‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 176 sur 265 · PARTIE IT · texte numérisé non relu

PARTIE IT

FONCTIONS NUTRITIVES

obscure qu'il est difficile d'admettre cette dernière explication. Si nous rapportons la sensation de la soif à la bouche^ à la gorge et au pharynx, c'est que la sensibilité de ces parties nous donne la conscience de leur état de dessèchement. Contrairement à ce qui arrive dans la faim, cette sensation peul être apaisée par rintroduction d'un liquide dans le sang, quelle que soit la voie par laquelle soit faite cette introduction. L'amiral Anson a obtenu ce résultat par l'application de vêtements mouillés sur la peau, et Dupuytren^ en injectant du petit-lait, de l'eau, etc., dans les veines des animaux.

Préhension des aliments.

Les organes de la préhension des aliments sont, dans l'homme, les membres supérieurs et la bouche. La main de l'homme lui sert à saisir les aliments liquides et solides, qu'il porte ensuite à sa bouche. Ainsi que lui, d'autres animaux se servent de leurs membres antérieurs pour prendre les aliments : tels sont, entre autres, le singe et le chat. Un grand nombre d'animaux ne peuvent se servir de leurs membres ; chez eux la nature a pourvu à cette privation par le développement d'organes particuliers : la trompe des éléphants^ la langue des fourmiliers, le suçoir des insectes ; enfin, dans le plus grand nombre, l^s lèvres sont les seuls organes de préhension. La bouche (pl. I et Vil) est une cavité de forme ovale, limitée, en haut, par le palais et la mâchoire supérieure; en bas, par la langue et la mâchoire inférieure ; sur les côtés, par les joues ; en arrière, par le voile du palais et le pharynx; en avant, par les lèvres.

La bouche varie de dimension suivant l'âge et les individus ; elle peut s'agrandir en tous sens ; de haut en bas, par l'abaissement de la langue et l'écartement des mâchoires ; de côté, par la distension des joues; d'avant en arrière, par le prolongement des lèvres et le soulèvement du voile du palais.

Mastication.

Pour que les aliments solides puissent être avalés et digé-

66 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.

rés avec facilité, il faut qu'ils aient été préalablement divisé» en fragments très-petits. Cette division mécanique a lieu dans l'intérieur de la bouche : elle s'opère à l'aide des dents et porte le nom de mastication.

Lorsque les aliments ont été introduits dans la bouche^ le voile du palais s'abaisse de façon à fermer cette cavité en arrière et à les empêcher d'être avalés immédiatement V (pl. I et II, lambeau) ; en môme temps, les mâchoires s'écartent et se rapprochent alternativement, et, par les mouvements de la langue et des joues, les aliments sont continuellement ramenés sous les dents chargées de les diviser. Lorsque ces substances ne présentent que peu de résistance, la mastication peut s'opérer à l'aide des incisives, des canines ou des petites molaires ; mais, dans le cas contraire, elles doivent nécessairement, pour être écrasées, être portées entre les grosses molaires dont la surface est plus large; le rapprochement de ces dents est assuré par la place qu'elles occupent dans le bord alvéolaire, près de l'articulation des mâchoires (pl. VIII, fig. ii).

C'est par l'élévation et l'abaissement de la mâchoire inférieure que sont produits les divers changements qui surviennent, dans les dimensions verticales de la bouche, pendant la mastication, car la mâchoire supérieure, faisant corps avec les os de la tête, ne peut être mue qu'avec la tête elle-même.

Aux mouvements d'élévation et d'abaissement de la mâchoire inférieure, qui opèrent l'ouverture et l'occlusion de la bouche, se joignent des mouvements latéraux, au moyen desquels les dents molaires glissent les unes sur les autres, et triturent ou broient les substances que les incisives ou les laniaires avaient tranchées ou déchirées.

Les parois musculaires de la bouche sont, durant la mastication, dans une continuelle activité. La langue presse en tous sens les aliments et les pousse sous les arcades dentaires; les muscles de la joue, et principalement les buccinateurs, contre lesquels les aliments sont poussés, les repoussent sous ces arcades pour qu'ils y soient suffisamment triturés. Les lèvres cgissent aussi dans les divers mouvements que néces-

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