‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 3 sur 265 · NUTRITION. — HUMEURS. — SANG · texte numérisé non relu

NUTRITION. — HUMEURS. — SANG

semi-liquides de l'organisme, formées par mélange et dissolution des principes immédiats et tenant ordinairement des éléments anatomiques en suspension. Les parties solides sont ce qu'on nomme les tissiis.

Les humeurs sont classées, suivant le rôle qu'elles jouent dans l'économie, en humeurs constituantes, humeurs sécrétées ou sécrétions, excrétions et produits médiats qui tiennent des trois autres genres. Les humeurs constituantes sont au nombre de trois : le sang, le chyle et la lymphe. Le sang est le liquide nourricier du corps ; il contient tous les principes immédiats que Ton rencontre dans Téccnomie. Incessamment reconstitué par la digestion et la respiration, il porte à tous les organes les matières assimilables, et aux appareils spéciaux celles qui formeront les sécrétions ou qui, désassimilées, doivent sortir de l'organisme. C'est donc un liquide à la fois réparateur et épurateur. La qualification de chair coulante, qu'on lui a donnée, est insuffisante; car, aussi bien que le tissu musculaire, les autres tissus de l'économie sont essenliellement dans sa masse.

Le sang est plus lourd que l'eau; sa pesanteur spécifique est de- 1052 à 1057, celle de l'eau étant de 1000. Dans les vaisseaux le sang se compose : 1"" d'éléments anatomiques, globules et globulins^ les premiers sont rouges, hématies^ ou blancs, leucocytes ; les globulins se rapprochent beaucoup dans leurs apparences des globules blancs ; 2'' d'un liquide où l'eau représente 779 pour 1000 en poids, chez l'homme, et 791 pour 1000, chez la femme ; ce liquide est le plasma, la substance plastique, le suc nourricier ; on y trouve en dissolution tous les principes immédiats du sang. Ce sont,

entre autres, de la chaux, de l'ammoniaque, de la soude, de la potasse, du phosphore, de la magnésie, du fer et d'autres métaux à l'état de sels ; chlorures^ chlorhydrates, sulfates, carbonates, phosphates, etc., auxquels sont mêlés les principes des sécrétions et les substances organiques dont les plus importantes, par leur quantité, sont : la fibrine, 2,5 pour 1000, et l'albumine, 69 à 70 pour 1000.

Fig. 1. Fig. 2.

Le sang vu au microscope. Le lait vu au microscope.

Le sang doit sa couleur aux globules ronges ou hématies, colorés eux-mêmes par une matière que de Blaiaville a nommée hématosine, et qui contient 7 pour 100 de fer. Les hématies sont aplaties en forme de disquôs ronds, du diamètre de 0'""\006 à 0"'",007 et d'une épaisseur de 0"'"\002. Elles se présentent, au microscope, groupées sans ordre ou empilées comme des pièces de monnaie, de couleur rouge à la lumière réiléchie. Les leucocytes, dont nous avons parlé plus haut, sont des corpuscules sphériques, à surface lisse, d'un

SAING. — CHYLE. 7

blanc jaunâtre à la lumière réfléchie, et de 0""",008 à 0'^™,0i4 de diamètre.

La couleur du sang est d'un beau rouge cramoisi dans les artères, d'un rouge plus ou moins noir dans les veines ; nous aurons occasion de l'examiner à ce point de vue en parlant de la circulation.

La température du sang, environ 58% 5, est plus élevée que celle d'aucune autre partie constituante du €orps ; elle diffère, comme nous le verrons plus loin, suivant qu'on Fobserve sur tel ou tel point de l'appareil circulatoire.

Lorsqu'on laisse reposer le sang tiré des vaisseaux, il se sépare en deux parties distinctes, l'une demisolide, le caillot, l'autre liquide, le sérum. Le caillot résulte de la coagulation de la fibrine qui entraîne avec elle les globules rouges en suspension dans le sang; ces globules étant plus denses que les autres éléments du sang, ^juand la coagulation de la fibrine tarde quelque temps, ils tombent vers la partie déclive ; alors rane portion de la fibrine, n'en rencontrant pas, se coagule en conservant sa coloration propre, et le caillot se compose de deux couches : l'une superficielle, grisâtre ou blanche et demi-transparente, appelée couenne, formée de fibrine pure ou mélangée de globules blancs ; l'autre composée de fibrine et de globules rouges qui lui donnent leur couleur. Le sérum est un liquide transparent, d'un jaune verdâtre, quehjuefois teinté de blanc par des gouttelettes graisseuses, auquel cette coloration et d'autres points d'analogie ont fait donner le même nom qu'au petit-lait. Il est un peu moins dense que le caillot, et contient, entre autres principes, beaucoup d'albumine.

Le sérum est le plasma moins la fibrine.

Le chyle est un liquide blanc, opaque, ayant à peu près l'aspect du lait, qui est séparé des aliments pendant Tacte de la digestion, et que les vaisseaux chy- Ufères pompent à la surface de Fintestin grêle et portent dans le sang pour servir à sa formation. En avançant vers le point où il doit se mêler au sang, il devient de plus en plus analogue à ce dernier liquide par sa composition, prend une teinte rosée et, abandonné à lui-même, il se partage en caillot fibrineux et en sérum albumineux.

La lymphe est un liquide clair, transparent, légèrement teinté de jaune ou de vert. Puisée par les vaisseaux lymphatiques dans l'épaisseur des organes, surtout à la peau et à la surface des membranes séreuses et muqueuses, la lymphe est versée dans la masse du sang par deux canaux principaux. Elle contient, comme le chyle, des globules blancs et des gouttelettes de graisse. Extraite des vaisseaux lymphatiques, elle se sépare de même en caillot fibrineux et en sérum contenant un peu d'albumine.

Le chyle et la lymphe sont, comme on voit, un sang imparfait. Le chyle sort, à l'état d'ébauche, de l'appareil digestif et va s'achever dans les appareils de Thématose. La lymphe vient de la hmile extrême des organes à ces mêmes appareils et y pénètre avec le chyle en se mêlant au sang, à l'humeur constituante par excellence.

Les humeurs sécrétées ou sécrétions sont produites par des appareils spéciaux, aux dépens des matériaux qu'y apportent les humeurs constituantes; elles différent de ces dernières en ce qu'elles servent seulement

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