‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 215 sur 265 · PARTIE II · texte numérisé non relu

PARTIE II

— CHALEUR ANIMALE

admet sous le nom de caloricité une propriété vitale primitive en vertu de laquelle les êtres vivants dégagent leur calorique .

D'autres admettent un appareil distinct ; il serait, suivant les uns, local et unique : le cœur, les poumons, le système, nerveux et surtout la moelle épinière.

Suivant les autres, il serait multiple : ainsi le calorique serait dégagé, dans tout le cours de la circulation, par quelque cause mécanique, telle que le frottement, ou dans le parenchyme de chacun des organes^ sous l'influence du sang artériel et du système nerveux.

Aujourd'hui l'on reconnaît que la calorifîcation est, en général, en raison directe de l'intensité de la respiration, et elle est assimilée à une combustion, suite du travail nutritif et résultant de Faction du sang artériel sur les tissus vivants. Cette théorie se démontre dans la série des êtres : ainsi les animaux à sang froid respirent très-incomplétement, et les oiseaux qui sont, de tous les animaux à sang chaud, ceux qui développent le plus de chaleur, jouissent d'une respiration double. Les divers âges de l'homme apportent des preuves à l'appui de cette théorie : ainsi l'enfant nouveau-né et le vieillard ont une température bien plus basse que le jeune homme, et il n'est pas jusqu'à la différence de température des diverses parties du corps qui ne vienne confirmer cette explication. La chaleur est, en effet, plus intense dans les parties vasculaires, et moins élevée dans les organes éloignés du centre, tels que les pieds et les mains où la différence est, quelquefois, de 4 à 5 et même 6 degrés. Ces appréciations délicates, dues aux recherches de MM. Becquerel et Breschet, ont été faites à l'aide de l'apparpM thermo-électrique qui donne la température des tissus par l'intensité du courant déterminée par la ditîérence de température des soudures des couples.

Parmi les théories proposées pour rendre compte de la production de la chaleur dans l'acte respiratoire, celle de Lavoisier et de Séguin a, longtemps, tenu le premier rang. Suivant eux, la chaleur provient de la combustion de l'hydrogène et du carbone du sang veineux par l'oxygène de Tair inspiré,

Mais comme cette théorie ne rend pas compte de toute la chaleur dégagée^ on admet que les transformations et les assimilations de substances qui ont lieu dans les organes dégagent de la chaleur, puisqu'elles sont le produit de réactions .chimiques qui se passent dans l'économie.

Les causes de refroidissement ou d'abaissement de la température sont : 1° le rayonnement (dont les vêtements sont destinés à ralentir les effets) ; 2° le contact permanent et le renouvellement des couches d'air qui entourent le corps; 3° la soustraction de calorique produite, dans les poumons, par l'air frais qui y est introduit ; 4° la transpiration pulmonaire; 5^ la transpiration et l'évaporation cutanées, signalées, pour la première fois, par Franklin, qui comparait le corps à un alcarazas. Cette dernière cause est la plus efficace de toutes; on comprend, en effet, que l'eau, pour se transformer en vapeur, enlève du calorique à tout ce qui l'environne et, par conséquent, refroidit le corps à mesure que la chaleur extérieure réchauffe.

Après avoir établi les causes de la chaleur animale et celles du refroidissement, cherchons à expliquer la possibilité d'une température à peu près fixe.

Supposons un homme plongé dans une atmosphère de 10® au-dessous deO; toute la surface de sa peau se refroidira; la transpiration cutanée sera réduite au minimum et, dès lors, la production intérieure de la chaleur ne sera plus nécessaire que pour réparer les pertes produites par le rayonnement et par la conductibilité.

Si, au contraire, cet homme est plongé dans une atmosphère de 50<> au-dessus de 0, la peau s'échauffera, la transpiration cutanée et l'évaporation deviendront intenses et, dans les deux cas, l'équilibre se rétablira. Mais si le sujet est plongé dans un bain très- chaud, l'évaporation ne pourra plus avoir lieu, et la mort pourra survenir.

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