PARTIE III. — MÉCANISME DES MOUVEMENTS
indispensable de porter le haut du corps en avant, jusqu'à ce que le poids de la partie inférieure se trouve compensé, et que la verticale 'passe par la plante des pieds.
Après le coucher^ la position assise est celle qui offre le plus de solidité. Elle nécessite néanmoins, pour le maintien de l'équilibre, des contractions musculaires qui diffèrent d'après la manière dont on est assis. Lorsque le dos est appuyé, les muscles du cou sont les seuls qui fassent effort pour soutenir la tête dans sa rectitude (pl. Vtl, fig. 2, lambeau). Si le dos n'est pas soutenu, la plupart des muscles postérieurs du tronc se contractent pour prévenir la chute en avant ; et une fatigue réelle est l'effet de cette action énergique et continue.
Dans la slaiion debout, le poids du corps est transmis aux membres inférieurs par les os des hanches sur lesquels se répartissent, en vertu du théorème de statique du parallélogramme des forces, les pressions latérales exercées par le sacrum (page 155), la base de sustentation est circonscrite par le polygone qu'on peut former par les points de contact des pieds avec le sol. Ici, le moindre effort peut détruire l'équilibre, et ce n'est qu'en agrandissant la base de sustentation, dans un sens plutôt que dans l'autre, selon la direction des forces, que Ton peut prévenir une chute. Du reste, les mouvements par lesquels nous ramenons la verticale dans la base de sustentation, sont en quelque sorte automatiques. C'est ainsi que, pour résister à une force qui tendrait à produire la chute en avant, nous avançons rapidement un pied ; si notre corps penche vers la gauche, nous étendons subitement le bras droit ; si une force tend à nous renverser en arrière, nous reculons un pied et nous portons le corps en avant.
L'homme qui a un gros ventre, l'homme portant un lourd fardeau sur les épaules, sont obligés lun et l'autre de prendre des attitudes qui changent la position du centre de gravité. Le premier rejette son corps en arrière, afin que la verticale passe entre ses deux pieds ; et c'est pour la môme raison que le second penche son corps en avant. Une femme qui porte un enfant sur le bras droit rejette son corps sjir le côté gauche. L'homme qui veut saisir de la main un objet un peu
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éloigné, et cela sans se déplacer, allongera son bras et penchera son corps du côté de l'objet ; n\ais, en même temps, il portera une jambe en arrière^ pour maintenir toujours le centre de gravité dans les conditions qui conviennent à l'équilibre.
Ainsi, nous faisons continuellement de la me'canique, sans 'nous douter de ses notions, et les meilleures garanties de notre conservation tiennent à une application involontaire de lois physiques que notre raison ne dirige pas.
La station c^eôow^ appartient exclusivement à l'homme. C'est l'attitude à laquelle l'a préparé sa structure anatomique. Ses membres se fléchissent dans un sens tout à fait opposé à la flexion des membres des quadrupèdes. Dans une station quadrupède, ses épaules et ses bras seraient trop faibles pour soutenir le poids de sa large poitrine et de sa tête volumineuse; ses jambes donneraient à la partie inférieure du corps une position plus élevée que celle de la tête, ce qui mettrait de grands obstacles à l'exercice des fonctions, et occasionnerait des congestions cérébrales ; la face aplatie et les yeux dirigés en avant seraient forcément tournés vers la terre.
Rappelons aussi le mode d'articulation de l'os de la cuisse avec le bassin, la largeur et l'inclinaison de cette ceinture osseuse, le volume et la force des muscles destinés à étendre et à maintenir étendues les différentes brisures des extrémités inférieures, puis les inflexions de la colonne vertébrale, et enfin le mode d'articulation de la tête qui se tient, d'ellemême pour ainsi dire, en équilibre au sommet de cet axe osseux^ sans nécessiter de grands efforts musculaires (pl. VII). Ajoutons que la pression atmosphérique maintient la tête du fémur appliquée dans la cavité cotyloïde. Toutes ces dispositions, si bien prises pour élargir autant que possible la base de sustentation, donnent aux parties inférieures du corps de l'homme la solidité nécessaire, et témoignent de l'harmonieux ensemble que présentent les divers compartiments de cette machine vivante, si merveilleusement disposés pour un seul et m^me but.
La marche est l'acte par lequel l'homme et les animaux se