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PARTIE IL — FONCTIONS DE NUTRITION

D'une autre part, le pancréas envoie, par un canal ou des canaux qui s'ouvrent dans le duodénum, le produit de sa propre sécrétion : c'est unliquide clair incolore, ressemblant beaucoup à dt! la salive et qui offre une réaction alcaline. Des expériences ont établi que le suc pancréatique agit sur les matières féculentes qui n'auraient pas été dissoutes par la salive, et qu'il achève la transformation de ce principe immédiat de la matière alimentaire : d'abord en dextrine, puis en glucose.

Mais c'est surtout sur les corps gras que ne peuvent dissoudre ni l'eau, ni la salive^ ni le suc gastrique, qu'agit le suc pancréatique : il les divise en particules d'une finesse extrême et les transforme en une émulsion qui en fait une substance très-absorbable, par les bouches des vaisseaux qui rampent à la surface de l'intestin et dans l'épaisseur de ses parois.

Quant à la bile, elle semble jouer deux rôles dans la digestion. Dans le premier, elle se mélangerait avec les corps gras et en amènerait, comme le suc pancréatique, la trans formation en une émulsion absorbable. Dans le second, la bile ne serait qu'un produit purement excrémentitiel, comme le mucus, la salive, une sorte de ca'put mortuum, auquel le canal intestinal sert momentanément de réservoir. Le foie serait donc, comme le poumon éliminateur des matériaux inutiles, avec cette seule différence que l'un les expulse, comme nous le verrons, sous forme d'eau et d'acide carbonique, c'est-à-dire complètement brûlés ; tandis que l'autre en débarrasse l'économie lorsqu'ils renferment encore une forte proportion d'éléments combustibles.

Nous compléterons le tableau des réactions chimiques qui se produisent, dans l'intestin, sur la bouillie alimentaire qui le traverse par portions successives, en mentionnant le suc intestinal qui est sécrété, depuis le pylore jusqu'à l'anus, par la membrane muqueuse qui tapisse le canal digestif. Celte humeur fabriquée par un nombre incalculable de glandes développées dans l'épaisseur de l'intestin, paraît propre à achever l'émulsion des particules graisseuses qui auraient échappé à l'action des deux liquides dont nous venons de faire l'histoire.

78 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.

De toutes les transformations que nous venons de décrire et dont V aliment est l'objet, résulte un liquide blanc, opaque et laiteux, destiné à réparer les pertes de l'organisme, quand une dernière épuration l'aura débarrassé de quelques principes qu'il contient et qui ne sont pas assimilables à nos tissus ; ce liquide c'est le chyle.

Avant d'en parler en détail, disons que les portions de la bouillie alimentaire qui n'ont pas été transformées en chyle descendent le long du tube intestinal.

Par suite des mouvements contractiles de l'intestin grêle, ce résidu du chyme passe dans le cœcum, cœ (pl. I). Un phénomène analogue de contraction s'établit bientôt dans le gros intestin. La progression est lente, soit à cause de la disposition en cul-de-sac du cœcum, soit à cause des nombreuses cellules et des contours de l'intestin dans lequel le mouvement a souvent lieu contre les lois de la pesanteur. La matière, dépouillée de tout le chyle, devient, en traversant le gros intestin, plus dure, plus foncée, et prend une odeur fétide. Elle se compose, en grande partie, du résidu des aliments que, quelquefois, l'on retrouve en nature ; de différents sucs altérés, en particulier de la bile ; de gaz fétides, dans lesquels prédominent l'azote, l'hydrogène simple, carboné ou sulfuré. Ce résidu est poussé, peu à peu, depuis le cœcum jusqu'au rectum, où il s'accumule et séjourne pendant un temps plus ou moins long (H, p. 87).

Le gros intestin^ qui fait suite à l'intestin grêle et qui reçoit le résidu laissé par la digestion, se distingue facilement par les dilatations nombreuses que l'on remarque sur ses parois, entre les divers faisceaux formés par ses fibres musculaires. On le divise en cœcum, en côlon et en rectum. Le cœcum, qui est situé près de l'os de la hanche, du côté droit, se prolonge en cul-de-sac au delà du point d'insertion de l'intestin grêle, et présente, à son extrémité, un appendice vermiforme. Les replis, disposés en manière de valvules, garnissent l'ouverture de l'intestin grêle, et s'opposent à ce que les matières, poussées dans le cœcum, puissent rentrer dans l'iléon et retourner vers l'estomac (E, p. 87).

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