PARTIE II. — MÉCANISME DE LA CIRCULATION
ainsi le sang dans les canaux abouchés sur elles et qui ne sont en quelque sorte que leur continuation.
I.es deux ventricules se contractent en môme temps^ et, tandis que leurs parois se relâchent^ les oreillettes se contractent à leur tour. Les mouvements de contraction portent le nom de systole, et l'on appelle diastole les mouvements contraires.
Chaque cavité a sa diastole et sa systole. Toutefois^ comme les ventricules occupent la plus grande partie du cœur qu'ils forment presque à eux seuls^ v, d, — g (pl. III et IV, fig. 1), le plus ordinairement c'est la contraction ou le relâchement des ventricules que Ton veut désigner sous les noms desyMe et de diastole.
On a observé que la diastole était trois fois plus longue que la systole.
Lorsqu'une oreillette se contracte pour refouler le sang, le ventricule qui lui correspond se dilate pour le recevoir, et vice versa. On conçoit, en effet, que ces deux cavités ne pourraient pas se contracter en même temps, car alors le fluide contenu dans la première ne pourrait jamais se vider dans la seconde. Cette alternative n'existe point à Tégard de chacune des deux moitiés du cœur, et la diastole et la systole sont simultanées dans le cœur gauche et dans le cœur droit.
Pendant la systole (ou mouvement de contraction), le cœur se raccourcit, se déplace, et va frapper de sa pointe la paroi latérale gauche du thorax, entre la sixième côte et la septième. Ce phénomène, très-apparent lorsqu'on place la main sur le côté gauche de la poitrine, a été attribué :
1° A ce que le cœur n'étant fixé qu'à sa base, tout mouvement imprimé à sa totalité ne porte que sur son extrémité libre ;
2° A ce que les oreillettes, qui sont alors dilatées^ doivent soulever l'organe et le porter en avant ;
3° A ce que l'aorte et l'artère pulmonaire recevant une impulsion telle qu'elles sont déplacées^ leur courbure tend à s'efPacer ; or, comme des deux extrémités de la courbure que forment ces vaisseaux, celle qui répond au cœur est la plus
mobile, c'est celle, a-t-on dit, qui se redresse le plus et entraîne avec elle cet organe.
Explication du phénomène du pouls.
La contraction des ventricules obligeant, à chaque instant, la masse du sang à s'avancer dans les vaisseaux artériels, les artères se distendent, et la pression du liquide contre leurs parois élastiques constitue ce qu'on appelle le poids. Le pouls artériel est, en général, isochrone à la contraction du ventricule qui le produit.
D'après la fréquence et la force des mouvements du pouls, on peut juger de la manière dont le cœur bat, et en tirer des inductions utiles pour la médecine.
Le pouls ne se fait pas sentir partout ; pour le distinguer, il faut comprimer légèrement une artère d'un certain volume entre le doigt et un plan résistant, un os par exemple, et choisir aussi un vaisseau situé près de la peau, comme l'artère radiale au poignet.
Les mouvements du cœur se renouvellent très-fréquemment ;
Chez l'homme adulte on compte ordinairement de soixante à soixante-quinze battements par minute ;
Chez les vieillards le cœur bat à peine soixante fois dans le même espace de temps : on l'a même vu ne donner que trente pulsations ;
Dans les très-jeunes enfants le cœur s'élève en général à environ cent vingt pulsations.
Dans le courant du premier mois qui suit la naissance, la vitesse augmente progressivement : elle arrive entre cent vingt-cinq et cent trente.
Cette progression continue jusqu'au troisième mois, où la moyenne approche décent trente à cent quarante; mais alors elle commence à descendre, par des degrés insensibles, jusqu'à l'âge de quinze ou vingt ans, où on la trouve un peu audessus de quatre-vingts.
Pendant tout ce temps, le pouls est soumis aux mômes