PARTIE III. — SYSTÈME NERVEUX. j
troisième membrane, appelée dure-mère, qui se moule exactement sur ses parties, les force, par sa résistance, à conserver leur forme propre, et empêche leur contact immédiat et leur affaissemenf.
Mais rien n'est plus propre à prott^ger l'encéphale que la boîte osseuse dans laquelle il est contenu (pl. VII, fîg. 2). Le crâne, en effet, par son épaisseur, sa forme arrondie et ses nombreuses articulations, est capable c!!e résister à de grands efforts. Un choc reçu par une partie quelconque de cette voûte vient se briser, en rayonnant, dans les sutures qui unissent les os nombreux concourant à sa formation.
Le crâne se dilate en proportion du développement du cerveau, et revient sur lui-même par suite de la diminution du volume de cet organe. — Georges III, roi d'Angleterre, a offert un remarquable exemple de ce retrait du crâne : sa tête avait été moulée, pendant sa jeunesse et avant 1787, époque de son premier acte de folie; en 1820, il mourut ; sa tête, de nouveau moulée, présenta une diminution notable de l'angle frontal. M. Fossati possédait ces deux bustes.
Les os du crâne sont recouverts par la peau qui, à la tête, a reçu le nom de cuir chevelu, non-seulement parce qu'elle est garnie de cheveux, nouveaux moyens protecteurs, mais encore parce qu'elle est plus dense etplus résistante que dans le reste du corps. Les cheveux, étant mauvais conducteurs du fluide électrique, mettent la tête dans une espèce d'isolement, d'où il résulte que le cerveau reçoit une influence moins marquée de la part de ce fluide.
Nous avons vu, en traitant la mécanique animale, de quelles merveilleuses précautions avait été entourée la structure du crâne et de la colonne vertébrale ; ces notions trouvent ici une application directe. Il est très-rare de voir une lésion de la moelle épinière; ce qui prouve que la nature a mis pour la protéger au moins autant de sollicitude que pour défendre le cerveau.
Cette prévoyance était, en effet, d'autant plus nécessaire, que la texture déhcate de la moelle épinière ne pourrait recevoir ni le plus petit ébranlement, ni la moindre compression,
STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.
sans que ses fonctions en fussent tout à coup troublées. Outre les os nombreux dont se compose la colonne vertébrale, v, v' v" (pl. VII, fîg. 2), plusieurs couches musculaires la recouvrent encore; leur épaisseur prévient TefTet des violences extérieures, qui est presque toujours funeste.
Fonctions du système nerveux
On sait maintenant que non-seulement le cerveau est le siège principal des mouvements et des perceptions, mais encore qu'il est Forgane exclusif des manifestations de l'intelligence. L'homme auquel on enlève un membre ne perd rien de sa force intellectuelle ; la moelle épiniôre elle-même peut être lésée jusqu'au voisinage du crâne, sans que les facultés de Tâme soient abolies.
L'organe du moral est le cerveau ; les actes intellectuels et moraux sont liés à l'organisation, et sont servis par elle.
Notre sentiment intime nous fait rapporter à la tête le lieu où se produisent la plupart de nos actes intellectuels et moraux; c'est là qu'on rapporte la fatigue qui suit un emploi trop prolongé des facultés de l'esprit : l'intégrité du cerveau est nécessaire à leurs manifestations. De nombreuses observations de maladies, et des expériences sur les animaux, ont mille fois prouvé cette proposition. L'altération de toute autre partie du corps, même des parties principales, de la moelle épinière, par exemple, laisse souvent le moral intact. Si quelquefois le contraire arrive, et qu'il survienne du délire, à l'occasion de l'inflammation du poumon, de l'estomac, de l'intestin, cela s'explique par les réactions sympathiques des organes lésés sur le cerveau.
Quelques auteurs ont placé le siège du sentiment ou des facultés affectives dans certains organes de la vie intérieure. Bichata indiqué le système nerveux organique, en se fondant sur les trois considérations suivantes ;
1 0 Sur ce que c'est aux divers organes intérieurs et plus particulièrement à la région épigastrique, que nous rapportons le sentiment qui accompagne une passion;