‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 213 sur 265 · PARTIE II. — ASPHYXIE · texte numérisé non relu

PARTIE II. — ASPHYXIE

assez grande, et même hors de la caverne on sent l'impression du vent qui en sort. Il est froid et humide, et pendant tout Véié il dépose sur les parois de la grotte une couche de glace fort épaisse qui en tapisse toutes les parties, et produit des effets d'une transparence et d'un éclat merveilleux.

Pendant l'hiver, le vent souterrain s'arrête, et la glace cesse de se déposer.

M. Reynaud pense que la température si froide de ce courant d'air, à l'instant où il s'échappe du sein de la terre, est le résultat de l'expansion subite qu'il éprouve, et indique par conséquent un état de compression intérieure. Ce phénomène (analogue à celui qui se passe dans la machine Schemnitz) de la présence dans l'intérieur de la terre d'un réservoir considérable d'air comprimé, est un fait digne d'attention et qui pourrait peut-être se rapporter à quelques cas particuliers des puits artésiens. La suspension du courant, pendant la saison froide, tendrait même à faire croire que ce soufflet naturel est tout à fait analogue à une trompe hydraulique. Des courants d'eau naturels venant à tomber dans les cavernes intérieures, qui doivent être nombreuses dans ce pays bouleversé par les volcans, entraînent dans leur chute de l'air atmosphérique qui se dégage dans les réservoirs souterrains, avec une compression proportionnelle à la profondeur.

Une source atmosphérique fort curieuse existe dans les bois qui entourent le lac Laacher, et rappelle, quoique sur une échelle plus petite, la grotte du Chien. C'est un dégagement souterrain d'acide carbonique qui se fait jour silencieusement à travers le sol, et vient aboutir dans une espèce de fosse da près d'un mètre de profondeur, pratiquée dans une terre végétale au milieu des broussailles. Lorsque l'air est calme,, la cavité se remplit presque uniquement d'acide carbonique^ et il en résulte une asphyxie assez prompte pour les êtres qui viennent y respirer. Le fond du trou est couvert de débris j les insectes et surtout les fourmis y arrivent en grand nombre pour chercher leur nourriture ; mais, privés d'air, ils y demeurent la plupart, et les oiseaux, à leur tour, apercevant l'appât trompeur, volent vers le piège, et y sont pris. Les bû-

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cherons, qui sont au courant de cette manœuvre^ visitent régulièrement la grotte atmosphérique de Laacher, et tirent profit de cette chasse dont la nature seule fait tous les frais.

On rapporte à l'asphyxie produite par des gaz non respirables, celle qui est due au défaut de renouvellement d'air atmosphérique. On l'a observée chez des prisonniers enfermés, en grand nombre, dans un cachot où deux petites ouvertures ne iaiss lient entrer qu'une quantité insuffisante d'air. Plusieurs de ces malheureux succombèrent en peu d'heures, ceux qui survécurent présentaient, en sortant de ce lieu, l'aspect de véritables cadavres.

Parmi les gaz nuisibles, les uns produisent l'asphyxie en provoquant la toux et un spasme nerveux des voies aériennes, ce sont les gaz irritants; les autres ont une action plus rapide, ce sont les gaz délétères : Vacide sulfureux, Vammoniaque, le chlore font partie des premiers, et les expériences faites. sur les animaux ont prouvé que, respirés seuls,, ils peuvent produire l'asphyxie en quelques minutes.

Asphyxie par les gaz délétères. Ces gaz n'agissent pas seulement en enlevant aux organes de la respiration le principe essentiellement respirable ; leur influence paraît s'exercer par voie d'absorption, et ils produisent moins l'asphyxie qu'un véritable empoisonnement. On n'a bien observé jusqu'ici que les accidents déterminés par l'oxyde de carbone, l'hydrogène cai?boné, l'hydrogène sulfuré, l'hydrosulfure d'ammoniaque et le gaz nitreux.

L'asphyxie produite par le gaz oxyde de carbone est un événement assez- fréquent dans les endroits où l'on brûle le charbon et où l'air ne pénètre qu'en petite quantité. Ce gaz se dégage ordinairement en même temps que l'hydrogène carboné. Les personnes qui s'exposent à leur action éprouvent en général un violent mal de téte, un resserrement à la région des tempes, des vertiges, des palpitations, des bourdonnements d'oreille, des nausées; la respiration devient de plus en plus difficile; la vue se trouble et se perd; les forces manquent et la chute devient inévitable.

