PARTIE II. — RESPIRATION
l'atteindre, au moment même ce sang veineux est décomposé et fait place à un sang rouge, spumeux et qui a reçu de cette modification les qualités nutritives qu'il n'avait pas auparavant.
Deux théories physiologiques ont été proposées pour rendre compte de ces phénomènes :
Suivant l'une, la formation de l'acide carbonique et de Teau a lieu dans les poumons mêmes, au contact de l'oxygène de l'air avec les vaisseaux capillaires qui portent au poumon le sang veineux.
Suivant l'autre théorie, l'oxygène n'agirait plus immédiatement dans le poumon sur le sang ; il y serait simplement absorbé; les phénomènes chimiques auxquels il concourt se passeraient, hors de la substance du poumon, dans le trajet circulatoire, et ce n'est qu'au retour du sang dans le poumon qu'il y verserait les produits de l'oxygénation.
Cette dernière théorie a pris place dans la science, depuis les savantes recherches de M. Magnus sur la respiration. Cet habile chimiste a établi que les deux sangs contiennent du gaz oxygène, du gaz azote et du gaz acide carbonique, qu'il y a plus d'oxygène dans l'artériel que dans le veineux, et que le veineux contient plus d'acide carbonique que l'artériel.
L'acide carbonique contenu dans le sang se trouve chassé, pendant la respiration, par l'air atmosphérique, et remplacé en partie par du gaz oxygène, car il y en a toujours une certaine quantité qui demeure dissoute dans le sang artériel; de l'acide carbonique se forme dans toute l'étendue du système vasculaire sanguin, mais surtout dans les capillaires, par l'effet du contact qui a lieu entre le sang et les molécules des organes. Mais tout l'oxygène que renferme le sang artériel ne disparaît pas, en traversant les capillaires; on en retrouve encore une partie dans le sang veineux, et quand celui-ci arrive aux poumons, l'air expiré entraîne une partie dé cet oxygène qui a servi à former l'acide carbonique.
En réfléchissant à la consommation énorme d'oxygène que les animaux doivent faire chaque jour, on pourrait craindre que l'atmosphère n'en fût, à la longue, dépouillée et que tous
STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE L'hOMME.
les animaux ne périssent asphyxiés; mais la nature a employé des moyens puissants pour renouveler^ sans cesse, la quantité de ce gaz répandu autour de la surface du globe. Ce moyen est précisément un phénomène du même ordre que celui dont il est destiné à contre-balancer les effets : c'est la respiration des plantes.
Leb végétaux absorbent Tacide carbonique répandu dans l'atmosphère et, sous l'influence de la lumière solaire, ils en extraient le carbone et mettent Toxygène à nu. Ainsi, c'est le règne végétal qui donne aux animaux l'oxygène qui leur est nécessaire, et c'est la respiration des animaux qui fournit sans cesse aux végétaux l'acide carbonique indispensable à leur accroissement.
On voit donc que c'est en grande partie du rapp(*rt qui existe entre les animaux et les végétaux que dépend la nature de l'atmosphère, et, qu'à son tour, c'est la composition de l'air qui doit régler en quelque sorte le nombre relatif de ces êtres.
Afin de faire comprendre mieux encore les divers actes qui concourent à la fabrication du sang nutritif et à la distribution de ce liquide, nous avons imaginé de comparer ce phénomène physiologique à la distribution d'une eau potable dans un établissement quelconque, auquel serait adossé un appareil d'épuration qui recevrait l'eau devenue insalubre, pour la rendre ensuite propre aux usages des habitants.
C'est l'objet de la figure placée ci-contre. Le travail strié de la gravure servira à distinguer les tuyaux d'eau potable des tuyaux d'eau insalubre, rendus gris dans le dessin. Quant aux appareils de réaction et à leurs conduits, ils se détachent en blanc.
La caisse a a' contient deux corps de pompe : l'une a', envoie, à travers le tube b et toutes ses divisions striées, l'eau potable qui parvient ainsi dans les nombreuses dépendances de l'établissement, ainsi que l'indique la direction des flèches qui accompagnent les tubes striés» L'autre pompe a n'est pas chargée d'une distribution aussi lointaine, elle n'envoie que près d'elle, dans l'appareil d'épuration d, le liquide qu'elle re-