PARTIE II. — FONCTIONS DE NUTRITION
« Depuis Moïse jusqu'à nous, dit Pariset, le sang a été pour les médecins, les naturalistes, les philosophes et les législateurs^ un perpétuel objet d'étude. Quoi qu'en aient dit Aristote et Harvey, le sang n'est pas de toutes nos parties celle qui paraît la première. Kn revanche, une fois formé, le sang, comme le style de BufPon, est l'homme lui-môme. Tout change le sang, et tout change avec lui. Tels aliments, a-t-on dit, et tel chyle ; tel chyle, tel air, et tel sang ; tel sang et telle nurition, c'est-à-dire, telle composition dans les solides et les liquides. Il fallait ajouter telle nutrition et tel sang; car dans sa course à travers l'organisation, tout en distribuant entre nos prarties altérées des matériaux réparateurs, le sang en emporte des débris qui le rendent, pour ainsi dire, à chaque pas, différent de lui-même; et c'est dans ces dépouilles que l'on rencontre chaque jour de nouveaux éléments ou de nouvelles combinaisons. »
Lorsqu'on examine le sang au microscope, soit dans les vaisseaux les plus déliés d'une membrane transparente, soit immédiatement après la sortie de l'appareil vasculaire, on y trouve de la sérosité tenant en suspension des globules qui sont circulaires dans les mammifères, elliptiques chez les oiseaux, et qui paraissent composés d'un globule centro-incolore, contenu dans une enveloppe colorée (pl. III, fig. 6 et 7).
Les globules rouges étendus d'eau ne disparaissent que par la dissolution de leur enveloppe colorée ; mais le noyau blanc reparaît dès qu'on sature l'eau par un sel neutre. Pendant la vie, on les voit se mouvoir avec l'autre partie du sang qui est limpide et incolore, et qui les entraîne dans son cours, sans qu'aucun d'eux vienne se heurter contre son voisin, comme s'ils étaient doués d'une force répulsive qui les éloignât les uns des autres.
On a observé que si un animal tombe en syncope, ou s'il est asphyxié momentanément, ces molécules se rapprochent et semblent ne plus former qu'une seule masse ; qu'elles sont agitées d'abord d'un mouvement oscillatoire, puis se séparent de nouveau, dès que l'animal est rappelé à la vie et que le sang reprend son cours ordinaire.
La proportion des deux parties organiques du sang, les globules et le liquide plastique, est difficile à bien apprécier.
Dans une expérience par laquelle il a prévenu la coagulation du liquide plastique, M. Schultz a estimé celui-ci aux 3/4 du volume total du sang, et les globules à i/4 de ce volume, du moins pour le sang des mammifères.
On a déterminé dans quelle proportion le sang fait partie de tout Torganisme.
Ealler portait à 14 ou d3 kilogrammes le poids total du sang chez un adulte.
Wrisberg a pesé celui d'une femme décapitée, elle en avait 13 kilogrammes.
La quantité relative du sang dans les animaux vertébrés parait devoir varier beaucoup, même dans les animaux d'une seule classe.
Ainsi les mammifères aquatiques, tels que les phoques, les dauphins et les marsouim^ paraissent avoir une grande proportion de sang.
Le rapport du poids du sang à celui du corps a été trouvé,
Chez les mammifères :
Ces exemples du bœuf et du veau indiqueraient que les jeunes animaux ont moins de sang que les adultes.
Chez les oiseaux ;
Chez les reptiles la proportion du sang est en général plus forte ; on l'a trouvée :
Dans le chien.
Dans le chat. Dans le cheval Dans le bœuf.
Dans le veau,
de 1/16; de i/23; de 1/18; de i/12; de 1/20.
Dans le moineau.
Dans le canard.
Dans la poule,
de 1/20; de i/29; de 1/32.