PARTIE III. — MÉCANISME DES MOUVEMENTS
que la puissance p se trouve au milieu, le point d'appui c à une extrémité et la résistance r à l'autre (pl. V, fig. 4).
.La distance du point d'appui à celui où s'applique une force a reçu le nom de hras de levier.
L'effet delà puissance est en raison directe de la longueur des bras du levier.
Les forces sont d'autant moindres qu'elles sont plus obliques à la direction du levier. Par conséquent, le maximum de leur énergie aura lieu quand elles seront perpendiculaires au levier
Le levier du premier genre est le plus favorable à l'équili. bre. Le levier du troisième genre sert mieux l'étendue et la rapidité des mouvements.
On trouve une grande variété d'applications de ces différents genres de leviers dans les organes du mouvement de l'homme. Ainsi,Jorsque la tête est portée soit dans l'extension, soit dans la flexion, par les muscles qui s'attachent à sa partie postérieure ou à sa partie antérieure; elle représente un levier du premier genre (pl. V, fig. 2). Le point d'appui se trouve à l'articulation de la tête et du cou, la puissance et la résistance se trouvent l'une en avant, l'autre en arrière, ou réciproquement, suivant que la tête est entraînée dans la flexion ou dans l'extension.
On trouve un levier du deuxième genre dans le pied, lorsqu'on s'élève sur sa pointe : le point d'appui se trouve à la partie antérieure de cet organe au niveau des phalanges qui pressent sur le sol : la puissance se rencontre à l'autre extrémité qu'entraîne en haut le tendon d'Achille qui lui transmet la contraction des muscles du mollet; la résistance est à l'articulation du pied avec la jambe qui supporte tout le poids du corps (pl. V, fig. 3). 0
Les exemples du levier du troisième genre sont très-communs dans l'organisation animale; on le trouve dans l'articulation de la mâchoire inférieure et dans les mouvements de l'avant-bras sur le bras (pl. V, fig. 4 et pl. VI, fig. 3).
170 STRUCTURE ET PnYSIOLOGïE DE l'hOMME.
Lorsque Tavant-bras est demi-fléchi et que nous voulons le fléchir complètement, en soulevant quelque corps pesant saisi par lamain^ le point d'appui se trouve dans l'arliculation du coude; la puissance, représentée par le muscle biceps, est audevant de cette articulation, la résistance est dans le poids de Favant-bras, augmenté par la présence du corps pesant (pl. VI, fig. 3 et 8).
Les divers mouvements du corps n'ont pas toujours été assurés par des moyens aussi simples que ceux que nous venons de citer. Pour faire mouvoir les unes sur les autres les diverses parties du squelette, il existe autour d'elles plusieurs masses de muscles isolées les unes des autres, qui, par leur allongement ou leur contraction partiels, concourent aux mouvements variés que nécessite la vie de relation.
Le nombre des muscles du corps humain est très-considérable et varie plus ou moins dans chaque individu. Cependant, à la différence près de sept à huit, il s'élève communément à 403. On peut en faire Ténumération dans Tordre suivant :
A la tête 54 Aux membres supérieurs. 92
Au cou 62 Aux membres inférieurs . i02
Au tronc 90 Muscles de l'ouïe 8
En général, ils forment autour du squelette deux couches, et se distinguent en superficiciels et en profonds. Ceux qui sont destinés à mouvoir un os quelconque, sont presque toujours placés autour de la portion du squelette située entre cet os et le centre du corps; ainsi les muscles qui meuvent la tête sont situés au cou ; ceux qui meuvent le bras occupent l'épaule ; ceux qui ploient ou qui redressent l'avant -bras sur le bras entourent l'humérus, et ceux qui fléchissent ou étendent les doigts sont placés dans l'avant-bras. Il en est de même pour les muscles des membres inférieurs (pl. V et VI, fîg. i).
On distingue les muscles en réfléchisseurs, extenseurs, rotateurs, élévateurs, adducteurs, abducteurs, etc., suivant les usages qu'ils sont appelés à remplir.
La puissance d'un muscle dépend en partie de son volume.