PARTIE II. — FONCTIONS DE NUTRITION
tait modifiée par les organes qui la recueillent et par ceux qui la charrient. î
Toutefois, les physiologistes sont loin de s'accorder sur cette origine multiple de la lymphe: les uns pensent qu'elle consiste seulement dans les sucs sécrétés, d'autres y ajoutent les éléments usés qui constituent les organes ; suivant une troisième opinion, la partie séreuse du sang, arrivée aux dernières extrémités des vaisseaux particuliers dans lesquels ce liquide circule, passerait dans les vaisseaux lymphatiques au lieu d'être reprise par les veines.
Ce qu'il y a de certain, c'est que la lymphe n'existe pas comme fluide avant qu'on la voie dans les vaisseaux absorbants qui la recueillent, et qu'elle n'est visible qu'après qu'elle en a franchi les radicules. Elle s'avance alors à travers les nombreux ganglions qui lui servent de points de repos, d'où, après s'y être sans doute perfectionnée, elle se rend : soit dans le canal thoracique, où elle se môle avec le chyle, soit dans un grand vaisseau lymphatique situé sur la colonne vertébrale, du côté opposé au canal thoracique, et aboutissant dans la veine sous-clavière droite.
Absorption digestive.
L'absorption est un acte qui a pour effet d'introduire, dans les courants de la circulation, le produit des aliments, ou, en d'autres termes, le produit de la digestion.
Le passage de ces produits liquides, dans des canaux qui les absorbent, se fait en vertu d'une force particulière, décrite pour la première fois par M. Dutrochet, sous le nom d'endosmose.
Ce phénomène, entièrement physique, paraît être une conséquence de l'attraction capillaire qui s'exerce, à des degrés différents : d'une part, entre les molécules des liquides dissemblables, séparées par une membrane perméable, et, d'autre part, entre ces mêmes molécules et le tissu de la membrane. Les membranes organiques, de même que tous les corps spongieux ou poreux, se laissent traverser par les li-
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quides, de telle sorte que ce qui était d'un côté de la membrane, avant que le phénomène d'absorption se produise, se trouve de l'autre côté, après. Mais la facilité avec laquelle ce transport a lieu varie, suivant que ces liquides sont plus ou moins fluides^ et suivant qu'ils mouillent plus ou moins facilement ces espèces de filtres.
L'endosmose consiste donc dans l'échange qui s'établit entre deux liquides de densité inégale^ à travers une membrane perméable, jusqu'à ce qu'ils soient tous deux en équilibre de densité. Mais le courant qui se forme d'un liquide à l'autre, pendant cet échange, est beaucoup plus rapide du liquide le moins dense vers le plus dense, de telle sorte que le niveau de celui-ci s'élève à mesure que son volume s'accroît^ et que la masse du liquide moins dense diminue ; phénomènes qui ont lieu d'autant plus rapidement que la différence des densités est plus considérable.
Si , par exemple, on plonge dans dè l'eau pure un petit sac formé par une membrane organique, qu'on a préalablement rempli d'une solution sucrée ou gommeuse, et à l'ouverture duquel on a adapté un petit tube vertical, on ne tardera pas à voir le niveau du liquide épaissi par la gomme ou le sucre s'élever dans le tube, et l'eau pure diminuer dans le récipient qui la contient ; pendant ce temps, un courant plus lent, nommé exosmose, s'établit du liquide plus épais vers l'eau limpide^ et l'ascension cesse dans le tube^, quand les deux liquides ont acquis une égale densité. Le contraire aurait lieu si le liquide le plus dense était dans le récipient et l'eau pure dans le sac perméable.
Il est facile de mesurer la vitesse de l'endosmose et sa force en prenant un tube gradué ou un tube recourbé dans lequel le mouvement ascensionnel chasse devant lui une colonne de mercure. •
Ajoutons, en terminant, que l'endosmose n'a pas lieu seulement à travers les membranes végétales ou animales, mais même à travers les substances inorganiques, telles qu'une lame mince d'argile cuite.
Les divers sucs absorbables qui sont le produit des actes