PARTIE II. — MÉCANISME DE LA CIRCULATION
causes de perturbation que chez l'adulte ; avec celte différence, toutefois, que la faiblesse et l'extrême susceptibilité de l'enfant rendent leur action beaucoup plus puissante.
A toutes les époques de la vie, on peut trouver de grandes variations dans les mouvements du pouls ; et, sans parler ici de rétat de maladie^ où les nombreuses irrégularités de ces phénomènes ont été déterminées, caractérisées et désignées de différents noms par les médecins, ne sait-on pas qu'une foule de circonstances influent sur la fréquence et la force des battements du cœur; ils sont accélérés par l'exercice, par les émotions de l'âme. Dans la défaillance et la syncope, ils sont considérablement diminués, et même quelquefois complètement interrompus.
« Outre ces battements sensibles, dit M. Richerand, il est un mouvement pulsatoire intérieur, obscur, par lequel toutes les parties du corps sont agitées, chaque fois que les ventricules du cœur se contractent... Tout vibre, tout tremblote, tout palpite dans l'intérieur du corps, les mouvements du cœur en ébranlent toute la masse ; et ces frémissements, sensibles à l'extérieur, se manifestent surtout lorsque la circulation s'exécute avec plus de force et de rapidité... Dans toute agitation violente, nous sentons en nous mêmes l'effort par lequel le sang, à chaque battement du pouls, pénètre tous les organes, épanouit tous les tissus ; et c'est de ce tact intérieur que naît en grande partie le sentiment de l'existence, sentiment d'autant plus vif et d'autant plus intime que l'effet dont nous parlons est plus marqué. »
Il n'est pas sans intérêt de rechercher quelle est la vitesse du sang et combien de temps il met à parcourir le circuit entier. Héring s'est livré à de curieuses observations à ce sujet. Dans dix-huit expériences faites sur des chevaux, le temps qu'une dissolution de cyanure de fer, injectée dans une des veines jugulaires d'un cheval, a mis pour arriver à la veine jugulaire opposée, en parcourant le cœur droi^j, la petite circulation, te cœur gauche et la grande circulation, a été de vingt à trente secondes; il lui a fallu vingt secondes seulement pour parvenir aux veines du pied ; entre quinze et trente
pour atteindre Tartère méseiitérique ; une fois dix à quinze et une autre fois vingt à ving-cinq pour arriver à l'artère maxillaire externe; entre vingt à vingt-cinq, vingt-cinq à trente, et une fois plus de quarante, pour déceler sa présence dans l'artère métatarsienne. Le résultat n'a guère varié, quelle que fût la fréquence des battements du cœur.
Suivant Wrisberg, une femme qui périt d'hémorrhagie perdit 13 kilogr. de sang; et l'on recueillit 12 kilogr. de ce liquide chez un individu condamné à la décapitation. Si l'on admet qu'à chaque battement, le cœur de l'homme pousse de 60 à 90 grammes de sang, la circulation de 12 kilogr. de ce liquide exige de cent trente-trois à deux cents battements du cœur. D'après cela, on peut supposer que la circulation achève son circuit, chez l'homme, en cent trente-trois ou deux cents battements du cœur.
La nature des organes influe aussi sur la vitesse du mouvement du sang. Celui qui passe d'un côté à l'autre du cœur par les vaisseaux cardiaques, exige infiniment moins de temps pour accomplir ce trajet que celui qui se rend du cœur gauche au pied et du pied au cœur droit. La voie à parcourir pour aller du cœur droit au cœur gauche, en traversant les poumons, est plus courte que la plupart des arcs compris dans la grande circulation, et le sang la parcourt avec beaucoup plus de vitesse qu'il ne marche dans la plupart des autres vaisseaux du corps.
RESPIRATION. — PHÉNOMÈNES CHIMIQUES. — MÉCANISME DE l'iNSPI- RATION ET DE l'eXPIRATION, — ASPHYXIE.
Respiration.
L'acte nutritif que ce nom désigne peut être considéré sous deux points d^ivue : 1° d'une manière générale ; c'est l'échange nutritif qui a lieu, médiatement ou immédiatement, entre les êtres vivants et l'atmosphère. 2^ Dans un sens plus restreint ; c'est la portion de cet échange nutritif, qui s'effectue dans certains organes spéciaux qui, chez l'homme, se nomment