‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 22 sur 265 · MEMBRE INFÉRIEUR · texte numérisé non relu

MEMBRE INFÉRIEUR

transformer en massue redoutable? Les poètes ont chanté Pollux défendant sa vie et celle de ses compagnons avec les armes qu'il tenait de la nature ; mais si nous admirons Pollux combattant le géant sicilien, nous détournons les yeux de l'arène ensanglantée par le ceste d'Entelle. Le soldat tient à honneur d'employer avec adresse, pour la défense de sa patrie, l'épée qu'elle lui a conliée, il méprise l'arme et le métier du gladiateur.

Le membre supérieur, dont les fonctions principales sont de rapprocher ou d'éloigner du corps les objets,, peut aussi rapprocher ou éloigner le corps d'un point fixe ; c'est ainsi que le matelot et le gymnaste s'élèvent dans la mâture ou sur le trapèze ; mais le poids du corps entier n'est pas en proportion avec la force des membres qui le soulèvent, et quoique l'exercice rende cet effort moins difficile en donnant aux muscles plus de force, il est évident que le bras remplit ici une fonction qui ne lui est pas dévolue en principe et qui appartient à un membre plus puissant dont nous allons parler.

Membre inférieur ou abdominal. Il se compose, comme le membre supérieur, de quatre parties qui sont : la hanche, la cuisse, la jambe et le pied. Les deux os de la hanche^ ou os coxaux, s'articulent ensemble et avec le sacrum ; ce dernier, placé entre eux comme un coin, transmet par leur intermédiaire le poids du corps aux membres inférieurs qui sont les piliers de l'édifice humain. A la face externe de l'os coxal, on remarque une cavité articulaire profonde, hémisphérique, c'est la cavité cotyloide, qui reçoit la tête du fémur et forme avec elle Varticulation de la hanche ou coxo-fémorale.

Le fémw\ os de la cuisse, est le plus long et le plus fort du squelette ; presque cylindrique, il présente une courbure à convexité antérieure qui lui donne plus de résistance. A son extrémité supérieure, on remarque la tête du fémm\ supportée par un col qui s'unit au corps deFos sous un angle obtus. Cette obliquité, dans la direction du col a pour effet d'augmenter l'écartement des fémurs et^ par conséquent, des membres inférieurs; ce qui donne au corps humain une base de sustentation plus large et plus de stabilité. Il résulte en outre de cette disposition que le poids du corps est transmis au fémur, non pas directement et suivant une ligne droite, mais indirectement et suivant une ligne brisée; les deux cols du fémur forment par leur réunion une portion de voûte sur laquelle repose la partie supérieure de la cavité cotyloïde, et qui décompose la force agissant sur les membres inférieurs.

La tête du fémur représente à peu près les deux tiers d'une sphère. Elle remplit exactement la cavité cotyloïde, mais n'y est pas contenue tout entière, car la profondeur de cette cavité ne dépasse pas le rayon de la sphère à lac|uelle elle appartient. Un bourrelet fibrocartilagineux, très-élastique et circulaire, garnit le rebord de la cavité cotyloïde en augmentant son étendue, et vient embrasser la tète du fémur en faisant Toffice d'une soupape qui clôt hermétiquement la cavité articulaire dans laquelle la tête du fémur est maintenue seulement par la pression atmosphérique. En effet, si l'on place sous le récipient de la machine pneumatique l'articulation coxo-fémorale convenablement préparée, on voit, à mesure que le vide se fait, la tête du fémur s'abaisser et sortir de la cavité cotyloïde autant que le

HANCHE. — GENOU. ti5

permet la longueur des ligaments articulaires, puis remonter et remplir de nouveau cette cavité quand on laisse rentrer l'air sous le récipient. Cette belle expérience d'E. Weber montre d'une manière saisissante l'action immédiate et continuelle des agents extérieurs sur les fonctions de l'organisme.

L'emboîtement de la tête du fémur dans la cavité cotyloïde donne à l'articulation de la hanche une grande solidité, que viennent augmenter des ligaments et des muscles destinés à maintenir 'les parties en rapport comme à leur donner le mouvement ; aussi, les plui^ grandes violences sont-elles seules capables de faire sortir la tête du fémur de la cavité qui la reçoit. Cette articulation, du même genre que celle de l'épaule, permet au membre inférieur des mouvements en tous sens quoique moins étendus que ceux du bras. Nous aurons occasion d'en parler plus loin.

L'extrémité inférieure du fémur se termine par deux masses oblongues et arrondies, les conclyles du fémur, qui reposent sur deux cavités creusées dans la partie supérieure du tibia ^ l'os principal de la jambe^ et formant avec elles V articulation du genou. Les cartilages seini-lunaires, interposés entre les deux os, amortissent la pression du fémur sur le tibia et s'opposent au déplacement du premier en augmentant la surface et la profondeur des cavités articulaires du second. Au-devant de l'articulation fémoro-tibiale est placée la rotule, le plus grand des os sésamoïdes, qui s'adaptent par deux facettes articulaires à celles que lui présentent les condyles du fémur, et donne attache par son bord supérieur au tendon des extenseurs de la jambe, tandis que, par son bord inférieur, elle s'unit intimement au ligameid

rotulien qui la fixe au tibia. En comparant le coude au genou, on reconnaît l'analogie frappante de la rotule et de l'olécrâne. La rotule sert de poulie de renvoi aux muscles extenseurs dont l'action sur la jambe est augmentée par le changement de direction qu'ils en reçoivent ; rolécràne est un levier puissant au moyen duquel s'opère l'extension de l'avant-bras.

Fig. 18. — Articulation du genou

vue du côté du jarret. vue de profil.

A Fémur. A Fémur.

D b Condyles du fémur. B Rotule.

d Extrémité supérieure du péroné. C Tibia.

C Tibia. D Péroné.

D Péroné.

Le second des os de la jambe est le péroné, qui descend parallèlement au tibia et vient contribuer avec lui à former l'articulation du pied. Si l'on compare le ge~ nou au coude, on voit que le péroné, qui ne prend au--

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