PARTIE II. — FONCTIONS DE NUTRITION
on a vu qu'en retirant les aliments, peu après leur arrivée, mais déjà imprégnés de suc gastrique, ils continuaient de se digérer comme dans l'estomac lui-même ; enfin, on a pu se procurer directement du suc gastrique, et reproduire artificiellement, comme l'avait fait Spallanzani, tous les phénomènes qu'il observait simultanément dans la digestion stomacale.
Digestion intestinale.
Lorsque les aliments ont été suffisamment altérés, soit par la trituration que produisent les resserrements de l'estomac sur lui-même, soit par le mélange des sucs gastriques, et que leur décomposition est assez avancée pour qu'il soit impossible de les reconnaître, l'ouverture inférieure de Testomac, nommée pylore, py (pl. Il), qui jusque-là avait été étroitement resserrée, se dilate pour donner passage à la pâte chymeuse.
Près du pylore est une valvule qui paraît avoir pour usage d'apprécier l'altération que doivent subir les aliments, avant de passer dans le duodénum.
Nous avons déjà dit qu'en général, la longueur du tube intestinal Ta en diminuant des mammifères aux poissons ; nous avons fait remarquer aussi que, lorsque cette longueur, dans un animal, s'éloigne beaucoup de celle qu'elle présente chez des animaux avec lesquels il a de grandes analogies d'habitude, on observe alors que la largeur est bien différente. Généralement elle est d'autant plus grande que l'intestin est plus court.
La raison de toutes ces différences tient à la nature de l'alimentation. Nous avons déjà fait remarquer qu'il était nécessaire, en effet, que les substances animales, dont la digestion est plus facile et plus prompte, et qu'un trop long séjour eût exposées à une décomposition putride, parcourussent avec rapidité l'intestin de l'animal Carnivore. Par la raison contraire, les aliments végétaux ont besoin de séjourner plus longtemps dans l'intestin de l'animal herbivore, parce qu'il leur faut plus de temps pour s'assimiler avec les molécules de sa substance.
76 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.
On trouve, dans les parois des intestins, des fibres musculaires qui^ en se contractant, poussent devant elles les matières contenues dans ce tube; les mouvements qu'elles exécutent sont nommés vermi formes, parce qu'ils ressemblent à ceux d'un ver.
Les intestins sont enveloppés d'une membrane très-fine appelée péritoine. Cette membrane sert aussi à les fixer dans la cavité du ventre. C'est elle qui, en se repliant plusieurs fois sur elle-même, constitue : 1° une des enveloppes protectrices des organes abdominaux, l'épiploon, ep (pl. V); 2° la membrane nommée mésentère, c, v, m (pl. II), par laquelle les intestins sont retenus dans leur situation respective, et qui contient dans son épaisseur les vaisseaux nourriciers du tube intestinal et les vaisseaux chylifères, c (pl. II, lambeau), qui charrient les produits de la digestion. C'est dans les replis du mésentère que s'accumule la graisse, chez les personnes qui sont très-grasses, et chez les animaux hibernants, qui, pendant leur léthargie, se nourrissent par la résorption de cette provision intérieure.
La première partie de l'intestin grêle, celle qui fait immédiatement suite à l'estomac, a été nommée duodénum, d (p. II) ; c'est dans sa cavité que se passe la transformation ou dissolution des aliments carbones, tels que la graisse, les matières sucrées, etc., etc. A cet effet, chaque portion du chyme qui Iraverse le duodénum, est arrosée de bile et de suc pancréatique.
Nous avons vu (p. 49) que la bile est le produit d'une glande placée dans le voisinage de l'estomac, f (pl. I), le foie, situé dans la partie droite de la cavité du ventre ; il reçoit dans sa substance une assez grande quantité de sang, et il en extrait le fluide dont nous avons parlé (la bile). Ce fluide s'amasse peu à peu dans une petite poche adhérente à la surface inférieure du foie, et que Ton nomme la vésicule du fiel, b (pl. I). Nous avons vu que des canaux qui proviennent soit de cette vésicule, soit du foie lui-même, se réunissent pour former un conduit qui perce les parois du duodénum et verse dans sa cavité la bile qui le parcourt ; ces canaux sont nommés hépatiques et biliaires c, c' (pl. I).