PARTIE II. — RESPIRATION
l'air épais et chargé d'émanations animales; tel qu'on le rencontre dans les étables, à l'air sec et vif qu'on respire dans les lieux élevés.
Changements de l'air respiré
Si Ton analyse l'air sortant des poumons, on trouve, d'une part, que l'air expiré ne contient plus, au lieu de 20 pour 100 d'oxygène ; que i 6 pour 1 00), il a donc disparu 4 pour 1 00 de ce gaz. D'autre part, on trouve près de 4 pour 100 en volume d'acide carbonique, au lieu de quatre ou six millièmes que conservait l'air inspiré. L'air atmosphérique qui sort du poumon, dans l'expiration, est donc moins riche en oxygène que Tair qui y a été introduit par l'inspiration. La quantité en moins d'oxygène représente la portion de ce gaz passée dans le sang, au travers des n^embranes du poumon. Quant à l'azote, on a remarqué que l'air expiré en contenait à peu près la même proportion que l'air inspiré (79 pour 100}.
Quoiqu'il soit difficile d'évaluer, d'une manière absolue, la quantité d'air qui, à chaque inspiration, pénètre dans les poumons, et que cette quantité puisse varier par une infinité de circonstances, on peut cependant s'arrêter à quelques chiffres approximatifs.
Ainsi l'on admet qu'il entre dans les poumons d'un homme ordinaire 500 centimètres cubes d'air (un demi-litre) à chaque inspiration. Or ce même homme faisant, en moyenne, dix-huit mouvements respiratoires complets (inspiration et expiration) par minute, il en résulte que la durée moyenne de chaque inspiration et expiration réunies dure près de trois secondes, ce qui, à raison d'un demi-litre d'air pour chaque acte respiratoire, donne plus de cinq cents litres d'air circulant, en une heure, dans les poumons, pour les besoins delà respiration.
Nous avons vu que Vair expiré contenait moins d'oxygène que Vair inspiré. Cet air perd donc de l'oxygène dans son passage à travers les cellules pulmonaires. D'une autre part, on s'est assuré qu'il contenait, alors, une quantité d'acide carbonique plus considérable. L'acide carbonique expiré n'étant
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que le produit de la combustion des aliments, aux dépens de l'oxygène inspiré^ ces deux gaz devraient se correspondre volume à volume (puisqu'un volume déterminé d'oxygène qui brûle du charbon donne un égal volume d'acide carbonique). Ce n'est, pourtant, pas ce qui arrive tout à fait ; la quantité d'oxygène absorbée, pendant l'inspiration, l'emporte, en effet, sur la quantité d'acide carbonique exhalé.
Ajoutons que l'air inspiré prend une chaleur très-voisine de celle du corps, se raréfie et dissout l'humidité des canaux aériens des poumons. Après avoir agi sur le sang noir et avoir été expiré, il est chargé de vapeurs fournies par la transpiration pulmonaire, il les entraîne avec lui et les abandonne en se refroidissant ; cette exhalation se constate surtout en hiver, où l'air expiré s'échappe de la bouche ou du nez, sous forme de vapeur. Cette eau en vapeur provient, comme l'acide carbonique, du sang qui traverse les poumons, et constitue ce que les physiologistes appellent la /r«n5pz>a/fonj0î(/mo?im>e. On a calculé que cette eau s'élevait à près de cinq cents grammes en vingt-quatre heures.
ISous sommes avertis du degré d'altération que l'air a subi dans nos poumons par un sentiment qui nous porte à le renouveler. Ce sentiment, peu appréciable dans la respiration ordinaire, parce que nous nous hâtons d'obéir au besoin fréquent du renouvellement de l'air, devient douloureux s'il n'est pas promptement satisfait.
L'anxiété et l'effroi qu'on éprouve, dans ces douloureuses circonstances , et la mort qui survient alors en quelques minutes, révèlent suffisamment le but final de ce retour si fréquent du besoin de respirer.
Que î^'est-il donc passé dans ce contact de deux fluides si différents, l'air et le sang veineux? L'air a été décomposé, le sang veineux l'a été également. Dès qu'une bulle d'air est mise en contact avec une particule de sang veineux, ce sang éprouve un changement notable : il était noir, lourd, épais, chargé 'de principes non nutritifs et de produits excrémentitiels recueillis dans tous les points du corps : il charriait de la sérosité, de la lymphe, des matières carbonisées. L'air extérieur vient-il à