PARTIE III. — MÉCANISME DES MOUVEMENTS
de travail, dans sa journée, quand il se repose de temps en temps, que lorsqu'il agit d'une manière continue.
Pour apprécier la grandeur du travail que Tliomme peut effectuer, il faut tenir compte du chemin qu'il peut faire parcourir à l'objet de ses efforts.
S'il a une très-grande résistance à vaincre, il se fatiguera beaucoup en peu de temps, et ne déplacera l'objet que d'une petite quantité.
Si la résistance à vaincre est médiocre, il pourra, dans une journée, déplacer l'objet d'une quantité notable, et il en résultera une plus grande somme de travail.
L'homme ne doit donc exercer à chaque instant qu'une portion de l'effort maximum dont il est capable.
On a déterminé par des expériences comparatives :
1° La grandeur de la force que l'homme doit déployer;
2° La vitesse avec laquelle doit être déplacé l'objet auquel s'applique cette force, et c'est ainsi qu'on a appris que, dans la sonnette à iiraude, un homme peut soulever un poids de vingt kilogrammes à un mètre de hauteur, à raison de vingt coups par minute et en travaillant ainsi trois ou quatre minutes sans se reposer.
Dans la manœuvre du cabestan^ la pression exercée par chaque homme est de douze kilogrammes, avec une vitesse de plus de trois mètres par minute.
Dans la manœuvre d'une manivelle d'un rayon de trentedeux centimètres, la pression est de sept à huit kilogrammes, à raison de vingt cà vingt-cinq tours par minute.
Le maximum de travail que l'homme peut fournir consiste dans rélévation successive de son corps sur une roue à chevilles qui redescend sous son poids. IJ peut réaliser ainsi, en huit heures, le travail représenté par l'élévation d'un poids de un kilogramme à deux cent soixante mille mètres de hauteur, , ou d'un poids de deux cent soixante mille kilogrammes à uu mètre de hauteur.
182 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.
Organes producteurs des sons. — Voix.
La voix est une faculté intellectuelle et morale par laquelle riiomme traduit ses sentimenls et ses pensées. Elle consiste dans la production de sons par le larynx ; mais cet organe où l'air vibre et résonne sur certaines parties dites cordes vocales n'est pas le seul qui prenne part à Texercice de la voix. On doit, en effet, ajouter les poumons qui, comme le soufflet de l'orgue, chassent l'air à travers le larynx; et le tuyau vocal (pharynx, bouches, fosses nasales), qui modulent et corroborent les sons.
Le larynx est une espèce de boîte cartilagineuse (pl. IV, fîg. 6 et 7) suspendue à Fos hyoïde (h), mue par des muscles et formée, en avant et latéralement, par les cartilages thyroïde (th) et cricoïdes, en arrière par les cartilages arythénoïdes qui soutiennent les bords de la glotte, ouverture du larynx dans l'arrière -gorge. L'extrémité inférieure du larynx se continue par la trachée-artère. Cet appareil est d'un tissu élastique dont toutes les parties vibrent simultanément. Les cordes vocales {cv) sont des ligaments saillants qui transforment le calibre du larynx en une fente dirigée d'avant en arrière et que l'on nomme glotte. Cette ouverture peut être fermée par un petit corps qui la surmonte, nommé épiglotte {ep). On appelle ventricules du larynx l'espace compris entre les cordes vocales supérieure et inférieure d'un même côté.
Le larynx est situé à la partie antérieure du pharynx ; il présente, sous la peau, chez les sujets maigres, une saillie très-apparente à laquelle le vulgaire donne le nom de pomme d'Adam y et qui est formée par le cartilage thyroïde. La grandeur de cet organe varie selon les âges, mais, toutes propor- , ions gardées, elle est plus considérable dans l'homme que dans la femme.
L'abaissement du larynx coïncide toujours avec le relâchement des cordes vocales et l'élargissement de la giotte. L'élévation du larynx coïncide avec la tension des cordes vocales et le resserrement de la glotte.
TARTTE III. — VOIX.
