PARTIE III. — FONCTIONS DE RELATION
usages. Si l'articulation qui met deux os en contact leur permet d'exécuter des mouvements les uns sur les autres, elle est appelée mobile; si l'articulation n'est au contraire qu'un moyen d'assurer l'union d'un ou de plusieurs os, elle est appelée immobile. Plus une articulation est mobile, moins elle est solide ; et plus elle est solide, moins elle a de mobilité.
La surface articulaire des os mobiles est recouverte d'une substance élastique qui peut supporter les plus fortes pressions et amortir les chocs les plus rudes. Cette substance, appelée cartilage, est enduite d'une humeur visqueuse, destinée à favoriser le glissement des extrémités articulaires, c'est la synovie (voy. page 144).
Toutes les articulations mobiles ne se ressemblent pas ; les extrémités des os qui concourent à les former se correspondent par des surfaces dont la configuration est réciproque. Elles sont, en général, les unes convexes, les autres concaves.
Les os sont unis entre eux par des parties fibreuses nommées ligaments. Ce sont des gaines très-résistantes et trèsfortes qui entourent l'articulation, tenant par leurs deuxbouts aux deux os dont elles assurent la réunion.
Les articulations présentent une foule de différences dans leurs mouvements. La rotation est propre à quelques-unes : tantôt elle s'exerce sur un seul pivot, comme on le voit dans l'articulation de la tête sur le cou, tantôt il y a deux pivots, comme dans la double articulation des os de l'avant-bras entre eux. .
Il y a des mouvements d'opposition ou angulaires, ce sont ceux où les os forment, l'un avec l'autre, des angles plus ou moins ouverts. L'opposition est quelquefois bornée aux mouvements de flexion et d'extension, comme au coude, au genou, etc. ; d'autres fois elle est vague et peut avoir lieu dans quatre sens principaux et dans tous les sens intermédiaires, comme on le voit au bras, à la cuisse, etc.
Muscles. — Leur structure et leur mode d'insertion.
Quels que soient les mouvements divers et nombreux que l'on observe dans l'animal, ils ont tous pour résultat le déplacement de quelques-uns des os qui concourent à former le squelette ; mais ces os ne peuvent pas se mouvoir d'euxmêmes, et ne se déplacent ainsi que par l'action d'autres organes qui se fixent sur eux, et les entraînent en se raccourcissant. Ces organes moteurs, qu'on nomme des muscles, sont très-nombreux et constituent près de la moitié de la masse totale du corps. Ce sont des substances charnues composées de fibres groupées en faisceaux les unes avec les autres^ qui ont la propriété de se raccourcir et de se rallonger, en affectant des formes et des directions très-variables.
Revêtus de téguments communs et maintenus par des étuis membraneux, les muscles sont généralement groupés autour du corps des os longs et dans l'intervalle des articulations. Ils constituent les membres qui ont pour usage d'agrandir la portée des actes de la volonté et des instruments de la sensibilité. Les membres inférieurs exécutent la station et la progression ; les supérieurs servent à des mouvements divers. Les muscles, en se contractant, agissent sur les os pour les mouvoir; leur action est d'autant plus énergique et ses effets sont d'autant plus prononcés, que les fibres qui les constituent sont plus ou moins nombreuses, et sont disposées dans telle ou telle direction.
On a remarqué que plus les efforts exercés par les muscles se rapprochent des mouvements auxquels ils sont destinés par la nature, plus la quantité de travail que produisent leurs contractions est grande.
Les figures 2, 3, 4, 5, 6, 1, 8, 9, de la planche VI montrent la disposition variée des masses musculaires, et les changements qui surviennent dans l'état de leurs fibres, suivant qu'elles sont en relâchement ou en contraction. Les mouvements, quels qu'ils soient, se rapportent tous à l'un ou à i'autre de ces deux états.