin doit être variée, et, s'il n'a pas de dispositions à devenir trop gras, il peut faire usage de tous les aliments et de toutes les boissons.

L'homme dont le tempérament est excessivement sanguin prendra des aliments peu nourrissants, des boissons rafraîchissantes; un exercice modéré ; il s'abstiendra de vin pur, de liqueurs, de café. Les viandes blanches, les herbes potagères, les fruits doivent faire la base de son régime. S'il est pléthorique, il évitera les aliments succulents, gras, huileux, assaisonnés, ne boira que peu de vin, jamais pur, et préférera les végétaux et les viandes blanches.

Il en sera de même pour Fhomme d'un tempérament bilieux; il évitera les épices et tous les stimulants ; les acides lui conviennent : le lait ne lui est pas avantageux; point de graisses, point de viandes noires, de fromages, d'aliments doux, sucrés^ mielleux ; il boira peu de vin, ou le mêlera à beaucoup d'eau.

Quant au tempérament nerveux, il indique l'abstinence d'aliments visqueux, de légumes farineux, de pâtes non fermentées, de mets d'une digestion difficile, d'assaisonnements excitants. L'homme nerveux mangera du pain bien levé, bien cuit, des viandes blanches, gélatineuses, des herbages, des fruits ; il boira un vin léger, de la petite bière ou un cidre peu chargé ; point de viandes noires, pas de poisson de mer, de mollusques surtout, pas de viandes salées, fumées, etc.

Les hommes à tempérament lymphatique mangeront peu de végétaux ; les plantes réputées antiscorbutiques, diurétiques, leur conviennent; point d'aliments gras, visqueux ou provenant des. jeunes animaux; pas de poisson, de farineux, de légumes féculents ; qu'ils mangent des viandes riches en fibrine, du bœuf, du mouton, etc. ; qu'ils usent, mais sans excès, de vins généreux, de liqueurs spiritueuses, d'assaison-

nements ; Texercice leur est indispensable, surtout par une atmosphère sèche et chaude; Toisiveté suffit pour rendre lymphatique; il leur faut un régime tonique, un sommeil léger, Tair des montagnes.

Tous ces préceptes, qui ressortent de l'étude de la physiologie, sont^du reste, relatifs à l'homme des sociétés modernes : car les anciens habitants de la terre ne connaissaient probablement que les aliments simples et sans apprêts, et cette nourriture leur procurait les plus grands avantages. La simplicité des aliments et la tempérance sont en effet des sources abondantes de santé et de vie, sans lesquelles on ne peut espérer la longue conservation ni de Tune ni de l'autre. « Il suffit, dit Plutarque, d'avoir le goût du vrai plaisir pour être tempérant. L'intempérance ruine la santé; et quand celle-ci est détruite, on n'est plus sensible à aucun plaisir. Qu'est-ce que tous les mets les plus exquis pour un estomac malade ? et qui peut ignorer qu'il n'est point de meilleur assaisonnement que l'appétit ? »

On dit que, dans une guerre, Alexandre le iJ-rand renvoya ses cuisiniers, disant qu'il en emmenait d'excellé îits avec lui : une longue marche à faire le matin, qui lui vaad.'^ait de l'appétit à dîner, et un dîner frugal, qui lui ferait trouver déli- 'ûeux le repas du soir.

Il ne serait pas difficile de prouver, par une multitude de faits, que la plupart des hommes périssent avant l'âge^ ou traînent péniblement leur vie, sous le poids de la douleur, pour s'être livrés habituellement et avec excès aux plaisirs de la table ; ceux, au contraire, qui se sont contentés d'une quantité d'aliments simples, proportionnée aux besoins du corps, ont joui de la meilleure santé et vécu le plus longtemps. Nous pourrions citer Auguste Barthol, l'immortel Newton et une infinité d'autres ; mais un des exemples les plus frappants de ce genre est celui du célèbre Cornaro, Vénitien, qui fut attaqué, dès l'âge de vingt-cinq ans, de maux d'estomac, de douleurs de côté, de fièvre lente et de la goutte. A l'âge de quarante ans, malgré tous les secours des médecins, sa santé continuait d'être délabrée ; il abandonna tous les médica-

Page 1