‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 210 sur 265 · PARTIE II. — ASPHYXIE · texte numérisé non relu

PARTIE II. — ASPHYXIE

sion varient en raison d'un grand nombre de circonstances.

Si l'individu qui tombe ou se précipite dans les flots est à rinstant même pris de syncope, il peut succomber par suite de cet état plutôt que par asphyxie.

S'il conserve l'intégrité de ses facultés intellectuelles, s'il sait nager, la lutte peut être pour lui longue et cruelle : tous ses efforts le ramèneront à la surface de l'eau ; il cherchera longtemps à venir y respirer l'air dont il a besoin^ et dans chaque tentative il avalera une certaine quantité d'eau, dont une petite portion s'introduira dans la trachée-artère, en provoquant une toux convulsive. Il essayera de saisir, de s'accrocher à tous les corps mobiles ou immobiles qu'il rencontrera; dans cette lutte horrible, le sang affluera de plus en plus vers le cerveau, et bientôt, brisé par la fatigue et succombant aux efforts de cette congestion, il restera sans mouvement et glissera au fond de l'eau, en laissant échapper de sa poitrine quelques bulles d'air.

S'il ne sait pas nager, mais qu'il n*ait pas été pris de syncope, la lutte peut encore durer quelque temps ; mais elle sera moins longue que dans le cas précédent. En général, les noyés offrent les caractères suivants : face pâle, ou légèrement violacée; bouche écumeuse, langue souvent placée entre les dents : mucosités, rarement sanguinolentes, dans le larynx, la trachée-artère, les bronches ; une petite quantité d'eau dans la trachée-artère ; poumons développés, violacés, contenant beaucoup de sang fluide ; cavités droites du cœur remplies; cavités gauches à peu près vides : estomac contenant de l'eau; le foie, la rate gorgés de sang, les vaisseaux du cerveau injectés; la substance médullaire piquetée ; enfin, les ongles souillés de vase et de sable.

Dans l'asphyxie par strangulation, si le cou est comprimé par un lien fortement serré, le retcAr du sang de la tête au cœur devient impossible et la trachée-artère ne peut plus admettre l'air qui la traversait. Alors se manîîestent les symptômes suivants : les veines jugulaires et les parties situées au-dessus de la ligature se gonflent, la face s'injecte, devient rouge, livide ; les yeux plus que saillants; les lèvres prennent une

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teinte bleue ; la bouche est remplie d'écume ; la langue est poussée au dehors ; les membres s'agitent ; le pouls diminue de fréquence et cesse bientôt de se faire sentir. Le degré de constriction exercé par le lien passé autour du cou peut expliquer la rapidité plus ou moins grande avec laquelle la mort survient: la luxation des vertèbres dans la suspension la détermine à l'instant même.

Après la mort des asphyxiés par strangulation, on trouve ordinairement les vaisseaux du cerveau engorgés et des épanchements dans la substance de ce viscère : les cavités gauches du cœur ne contiennent qu'une petite quantité de sang, les cavités droites en sont remplies, pendant les premiers instants qui suivent la mort.

Les phénomènes de Vasphyxie dans le vide ne sont connus que par les expériences tentées sur les animaux. En plaçant ceux-ci sous le récipient d'une machine pneumatique, on a remarqué qu'ils manifestaient d'abord une extrême inquiétude, suivie bientôt d'une agitation violente ; que plus l'air était raréfié, plus les mouvements respiratoires s'accéléraient; que l'animal s'affaiblissait; que des hémorrhagies, des déjections involontaires précédaient la mort, qui ne tardait point à survenir, et qu'enfin celle-ci était d'autant plus prompte que la soustraction de l'air respirable était plus rapide.

C'est encore dans les asphyxies par défaut d'air qu'il faut placer celle des nouveau-nés; dans ces cas-là, l'enfant sortant du sein de sa mère ne donne souvent aucun signe d'existence : si la tête a longtemps été comprimée, si des mucosités obstruent l'entrée des voies aériennes, la respiration ne s'exécute point, la circulation semble suspendue.

Asphyxie par les gaz non respirables. Les effets de cette as- phyxie sont rarement aussi prompts que ceux que nous venons d'indiquer. C'est encore ici le défaut de l'air respirable et non l'action délétère du gaz respiré qui détermine la suspension des phénomènes de la vie.

Un animal placé sous un récipient contenant seulement du gaz azote éprouve, à l'instant môme, de la gêne dans la respiration qui devient grande, élevée, rapide; il s'affaiblit progrès-

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