‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 234 sur 265 · PARTIE m. MÉCANISME DES MOUVEMENTS · texte numérisé non relu

PARTIE m. MÉCANISME DES MOUVEMENTS

transporient d'un lieu dans un autre, par une suite de mouvements qu'exécutent leurs jambes, sans se détacher entièrement à la fois du sol, comme ils le font dans la course et dans le saut. Si l'homme est debout et que ses deux pieds soient posés parallèlement sur le sol, tout le corps se porte sur l'une des jambes qui reste immobile, pour lui fournir un point d'appui. La flexion des jambes a lieu de la manière suivante : la cuisse se plie sur le bassin, la jambe sur la cuisse, et le pied sur la jambe. Mais la flexion de la cuisse sur le bassin ne peut avoir lieu sans porter en avant le genou ainsi que tout le membre : alors tous les muscles qui avaient concouru à cette élévation totale du membre se relâchent, la tête et le corps entier s'inclinent en avant ; la verticale abandonne le membre fixé, pour se porter sur celui qui vient d'agir et qui va servir maintenant de point d'appui à tout le corps, pendant que l'autre membre exécutera un mécanisme semblable.

Dans la marche sur un sol ascendant, il n'y a plus de difficultés à fairepasser sans cesse le poids du tronc du membre qui est resté en arrière sur celui qui est porté en avant, parce qu'il faut le mouvoir contre l'ordre de la gravitation qui tend toujours à le ramener vers le premier ; aussi penche-t-on le corps en avant. C'est surtout au genou de la jambe qui est portée en avant que se fait sentir la fatigue, comme si les muscles extenseurs de la jambe, prenant cette fois -ci leur point d'appui fixe sur cette partie, cherchaient à tirer à elle avec effort la cuisse et tout le tronc. 11 y a aussi fatigue du mollet du membre qui est resté en arrière, parce que ces muscles étendent le plus possible le pied sur les orteils.

Dans la descente, les phénomènes sont inverses et la fatigue résulte des efforts que l'on fait pour combattre la tendance qu'a le corps à tomber en avant, c'est aux muscles de la région vertébrale qu'est surtout rapportée la fatigue. Dans ces différents cas un escalier est plus commode, parce qu'on peut placer le pied à plat.

^a sûreté delà marche est toujours en raison directe du degré d'écarlement des pieds, et en raison inverse de la mobilité du sol qui nous supporte. Ce n'est qu'après un certain temps

178 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.

que lesmalelots marchent avec assurance sur le pont des vaisseaux ; aussi, dès qu'ils ont contracté le pied marm, il est trèsaisé de les reconnaître à terre, par l'habitude qu'ils ont prise d'écarter considérablement les pieds. Les membres supérieurs ne sont pas inactifs, pendant la marche ; ordinairement, le bras de la jambe qui oscille se porte en arrière et lui fait équilibre. .Le corps entier se porte en avant, comme pour lutter contre la résistance de l'air. C'est en obéissant au même principe, que, pour tenir un bâton en équilibre sur le bout du doigt, nous le dévions de la verlicale, afin que la résistance de l'air ne le renverse pas en arrièi e.

Le saut est un mouvement par lequel l'homme se projette enl'air, et retombe sur le sol, aussitôt que l'impulsion est détruite. Le mécanisme du saut repose entièrement sur la flexion préalable de toutes les articulations et sur leur extension subite. Lorsqu'un sauteur veut s'élancer, il s'abaisse en se pliant sur lui-même ; le pied se fléchit sur le dos des orteils, la jambe se fléchit en avant sur le pied détaché du sol par le talon ; la cuisse se fléchit aussi, mais en arrière, sur la jambe ; le tronc avec le bassin se fléchissent, en avant, sur la cuisse ; et même, lorsqu'il veut sauter de toutes ses forces, le tronc se fléchit sur lui-même comme le ferait un ressort. Dans ces préliminaires du saut, les membres inférieurs et le tronc figurent une suite de zigzags ou de leviers infléchis dans leurs articulations. Au moment de la projection du saut, toutes ces articulations s'étendent et s'ouvrent à la fois; le pied comprimant alors brusquement le sol qui résiste, l'impulsion semble se réfléchir sur le corps et le projeter en l'air : comme le fait une verge élastique que l'on plie contre le sol et qu'on abandonne tout à coup à son élasticité.

Une course préparatoire augmente beaucoup l'étendue du saut en avant ; lorsqu'on prend son élan, le corps acquiert une force d'impulsion bien supérieure à celle qu'il aurait eue si l'on s'était élancé du sol, en partant d'une situation fixe.

Les bras influent aussi sur la production du saut et sur son étendue ; soit qu'ils fassent l'office d'ailes, soit que les muscles qui servent à les élever exercent en même temps sur le

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