‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 23 sur 265 · JAMBE. — PIED · texte numérisé non relu

JAMBE. — PIED

cune part à Tarticulation du genou, représente pourtant le cubitus, dont le rôle est si important au coude, tandis que le tibia correspond au radius. La nature, par une de ces transformations dont elle offre de nombreux exemples, a réuni en une seule, dans le tibia, les deux extrémités du cubitus et du radius, ne laissant subsister le cubitus qu'à l'état rudimentaire dans sa partie supérieure. Cette fusion de deux organes est ce que les naturalisles ont nommé coalescence. Le rapport du tibia avec le radius, signalé par de Blainville, a été démontré par M. Martins, dans son beau travail sur les membres pelviens et thoraciques.

Les extrémités inférieures du tibia et du péroné réunies présentent une mortaise dans laquelle est reçu ï astragale, un des os du tarse, et forment ainsi V articulation du pied ou tibio-tar sienne. Le pied se meut sur la jambe, de manière à faire avec elle une ligne droite dans l'extension. Le mouvement en sens inverse, ou flexion, est beaucoup plus limité ; les malléoles qui embrassent l'astragale ne permettent pas au pied de mouvements latéraux, et ceux qui ont lieu dans ce sens se passent dans l'articulation de l'astragale avec le reste du tarse ; mais en somme le pied peut exécuter un mouvement limité de circumduction.

On a dit que le pied était une autre main, pes altéra manus^ et, en effet, si la main complète le bras, le pied n'est pas moins important pour le membre inférieur ; sans lui la locomotion ne pourrait s'effectuer que par des mouvements tout autres que ceux de la marche, dans des conditions d'équilibre beaucoup moins favorables et avec bien plus de fatigue ; la course, et par conséquent le saut, seraient impossibles. Mais si le pied et

la main sont des variétés d'un même type d'organisation, ces deux parties présentent des différences en rapport avec leurs usages respectifs ; le pied, destiné à supporter le corps, est surtout remarquable par les conditions de solidité ; dans la main, ce qui prédomine, c'est la mobilité.

Le pied de l'homme, exclusivement destiné à supporter son corps, n'est point un organe de préhension et ne peut, comme le pied du singe, saisir les objets par l'opposition du pouce aux autres doigts ; ses orteils, disposés sur un même plan, n'ont ni la longueur des doigts, ni l'étendue et la variété de leurs mouvements ; en un mot, c'est un pied et non pas une main comme chez les quadrumanes.

Fig. 19. — Squelette du pied.

A Malléole interne; extrémité infé- E Cuboïde.

rieure du tibia. F Premier métatarsien.

B Astragale, G H Première et deuxième phalange C Calcanéum. du gros orteil.

D Scaphoïde.

Le pied se compose de vingt-six os dont sept constituent le tarse, qui s'articule avec la jambe et cor-

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