‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 223 sur 265 · PARTIE III. — FONCTIONS DE RELATION · texte numérisé non relu

PARTIE III. — FONCTIONS DE RELATION

sition, qui empêche qu'ils n'aient une direction trop oblique, leur fournit le moyen de produire un plus grand effet.

Les os courts sont formés presque entièrement de substance spongieuse, ce qui diminue leur pesanteur en augmentant leur surface.

Les os plats forment les parois des cavités protectrices des organes intérieurs ; ils fournissent aussi aux muscles des points nombreux d'insertion.

Squelete. — Tronc.

Le squelette se divise en tronc et en membres. Le tronc est composé de la tête, de la colonne vertébrale, de la poitrine et des hanches.

La colonne vertébrale, ou épine du dos v', v" (pl. VII, fîg. 2), occupe la ligne médiane du tronc. C'est une tige osseuse, symétrique, creuse, flexible en tous sens. Étendue entre la tête et le bassin, elle forme un long levier, mobile sur luimême, point d'appui commun et centre de mouvement de tout le squelette : elle se compose de petits os courts, ou vertèbres, superposés longitudinalement les uns sur les autres. Elle présente, dans toute sa longueur^ un canal formé par un trou dont chaque vertèbre est percée (pL Vîl, fîg. 2 : soulevez le lambeau, et fîg. 6).

La colonne vertébrale présente quatre courbures en sens opposés {id,, V, v', v", s) qui correspondent au cou, au dos, aux lombes et au bassin. La statique apprend l'utilité de ces incurvations ; de deux colonnes élastiques^ en effet, semblables pour la matière, le volume et l'étendue, mais dont l'une est droite et dont l'autre présente des inflexions en sens inverses, la seconde résiste plus que k première à une pression verticale, parce que le mouvement se trouve concentré dans chaque courbure. Ainsi, dans la figure 2 de la planche VII, si un choc se faisait sentir au point s, son action serait décomposée et par conséquent affaiblie dans les divers os des fragments de la colonne vertébrale indiqués en v, v' et v".

La colonne vertébrale a la forme d'un os long ; mais il s'en

i54 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.

faut bien qu'elle en présente les caractères. Destiné à recevoir et à transmettre aux extrémités inférieures le poids de tout le tronc, le long levier vertébral devait être extrêmement résistant, et d'une résistance progressivement croissante de haut en bas. Destiné à servir d'arc flexible, d'organe central de locomotion, il devait être doué d'une grande mobilité. Enfin^ organe protecteur de la moelle épinière, il devait présenter une grande solidité. On voit que toutes ces conditions se trouvent remplies par un mécanisme fort ingénieux, par la division de ce levier en une multitude de petites colonnes dont chacune jouit d'un mouvement peu étendu ; en sorte que de la réunion de ces petits mouvements résulte un mouvement de totalité considérable. Ces petites colonnes osseuses sont séparées par de petits disques cartilagineux, ou rondelles, flexibles, élastiques, moyen d'union des vertèbres, en môme temps que moyen de locomotion, car les mouvements sont mesurés par la moUesse et la flexibilité de ces corps intermédiaires.

Chose remarquable, celte division de la colonne vertébrale qui semble, au premier abord, être en raison inverse de la solidité, et n'avoir trait qu'à la locomotion, cette division même concourt puissamment à la solidité. En effet, si ce long levier de soixante et dix centimètres ne formait qu'un seul et même levier, qu'un seul cylindre, de même que le crâne ne forme qu'une boîte osseuse, la moelle épinière devrait remplir le canal vertébral, de même que le cerveau remplit le crâne : et alors que de fractures par les chocs les plus légers, et surtout que de compressions de la moelle épinière !

On a dit, peut-être avec un peu d'exagération, que la colonne vertébrale avec ses courbures était seize fois plus résistante qu'elle ne le serait si elle était droite. Si l'on détermine exactement le rayon de chaque courbure, en comparant le sinus de l'arc avec la longueur de Tare ou de la corde, on arrive à ce résultat que les courbures sont toujours en raison directe les unes avec les autres, et qu'elles varient chez les divers individus beaucoup plus qu'on ne le croit communément.

Quoi qu'il en soit, indépendamment du plus de solidité, on

Os froiital. Os pariétal.

Orbite

Mâclioire infér.

Vertèbr. ceryic Omoplate

Humérus

Temporal.

- Clavicule.

Côtes.

- Os iliaque.

156 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.

ne peut s'empêcher de reconnaître^ dans ces inflexions alternatives, un autre but auquel concourt la division des vertèbres ; c'est de s'opposer avec efficacité, par cette môme décomposition des mouvements, aux commotions du cerveau qui auraient eu lieu par le moindre choc, si colonne vertébrale eût été droite.

On a divisé les os de la colonne vertébrale en cinq régions dont ils prennent les noms :

1° La région cervicale v (pl. VÏI, fig. 2), qui constitue la charpente du cou ; elle est composée de sept vertèbres ;

2° La région dorsale ou thoracique v' {id,), elle donne attache aux côtes qui constituent la poitrine ; les vertèbres de cette région sont au nombre de 12;

3** La région lombaire v" {id.), qui termine inférieurement la colonne vertébrale ; elle est composée de cinq vertèbres ;

4<> La région sacrée s {id,)j qui s'articule avec les os des hanches et se compose de cinq vertèbres soudées de façon à ne plus former qu'un seules appelé sacrum;

5° Enfin la région caudale ou coccygienne co (id,), qui chez l'homme ne se compose que de quatre vertèbres extrêmement petites, cachées sous la peau, mais qui, chez beaucoup d'animaux, prend un grand accroissement.

La tête repose sur l'extrémité supérieure de la colonne vertébrale et se divise en deux parties : la face et le crâne f, c (Pl. VII, fig. 2),

La face, située en avant et au-dessous du crâne, forme la moitié inférieure de l'ovale antérieur de la [tête. Sa forme est celle d'un triangle irrégulier compose de deux moitiés symétriques. Sa structure est très-compliquée : destinée à loger les organes des sens, elle est creusée de loges osseuses juxtaposées, en sorte que sa masse, quoique d'un volume considérable, est cependant assez légère. Ces loges communiquent ensemble par un nombre considérable de trouà, de fentes et de canaux osseux par lesquels passent des vaisseaux et des nerfs. On divise la face en deux parties : la mâchoire supérieure et la mâchoire inférieure. La mâchoire supérieure est composée de plusieurs os dont les plus importants sont : l'os

Page 1