Les cadavres de ceux qui succombent à ces symptômes con-

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servent longtemps leur chaleur ; parfois même, elle dépasse la température ordinaire du corps; le système veineux est gorgé de sang, le système artériel n'en contient qu'une petite quantité noir et caulant ; les vaisseaux du cerveau et du poumon en sont surtout injectés; le visage est gonflé, rouge, violacé.

Si l'on plonge un animal dans Vhydrogène sulfuré pur, il périt dès les premières inspirations ; si ce gaz est mêlé à une certaine quantité d'air respirable, il s'agite quelque temps, chancelle et tombe.

Les ouvriers employés aux vidanges sont fréquemment exposés à l'asphyxie par ce gaz, qui s'échappe des fosses d'aisances, mêlé communément à Yhydrosulfure d'ammoniaque. Ces vapeurs, connues sous le nom de méphitisme ou de plomb, ne produisent pas les mêmes effets sur tous les individus ; tantôt ceux-ci n'éprouvent qu'une sorte de stupeur, de l'assoupissement; tantôt ils ressentent, au contraire, une agitation plus grande, une vivacité maccoutumée; quelquefois même des mouvements convulsifs, des douleurs vives à l'épigastre, dans les membres ; une accélération marquée de la respiration, et bientôt la suspension des phénomènes vitaux succèdent à ces premiers symptômes. Quelquefois des ouvriers sont tombés morts à l'instant même ; quelquefois aussi, retirés des fosses d'aisances, ils ont communiqué les symptômes qu'ils éprouvaient à ceux qui s'approchaient d'eux.

11 résulte d'observations nombreuses, qu'avant la mort ou avant que l'asphyxié reprenne connaissance, la circulation et la respiration se rétablissent ; le pouls est précipité, inégal ; les mouvements respiratoires difficiles et accompagnés de plaintes; une écume blanche et sanguinolente découle de la bouche ; le corps est agité de convulsions partielles ou générales; la face est pâle, livide, le malade pousse des cris, et cet état se prolonge quelquefois pendant vingt- quatre heures. Chez ceux qui périssent, le cadavre se putréfie rapidement, presque tous les organes offrent une teinte verdâtre et répandent une odeur fétide; le sang est ordinairement noir; les bronches, les fosses nasales sont enduites d'un mucus visqueux et brunâtre; enfin les muscles ne se contractent plus

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SOUS Faction galvanique. Ceux qui échappent aux effrayants symptômes de cette asphyxie en ressentent longtemps les effets, Il faut rapporter à cette espèce l'asphyxie que produisent les émanations des cimetières, des fumiers et de tous les endroits où se trouvent des matières animales en putréfaction.

Quelle que soit au reste la cause de l'asphyxie, elle n'agit pas de la même manière sur tous les animaux : chez l'homme on observe aussi de grandes différences, en raison des dispositions individuelles, de l'âge, etc. Comme loi générale, on peut cependant établir que plus un animal consomme d'air dans un temps donné, plus sa mort sera rapide lorsqu'il en sera privé, ou lorsque la pureté de cet air sera notablement altérée. Ainsi les oiseaux sont de tous les êtres ceux qui consomment la plus grande quantité d'air atmosphérique, et ceux qui, par conséquent, périssent le plus promptement, lorsque ce fluide leur est enlevé. Les mammifères on.t également une respiration très- active, et nous avons vu, plus haut, qu'on a calculé que la somme d'air que consomme la respiration d'un homme s'élevait, environ, à deux mille sept cent cinquante décimètres cubes ou litres, par jour.

Chaleur animale.

Tandis que les corps inorganiques sont, constamment, en équilibre de température avec le milieu qui les entoure, les animaux et les végétaux possèdent une température propre qui les maintient au-dessus du milieu ambiant.

La matière non organisée ne peut acquérir l'organisation et passer de l'état d'inertie à celui de vie, sans qu'elle soit pénétrée d'une certaine substance ; cette substance est probablement le feu, la chaleur, à laquelle avaient déjà pensé la plupart des philosophes de l'antiquité, ainsi que l'établissent tant (?e fables, tant d'écrits, l'allégorie du flambeau de Prométhée, etc. Sans la chaleur, pas de développement de germe, sans la chaleur pas de vie.

La formation de l'embryon n'est peut-être qu'une sorte de cristallisation qu'on peut appeler animale ; ajoutez à cela que

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