PARTIE III. — SYSTÈME NERVEUX
est de 3 1 2,000 kilomètres par seconde et plus lente encore que celle de l'électricité qui est de 460,000 kilomètres, dans le même espace de temps.
Nerfs moteurs et seiisitifs.
Parmi les nerfs qui naissent de la moelle épinière, il en est un certain nombre qui ne servent qu'à la transmission des impressions, d'autres qui sont destinés uniquement à déterminer, sous l'influence de la volonté, des contractions musculaires.
Dans le point où ces nerfs sortent de la moelle épinière, ces deux espèces de fibres sont encore séparées et constituent deux racines distinctes, Tune située au-devant de l'autre (pl. VII, fig. 1 et 8);
La racine antérieure sert aux mouvements ;
La racine postérieure, à la sensibilité.
Aussi, lorsqu'on coupe, sur un animal vivant, les racines antérieures de tous ces nerfs, il ne peut plus se mouvoir, mais conserve la sensibilité; tandis que c'est le contraire qui alieu, si l'on coupe les racines postérieures^ sans blesser les racines antérieures. Charles Bell eut le premier l'ingénieuse pensée que les racines postérieures des nerfs rachidiens, celles qui sont pourvues d'un ganglion , président au sentiment seul que les racines antérieures sont destinées au mouvement, et que les filets primitifs de ces racines, ap^^-s s'être réunis en un cordon nerveux, se mêlent ensemble p. ^^r subvenir aux besoins de la peau et des muscles. Il développa '^-^tte idée dans un petit ouvrage qui n'était point destiné à sortir du cercle de ses amis. Onze ans plus tard, M. Magendie présenta la même théorie. Le mérite lui appartient de l'avoir introduite dans la physiologie expérimentale. Voici la manière dont ces deux savants physiologistes ont cherché à la démontrer : Que l'on coupe, sur la même grenouille, du côté gaucho les trois racines postérieures, et du côté droit les trois racines antérieures des nerfs destinés aux pattes de derrière, on trouve que le sentiment est aboli dans la patte gauche, et le mouve-
196 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE L'hOMME.
ment dans la patte droite. Si l'on coupe alors le bout de la patte droite, qui conserve le sentiment et a perdu le mouvement, /'animal témoigne une vive douleur, dans toutes les parties de son corps, par les mouvements qu'il exécute; mais il lui est impossible de remuer la patte droite, bien que la douleur s'y fasse sentir également ; si l'on coupe le bout de la patte gauche, qui est mobile encore, mais insensible, l'animal ne ressent rien. Cette expérience est, sans contredit, la plus frappante de toutes, et elle donne un résultat complet, décisif, absolu.
La distinction dont nous venons de parler permet de comprendre, mieux qu'on ne l'avait fait, les phénomènes compliqués de l'état léthargique. Si, en effet, les racines antérieures (locomotrices) des nerfs racbidiens, si les nerfs moteurs de la langue, les nerfs moteurs des yeux, les nerfs moteurs de la face sont seuls affectés et privés de leur fonction physiologique spéciale, la locomotion, il pourra arriver que le léthargique ait, par l'intégrité des nerfs sensibles, la conscience de ce qui se passera autour de lui, mais qu'il soit dans l'impossibilité d'exprimer ses sensations ; puisque ni ses membres, ni ses yeux, ni sa langue, ni aucune autre partie de son corps régie par les nerfs locomoteurs ne peuvent être remués. Dans cet horrible état, il pourra voir et entendre les préparatifs de ses funérailles, se sentir descendre dans la tombe et s'y entendre renfermer, sans pouvoir donner aucun signe de la vie qui ne l'a pas encore abandonné et qui persistera, longtemps peut-être, après qu'il aura été inhumé.
Rapports du cerveau et des manifestations intellectuelles.
C'est sur la considération de la masse et du volume du cerveau que reposent plusieurs moyens par lesquels on a cherché à juger, à priori, du degré d'intelhgence des divers hommes et des aptitudes instinctives des animaux.
Ainsi, chez un idiot, au lieu de cinquante-un centimètres de circonférence qu'a le cerveau d'un homme adulte et sain, on ne trouvera que quarante centimètres de circonférence. Si