‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 243 sur 265 · SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

SYSTÈME NERVEUX

le moral varie dans un même individu selon son Age, l'état de veille ou de sommeil, de santé ou de maladie^ c'est que le cerveau est lui-même différent dans chacun de ces états. Les animaux ont tous une psychologie particulière, et, comme le prouve Fanatomie comparée, leur cerveau a une structure spéciale, un développement particulier.

Nous avons déjà fait remarquer (page 19t) que, des deux parties qui composent la tête, le crâne est, ordinairement, en raison du volume du cerveau et la face en raison du développement des organes du goût et de l'odorat; comme ces deux sens sont les plus exclusivement consacrés à des besoins physiques et étrangers à Tintelligence, on a supposé que la proportion respective de ces deux parties, le crâne et la face, pouvait servira préjuger le degré d'intelligence des animaux : l'intelligence étant plus grande là où il y aurait un grand crâne et une petite face. C'est à faire connaître cette proportion respective que tendent les trois moyens dont nous allons parler.

1° \J angle facial de Camper. 11 est formé, d'une part, par une ligne verticale conduite des dents incisives supérieures au point le plus élevé du front, et, de Pautre, par une ligne horizontale conduite de ces mômes dents incisives supérieures à la base du crâne, en passant au niveau du conduit auditif externe. L'homme est de tous les animaux celui qui a cet angle le plus grand : il est de 80 degrés chez l'Européen de 70 degrés chez le Mongol, de 70 degrés chez le nègre; il n'est que de 60 degrés chez l'orang-outang.

Lavater a dressé une échelle des animaux sous le rapport de l'angle facial, depuis la grenouille, où la ligne faciale est très-inclinée, jusqu'à l'Apollon du Belvédère qui a cette ligne tout à fait droite.

2° L'angle occipital de Daubenton. Il est formé, d'une part, par une ligne horizontale tirée du bord inférieur de l'orbite au bord postérieur du grand trou occipital, et, de l'autre, par une ligne verticale tirée du sommet de la têle à l'intervalle des condyles de l'occipital. Il n'est, chez aucun animal, plus

grand que chez Thomme, et cela parce que le trou occipital, chez ce dernier^ est situé tout à fait horizontalement. Chez les animaux où le trou occipital se recule de plus en plus et finit par être situé tout à fait en arrière, à l'opposite de la gueule, cet angle devient, au contraire, de plus en plus aigu.

3° Vaire du crâne, Cuvier compare Vaire du crâne à celle de la face et trouve que chez l'Européen elle est quadruple de celle de la face : dans le Kalmouk, l'aire de la face a déjà augmenté d'un dixième ; dans le .nègre, l'augmentation est d'un cinquième; dans les sapajous, de moitié, dans les mandrills, les deux aires sont égales ; dans le lièvre, l'aire de la face est déjà plus grande du tiers: dans les ruminants, du double; dans le cheval, elle est quadruplé, etc.

Selon Desmoulins, le nombre et la perfection des facultés intellectuelles, dans la série des espèces et dans les individus de la môme espèce, sont en proportion de l'étendue des surfaces cérébrales et, par conséquent, du plissement de la membrane des hémisphères du cerveau.

Selon Gall, le cerveau n'est pas un organe unique, mais un groupe de plusieurs organes qui sont affectés chacun à la production d'un acte moral spécial. Cet auteur a donné pour base à son système les considérations suivantes :

1° Dans la série des animaux, telle psychologie correspond constamment à la structure du cerveau;

2° Chaque sens externe a son système nerveux propre. Les facultés intellectuelles et morales sont multiples, chacune conséquemment doit avoir son organe spécial.

3° Dans les divers hommes on observe beaucoup de variétés psychologiques; ces différences résident non pas dans des différences de la forme générale du cerveau, qui est la même, à peu de chose près, mais dans des différences qui portent sur des parlies isolées de cet organe ;

4^ Dans un même homme, jamais les facultés intellectuelles et affectives n'ont toutes le même degré d'activité ; tandis que l'une prédomine, une autre peut être faible; ce qui s'explique bien par le volume et l'activité plus ou moins grande cLe la portion du cerveau qui préside à ces fonctions ;

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