Le larynx est indispensable à la production de la voix. Un animal peut être privé de cette faculté, si on lui ouvre la trachée-artère; car alors l'air, pouvant sortir à travers celte issme accidentelle, ne reçoit plus les vibrations qui lui auraient été imprimées dans le larynx : on la rétablit immédiatement en rapprochant les lèvres de la plaie.
Le larynx a été regardé par les physiologiste*^ comme agissant, dans la production de la voix, de la même manière qu'un instrument à anche, dont les tons sont d'autant plus aigus que les lames sont plus raccourcies, et d'autant plus graves qu'elles sont plus longues. Si Ton prend le larynx d'un animal quelconque et qu'on y pousse de l'air, au moyen d'un soufflet^ par la trachée-artère, en ayant soin de comprimer cet organe de manière que les lèvres de la glotte se touchent, à l'instant il se produira un son analogue à la voix de l'animal. Cette expérience, faite sur des larynx humains, a donné lieu à la production artificielle de la voix humaine. L'intensité du son, comme dans tous les instruments à vent, dépend, en partie, de la force du courant d'air; aussi sont- ce les individus à large poitrine qui peuvent soutenir, le plus longtemps, la voix dans toute sa force.
Le mécanisme de l'appareil vocal consiste en : 1° l'élévation du larynx ; 2° l'abaissement du larynx ; 3° le rétrécissement de la glotte; 4° l'élargissement de la glotte. Le son est produit par l'écoulement périodiquement variable de l'air à travers la glotte, et ce sont les variations qui déterminent la tonalité des sons de la voix.
L'étude de la voix de l'homme révèle l'art infini avec lequel est construit l'organe qui la produit. Nul instrument de musique n'est comparable à celui-là (car les orgues et les pianos, malgré toutes leurs ressources, sont imparfaits sous d'autres rapports).
Quelques-uns de ces instruments, comme les tuyaux à bouche, ne permettent pas de monter du piano au forte; dans d'autres, comme dans tous ceux dont on joue par percussion, il n'y a pas moyen de soutenir le son. L'orgue a deux registres, celui des tuyaux à bouche el celui des tuyaux à anche :
184 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.
SOUS ce point de vue, il ressemble à la Yoix humaine avec ses registres de poitrine et de fausset. Mais aucun de ces instruments ne réunit tous ces avantages comme la voix de l'homme.
Dans le larynx, les modifications du timbre résultent des conditions générales de l'organisme et de l'action de toutes les parties de Tappareil phonateur; aussi l'intensité de la voix est- elle liée au volume du larynx. Mais c'est particulièrement dans l'ensemble du tuyau vocal qu'on trouve la cause de ces modifications.
Le pharynx, la bouche et les cavités nasales, en agissant plus ou moins séparément, ou en combinant leur action, donnent au son des timbres très-variés. Si le tuyau a une grande dimension, le son augmente de volume et devient lourd ou sombre. Le timbre est, au contraire, d'autant plus clair ou criard, que les dimensions du tuyau sont plus petites.
Dans les sons graves^ les cordes vibrent dans toute leur longueur, l'air expiré sort par toute Tétendue de la glotte. A mesure que les sons s'élèvent^ la glotte se resserre antérieurement, ses lèvres ne vibrent qu'en arrière.
Pour la production des sons très-aigus^ les cordes vocales ne vibrent plus qu'à leur extrémité arythénoïdienne. — Le nerf laryngé qui anime le muscle arythénoïdien étant coupé, les sons aigus sont perdus. C'est surtout pendant l'expiration que se produit la voix, mais on peut arriver aussi à la produire dans l'inspiration.
Lorsque le son traverse les cavités nasales, il peut se présenter trois cas principaux :
Premier cas, La bouche étant fermée, si le son est poussé à travers les cavités nasales, celles-ci lui livrent passage sans qu'il puisse s'y arrêter et y retentir, et le timbre est très-lègèrement nasonné.
Bi^uxième cas. Si l'écoulement du son peut se faire par la bouche, tandis que l'orifice extérieur des fosses nasales est fermé, le timbre devient extrêmement nasillard, si on dirige le son dans les cavités nasales, car il retentit dans toute leur étendue.