SUBSTANCES ORGANIQUES
les matériaux à l'aide desquels s'y forment d'autres principes d'un ordre différent. Ceux-ci constituent essentiellement le corps, d'où le nom de substances organiques qui leur est spécialement réservé. Les substances organiques n'ont déjà plus d'analogues dans le règne minéral, quoiqu'elles lui empruntent leurs matériaux d'origine; elles sont solides ou demi-solides (globuline, musculine...), liquides ou demi-liquides (fibrine, albumine, caséine...), colorantes ou colorées (hémato-
sine, biliverdine ). Elles se décomposent au lieu
même où elles se sont formées ou déposées et donnent naissance à une autre classe de principes immédiats. Ces derniers, bien différents entre eux par leur nature et leurs attributions, sont des acides, des sels, des alcaloïdes, des corps gras : ce sont l'urée, la créatine, la stéarine, la cholestérine, les sucres du lait et du foie, les acides lactique, urique, etc., etc.
Ce mouvement double et continu de combinaison et de dissociation des principes immédiats a pour résultat la formation des éléments anatomiques. On nomme ainsi de très-petits corps, libres ou contigus, présentant un ensemble de caractères géométriques, physiques et chimiques spéciaux, ainsi qu'une structure sans analogie avec celle des corps bruts. Ce sont les plus petites subdivisions organiques auxquelles on puisse ramener les tissus et les humeurs par l'analyse anatomique. Leur réunion, leur enchevêtrement constituent les solides et les liquides de l'organisme. Par V assimilation, ils empruntent leur substance aux molécules des principes immédiats; parla désassimilation, ils abandonnent en même temps et en proportions égales, d'autres molécules de ces mêmes principes.
L'ensemble de ces phénomènes est ce qu'on nomme la nutrition.
Ainsi Teau, le carbone, la chaux, le phosphore, le fer et les autres principes qui pénètrent dans l'économie concourent à former la globuline, la fibrine, la musculine et les autres substances organiques qui, par leur combinaison constituent les éléments anatomiques du sang, des muscles, des os, des nerfs, du corps en un mot; c'est l'assimilation.
En même temps, d'autres molécules de ces mêmes principes, en proportions égales, abandonnent par désassimilation la substance de l'organisme et concourent à former le lait, la salive, les larmes, la bile et les autres sécrétions qui doivent être ou complètement excrétées, comme impropres à la nutrition, ou rejetées partiellement au dehors et partiellement reportées dans l'économie.
Quant aux éléments anatomiques, les uns ont une forme descriptible : globule, fibre, cellule, tube ; d'autres, sans forme distincte ou amorphes, remplissent les intervalles compris entre les premiers.
Nous avons vu que les principes immédiats et les éléments anatomiques constituaient la matière organisée 5 l'état solide ou liquide. La masse des liquides l'emporte de beaucoup sur celle des solides dans le corps de l'homme; on l'évalue aux du poids total. L'eau entre en proportion considérable dans la composition de ces liquides, dont une partie seulement est contenue dans les vaisseaux ou les réservoirs spéciaux à chacun d'eux, tandis que le reste pénètre intimement les parties solides et fait corps avec elles.
On donne le nom d'humeurs aux parties liquides ou