‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 219 sur 265 · PARTIE II. — ASSIMILATION · texte numérisé non relu

PARTIE II. — ASSIMILATION

la place des molécules enleve'es par l'absorption ; de là un renouvellement continuel, dont la rapidité varie suivant les systèmes d'organes^ et dont les mouvements de décomposition sont en rapport avec les divers âges, ce qui explique les périodes d'accroissement et de décroissement du corps, suivant la quantité d'azote que contiennent les aliments propres à la nutrition.

Diverses circonstances peuvent modifier la marche du travail d'assimilation, l'activer, la ralentir, ou en changer la direction. C'est de la sorte que, dans certaines maladies, on voit la nutrition s'arrêter presque entièremenl et que, dans d'autres, certains tissus changent de nature. Ce travail ne se fait pas avec la même rapidité dans toutes les parties du corps ; des changements de forme y suivent souvent les progrès de l'Age; car ces changements dépendent principalement de ce que certaines parties croissent plus rapidement que d'autres. Ainsi, depuis le moment de la naissance jusqu'à l'âge adulte, les membres du corps de l'homme grandissent plus vite que le tronc.

Dans l'état actuel des sciences, on ignore également le mécanisme de la composition ei de la décomposition nutritive, ainsi que les phénomènes des sécrétions»

Le sang contient-il les éléments tout formés des différents fluides qui seront sécrétés parleur passage à travers une glande? Il paraît que oui, d'après les expériences de MM. Prévost et Dumas. Après avoir enlevé les reins, les glandes mammaires ou le foie, ces savants ont retrouvé, dans le sang, de l'urée, du lait et différents principes de la bile. Les auteurs ont admis, pour expliquer ce fait, tantôt des théories physiques (filtration, transsudation, précipitation), tantôt des théories chimiques. Berzelius la rapporte à une force électrique ou galvanique ; M. Dutrochet admet que les phénomènes à* en' dosmose et à'exosmose jouent ici un grand rôle.

!46 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.

Résumé des phénomènes de nutrition.

Nous avons étudié, jusqu'ici, les organes et les fonctions de la nutrition, depuis la digestion qui forme le fluide réparateur, jusqu'aux sécrétions qui extraient les naatériaux pour les faire servir, de nouveau, ou les rejettent comme inutiles. Là doivent s'arrêter les explications de la physiologie; car rien ne peut nous faire saisir le mouvement moléculaire qui a lieu dans la profondeur de nos organes et qui mêle le fluide nutritif à leur structure, pour en renouveler les parties usées ou vieillies.

La faculté qu'ont les animaux d'introduire dans l'intérieur de leur corps des substances étrangères qui leur servent d'aliments, et d'incorporer continuellement à leurs organes des matières puisées au dehors, explique l'accroissement de volume si remarquable chez eux, pendant les premiers temps de leur existence. Un enfant, en naissant, pèse environ 3 kilogrammes ; vingt-cinq ans après, lorsqu'il est parvenu à r^ge adulte, son poids dépasse 50 kilogrammes. A celle époque de sa vie, il a donc déjà puisé, dans des substance î qui lui étaient d'abord étrangères, la majeure partie des matériaux dont ses organes se composent. D'un autre côté, l'amaigrissement, qui est l'effet de certaines maladies, montre que le corps vivant peut abandonner une portion de la matière dont il était formé, et rendre au monde extérieur une partie de sa propre substance.

Nous avons vu qu'une portion des matières ingérées est employée non pas à la nutrition des tissus vivants, mais à la production des humeurs sécrétées dans les différentes parties de l'économie; lorsque ces matières nutritives dépassent de beaucoup les besoins du moment, la nature en met une portion en réserve pour être employée plus tard ; c'est là un des usages de la graisse qui, dans beaucoup de circonstances, se dépose en quantités considérables dans certaines parties du corps. Elle prédomine chez les individus faibles. Sa plus importante destination est, sans doute, de fournir aux besoins de

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