‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 175 sur 265 · DIGESTION. — PHÉNOMÈNES DIGESTIFS · texte numérisé non relu

DIGESTION. — PHÉNOMÈNES DIGESTIFS

On peut diviser les phénomènes de la digestion : 1° en ceux qui la précèdent et la préparent, tels que la faim, la soif, la préhension des aliments, la mastication, l'insalivation et la déglutition ; 2° en ceux qu'on appelle digestifs proprement dits : ce sont la chymifîcation, la chylification, l'absorption du chyle, etc., etc.

Faim.

La faim ou besoin de prendre des aliments est une sensation interne ou une impulsion instinctive plus ou moins pénible^, dont le siège est rapporté à l'estomac. Les époques de son retour sont en raison de la quantité d'aliments prise et de l'activité digérante de cet organe. Elle est aussi, pour le retour périodique de ses impressions, soumise à l'influence de l'habitude. La faim se fait sentir à divers degrés, désignés sous les noms d'appétit, de fai^n, de satiété, de boulimie ou faim insatiable. Le pica est la faim qu'éprouvent les personnes qui font usage d'aliments inusités.

A la suite d'une abstinence prolongée jusqu'à ce que mort s'ensuive, on observe les phénomènes suivants : la capacité de l'estomac diminue; on ne voit, dans sa cavité, qu'un peu de salive mêlée à quelques bulles d'air et à un peu de mucus, de bile et de suc pancréatique ; ce viscère reçoit moins ou plus de sang qu'à l'ordinaire ; la bile s'accumule dans la vésicule et s'y épaissit ; toutes les fonctions se ralentissent; il n'y a d'exception que pour l'absorption qui se produit, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de notre corps, et semble s'efforcer de suppléer à ce que n'apporte pas l'alimentation : enfin, l'estomac, entièrement vide et quelquefois comme corrodé, est affaissé sur lui-même ; la faim devient une douleur toujours

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plus déchirante; le plus souvent un délire furieux éclate; et la mort a lieu : tantôt au milieu d'horribles souffrances, tantôt dans une agonie calme, et d'autant plus promptement que l'individu est plus jeune et plus robuste. C'est ce que le Dante a traduit, avec une si terrible énergie, dans la déchirante peinture de la mort d'Ugolin.

On a placé, successivement, le siège de la sensation de la faim dans divers appareils nerveux; on a voulu expliquer ce sentiment par l'irritation que le suc gastrique accumulé exerce sur les parois de l'estomac; par le frottement des rides et des houppes nerveuses qui se trouvent en contact dans l'état de vacuité ; par la contraction fatigante des fibres musculaires de cet organe ; par les tiraillements que le foie et la rate, qui ne peuvent plus s'appuyer sur l'estomac, exercent sur le diaphragme, etc. Aucune de ces explications n'est complètement satisfaisante, et ce qu'il y a de plus probable c'est que le siège de la faim, qui est un sentiment instinctif de conservation, doit, comme le besoin de respirer, être placé dans le système nerveux central.

Soif.

La soif, qui n'est autre chose que la sensation du besoin d'introduire des liquides dans le canal alimentaire, varie dans son intensité, selon qu'a eu lieu une soustraction plus ou moins grande des liquides de l'économie, et elle est ainsi liée à un état du sang caractérisé par la diminution de sa portion aqueuse. L'abstinence des boissons amène chez l'homme un sentiment de sécheresse et de constriction au pharynx et à la base de la langue : ces parties-là deviennent chaudes, rouges et gonflées ; la salive est rare et visqueuse ; il y a excitabilité de toutes les fonctions, et le malheureux succombe au milieu d'un délire frénétique. Les chimistes ont constaté, sur des animaux, que le sérum du sang est d'autant moindre que l'abstinence des boissons est plus prolongée.

Il existe quelque incertitude sur le siège de la soif ; ce serait l'arrière-gorge, selon les uns; l'estomac, selon d'autres. Mais la sensibilité de la muqueuse de l'estomac est tellement

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