PARTIE II. — FONCTIONS NUTRITIVES
venu pour le bol alimentaire de suivre sa route et de se mettrcî en contact avec de nouveaux sucs digestifs. C'est ce temps de la digestion qu'on appelle déglutition.
A cet effet, les lèvres se rapprochent, les aliments sont ramenés par la langue, des divers points de la bouche, sur la face dorsale de cet organe contractile et dont la pointe, repliée sur elle-même, va chercher, en avant et en arrière des arcades dentaires, sous la voûte du palais, partout enfin, les parcelles les plus amoindries. Puis, la langue, se soulevant comme une voûte, s'applique successivement, de sa pointe à sa base, contre la surface du palais et, pressant le bol alimentaire entre sa masse contractée et cette surface résistante, elle la fait glisser, de proche en proche, jusqu'à l'isthme du gosier.
On peut voir, dans la figure 2 de la planche Vil et le lambeau qui la recouvre, les rapports anatomiques de la bouche^ du pharynx et de l'œsophage. Dans la figure 2, la langue est horizontalement placée, mais elle prend une position oblique d'avant en arrière et de haut en bas. C'est sur ce plan incliné que le bol alimentaire parvient au pharynx ^ d'où il glisse dans l'estomac, à travers le conduit œsophagien. C'est à l'intérieur du pharynx t que viennent s'ouvrir les fosses nasales b, le larynx ou canal aérien et la trompe gutturale de Toreille.
Au moment où le bol alimentaire glisse sur le plan incliné que la langue forme par un double mouvement d'élévation de sa pointe et d'aplatissement de sa base, le voile du palais, qui jusque-là avait été abaissé, se relève en arrière et laisse béante l'ouverture que Fon nomme isthme du gosier. Les piliers du voile du palais (pl. I, lambeau retourné) augmentent encore cette ouverture en se relâchant, et le bol alimentaire descend vers l'estomac en passant derrière l'ouverture de la glotte (ep, pl. I, lambeau) par laquelle l'air pénètre dans les poumons.
Pendant la déglutition, cette ouverture se resserre par l'occlusion spontanée des lèvres de la glotte. Une soupape ep, nommée épiglutte, qui la surmonte, rencontrant la base de la langue gonflée en ce moment, se renverse, par un mouvement de bascule, sur l'ouverture du larynx et le recouvre, ce
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qui concourt aussi à empêcher les aliments d'y pénétrer» Cela pourtant peut arriver, et on avale de travers : c'est lorsqu'un rire subit, nécessitant Télévation de l'épigloMe, permet l'introduction dans le larynx de quelques parcelles alimentaires dont l'expulsion cause une respiration convulsive, et parfois des accidents très-graves.
Le voile du palais^ en se plaçant obliquement, empêche aussi le bol alimentaire de pénétrer dans l'ouverture postérieure des fosses nasales. Enfin, la partie inférieure de l'arrière-bouche et le conduit qui y fait suite ont la faculté de se dilater et de se contracter alternativement, pour faire place au bol alimentaire, et se resserrer ensuite sur lui et le pousser en bas : c'est par ces dilatations et ces resserrements successifs que l'aliment est porté jusqu'à la cavité de l'estomac e (pl. I et II). Le canal placé entre l'estomac et le pharynx se nomme œsophage ; l'ouverture qui sépare ce canal de l'estomac se nomme cardia (pl. I et II).
La déglutition des solides et des liquides offre trois temps.
Dans le premier, les aliments passent de la bouche dans le pharynx.
Dans le second, ils franchissent l'ouverture de la glotte et arrivent jusqu'à l'œsophage.
Dans le troisième, ils parcourent ce conduit et arrivent dans l'estomac.
La déglutition des gaz peut être irwolontaire. Ainsi, chaque bouchée qui est avalée chasse devant elle une certaine quantiité d'air; quelques personnes ont la faculté d'opérer volontairement cette déglutition. Il paraît qu'il suffit pour cela de remplir la bouche d'air, et d'exécuter un violent mouvement de déglutition.
Digestion dans l'estomac.
C'est par le canal œ et par l'ouverture c que chaque portion de l'aliment arrive dans Yestomac e (pl. Il), espèce de poche membraneuse qui a la forme d'une cornemuse, et qui est placée en travers, à la partie supérieure du ventre ou abdomen, vers le point appelé vulgairement le creux de l'estomac. Au