‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 228 sur 265 · PARTIE III. — FONCTIONS DE RELATION · texte numérisé non relu

PARTIE III. — FONCTIONS DE RELATION

Lorsqu'un muscle se contracte^ il se gonfle, et ses deux extrémités se rapprochent en tirant les parties auxquelles elles sont fixées {id,^ fig. 3).

Or, les muscles se fixent solidement aux os par l'intermédiaire de cordons blanchâtres appelés tendons^ ou de membranes de même nature que l'on nomme aponévroses ; en se contractant, ils doivent par conséquent rapprocher l'un de l'autre les deux points du squelette auquel ils sont liés. C'est à ce phénomène qu'on donne le nom de motricité^ faculté qu'a Textrémité d'un nerf de transmettre à un élément de nature différente, l'élément musculaire, l'incitation amenée jusque-là, de manière à exciter la contraction. La contraction des muscles est donc déterminée par Faction du système nerveux, et a lieu tantôt d'une manière indépendante de la volonté^ tantôt sous l'empire de cette puissance.

Les muscles sont l'élément contractile au moyen duquel les mouvements sont exécutés chez les animaux; la fibrine en est la base ; celle-ci est en solution dans le sérum ; en se précipitant, elle détermine la coagulation du sang. Si, dans une goutte d'eau, l'on projette une goutte de sang, d'une certaine hauteur, l'on voit au microscope les globules rouges flotter dans le liquide et la fibrine séparée sous la forme de petits caillots d'un blanc jaunâtre. Ce caillot est très-élastique, assez résistant, et se déchire en fragments irrëguliers; au moyen de la compression, on en sépare des granules sphériques d'un diamètre de 0"",00l, qui nagent dans le liquide et semblent avoir perdu toute capacité d'adhérer entre eux ; il s'en voit encore d'autres plus gros d'un diamètre de 0'"°^,003. Ces globules-ci sont fort transparents et rappellent les globules lymphatiques du sang.

La couleur des muscles est ordinairement rouge ; leur volume et leur figure présentent de nombreuses différences, et pourtant on peut rapporter à quelques formes générales les dispositions variées que présente la direction de leurs fibres; tantôt elles sont rayonnées {id.^ fig. 4), tantôt elles s'insèrent obliquement sur les tendons, espèces de cordes souples et résistantes, destinées à transmettre aux os les mouvements qui

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leur sont communiqués par la fibre musculaire {id,, fig. G et 7J.

On doit remarquer^ dans Faction d'un muscle, diverses circonstances : 1° il est raccourci, et ce raccourcissement est en proportion de la longueur des fibres; 2° les fibres qui le composent ont acquis de la tension, de l'élasticité ; l'organe est plus dur, et offre sur sa surface des rides transversales [id,, fig. 2 h)) 3° le sang qui circule dans son intérieur est, en grande partie, exprimé par suite de la compression que subissent les veines ; 4° il a acquis plus de solidité, car il triomphe des résistances qui lerompraient dans l'état de relâchement; 5° tandis qu'il diminue de longueur, on croit qu'il augmente de grosseur; d'où il résulte qu'il semble faire plus de saillie au dehors^ et courrait même le risque d'être déplacé^ s'il n'était retenu par des aponévroses {id,, fig. 3 a).

On a vainement cherché à expliquer la contractililé musculaire : les uns ont eu recours à des explications physiques telles que la traction mécanique du muscle exercée par le nerf qui lui arrive; la réplétion mécanique des prétendus tubes ou vésicules de la fibre musculeuse par un fluide quelconque, le fluide nerveux ou le sang. D'autres ont eu recours à des explications chimiques : la combustion des éléments nombreux du muscle, savoir : l'azote, l'hydrogène et le carbone, par l'oxygène du sang artériel ; combustion qui serait déterminée par le courant nerveux, agissant ici à la manière de l'étincelle électrique. Haller a cru résoudre le problème par l'hypothèse de V irritabilité; il établit que la contraction des muscles est due à Texercice de cette force spéciale que ces organes seuls possèdent, mais qui a besoin/pour être mise e-i jeu, d'être suscitée par uti stimulus : celui-ci consisterait dans l'influx nerveux.

Depuis l'état d'embryon jusqu'à dix-huit ou vingt ans, les os changent continuellement de forme, de grandeur, de volume, etc.; par conséquent, pendant tout le temps que dure l'ossification, les muscles doivent suivre les changements qu'éprouve le squelette. Ordinairement, à vingt ou vingt-deux ans, l'accroissement des os en longueur est terminé ; mais ils conli-

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