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PARTIE II. — CnALEUR ANIMALE

le calorique erst absolument nécessaire à la fécondation des gernîes, pour fixer, dans leurs sucs l'oxygène qui doit lesconcréter. La poule, dans l'incubation, fournit-elle, en effet, autre chose que de la chaleur, comme le prouve l'incubation artificielle? Sans chercher à comparer rigourcy sèment 4es

phénomènes de l'oxygénation du sang avec les effets qui se manifestent par l'action de ce gaz sur les corps inorganiques, il est permis de présumer que, si l'oxygène est éminemment propre à développer la chaleur dans tous les corps, il doit être un des principes qui la font naître et l'entretiennent dans l'homme et dans les animaux.

On admet, aujourd'hui, que la cause de la chaleur animale est la combustion de l'hydrogène et du carbone du sang veineux par Toxygène de l'air inspiré. Cela ne veut pas dire que le poumon soit un foyer constamment embrasé : le fait seul de sa température, qui n'est pas sensiblement plus élevée que celle des autres organes, se refuse à l'admission d'une opinion semblable.

La faculté de produire de la chaleur est commune à tous les animaux; mais la plupart de ces êtres développent si peu de calorique, qu'il ne peut être apprécié par nos thermomètres ordinaires; tandis que, chez d'autres, la production de la chaleur est si grande, qu'on n'a même pas besoin d'instruments de physique pour en constater l'existence.

Cette ditTérence énorme dans la faculté de produire de la chaleur occasionne des différences correspondantes dans la température des divers animaux. Un thermomètre placé dans le corps d'un chien ou d'un oiseau, par exemple, s'élèvera toujours à 36° ou 40° (centigrades), tandis que dans le corps d'une grenouille ou d'un poisson il indiquera une température à peu près égalé à celle de l'atmosphère, au moment de l'expérience.

La température du corps de l'homme est de 36» centigrades (ou 29 du thermomètre de Réaumur), soit en Sibérie, où le froid atteint jusqu'à — 70°, soit en Nigritie, où la chaleur s'élève jusqu'à -j- 40°, et, d'après quelques observations récentes, à H2°, et môme à 125°.

136 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.

Nous disons que l'homme peut supporter de très-grands froids et de très-grandes chaleurs. Nous le trouvons près des régions polaires et sous les tropiques brûlants, sur les plus hautes montagnes et dans les profondes vallées, près des bords de*la mer et dans les sables du désert. Le froid et le chaud, la sécheresse et l'humidité, toutes les variations atmosphériques lui sont presque indifférentes.

La faculté que possède l'espèce humaine de supporter le froid a été démontrée par les voyages qui ont été entrepris, dans ces derniers temps, aux régions arctiques. Tandis que le mercure du thermomètre se congelait, que les animaux qui n'étaient pas destinés à vivre dans ces climats glacés succombaient à la rigueur du froid, des voyageurs entreprenants, tels que Parry, Franklin^ Gaymard et autres, ont enduré toutes les rigueurs d'un hiver plus rude qu'en Sibérie. Dans un climat où l'eau-de-vie se gèle dans l'intérieur des cabanes, rindien du Canada et l'Esquimau vont sans danger à la chasse, et l'Européen peut, en entretenant la circulation du sang par l'exercice, endurer le même froid. Les Danois ont vécu à 72° de latitude nord au Groenland, les Hollandais, sous Heemskirk, ont passé l'hiver à la Nouvelle-Zemble à 76° de latitude nord^ et le docteur Ackin parle de trois Russes qui ont vécu six à sept ans au Spitzberg, entre 70° et 78° de latitude nord.

D'un autre côté, l'homme peut aussi résister à des chaleurs excessives. Malgré l'assertion de Boerhaave que la température de 35° à 49° au-dessus de 0 est fatale à notre espèce, la température moyenne de Sierra-Leone est cependant de 28° centigrades, et, à quelque distance de la côte, le thermomètre s'élève à 38° et même à 39° et 40° à l'ombre. Adanson dit qu'à Tombre, au Sénégal, le thermomètre marque 42° i /2 à 17° de latitude nord. Blagden a supporté, pendant sept minutes, une température de 93° ; Berger, pendant huit minutes, celle de 109°; Tillet, pendant dix minutes, celle de H2°.

I/appareil de la calorifîcation est un point sur lequel les physiologistes sont fort divisés.

Les uns n'admettent pas d'appareil : tel est Chaussier, qui

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