‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 244 sur 265 · PARTIE lïl. — SYSTÈME NERYEUX · texte numérisé non relu

PARTIE lïl. — SYSTÈME NERYEUX

Lorsqu'on est fatigué par un genre d'occupation, on peut encore se livrer à un autre, et souvent on se procure ainsi du délassement;

6° Souvent la folie, l'idiotie même ne sont relatives qu'à un seul genre d'idées ;

70 Enfin, on a vu bouvent une plaie, une lésion physique du cerveau ne modifier qu'une faculté, en laissant intactes toutes les autres.

Dans la recherche de ces organes spéciaux affectés à telle ou telle faculté, Gall a accordé une attention exclusive aux occupations favorites, aux vocations diverses qui font dire d'un homme qu'il est né poète, musicien^ mathématicien, etc. Il s'est attaché surtout aux personnes qui sont, comme il le dit, génies sur un point, aux fous monomanesy par exemple. 11 a étudié aussi les animaux, en opposant surtout ceux qui ont une faculté à ceux qui ne Tont pas, afin de voir s'il n'existe pas dans le cerveau des premiers une partie qui manque dans celui des seconds, etc.

Il prétendait reconnaître et distinguer, dans chaque personne, les différents organes cérébraux auxquels sont attachés ses facultés et ses penchants particuliers.

Suivant lui, l'organe d'une faculté ou d'un penchant prédominant étant plus exercé que les organes des autres facultés ou penchants, acquiert, par cela même, un volume relativement plus considérable. Cette augmentation de volume s'imprimerait sur la partie correspondante de la face interne du crâne, et y produirait un enfoncement proportionnel; cet enfoncement se prononcerait, à son tour, sur la face externe,/» par une saillie ou bosse qui en retracerait parfaitement les dimensions.

Suivant cette doctrine, pour assigner le lieu qu'occupe chaque organe dans le cerveau, il n'y aurait plus qu'à reconnaître, par un grand nombre d'observations, les saillies ou protubérances qui existent sur le crâne des divers individus, et à déterminer à quelles facultés ou à quels penchants chacune de ces protubérances correspond invariablement.

^00 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.

Voici les sièges que ce physiologiste a assignés aux facultés établies par lui : Vamour maternel, Vamitié et la défense de soimême, aux parties postérieures du cerveau ; les instincts du meurtre^ de la ruse, de la propriété, de la vanité, de la circou" spection, de la poésie aux parties latérales ; Vinstinct de Yéducahilité, les sens des localités, des personnes, des mots, du coloris, des tons, des nombres, les facultés du langage et de la mécanique, celles de la sagacité comparative, de V esprit métaphysique, de Fespnï de sa/ï/fe aux parties antérieures, à celles qui répondent au front ; enfin, les sentiments de V orgueil, du se/is moral, de Vimitation, de Vinstinct religieux et de la fermeté aux parties supérieures du cerveau, à celles qui aboutissent au vertex.

Pour qu'un pareil système fût admissible, il faudrait :

1° Qu'un des éléments de l'activité d'une fonction fût le développement de son organe ;

2^ Que les organes cérébraux aboutissent et s'isolassent à la périphérie ;

3*^ Qu'enfin le crâne représentât fidèlement cette périphérie du cerveau, car ce n'est qu'à travers cette enveloppe osseuee €t les téguments que Gall apprécie l'état du cerveau. Or, toutes ces proportions ne sont vraies que jusqu'à un certain point.

Beaucoup de travaux récents, parmi lesquels nous devons mentionner les recherches savantes de M. le docteur Lélut, ont mis à néant les prétentions exagérées de Vorganologie phrénologique.

Ni le docteur Gall, pendant sa vie, ni ses élèves, depuis sa mort, n'ont répondu aux objections sérieuses qui ont été élevées contre la phrénologie, et que nous allons reproduire ici:

1° La division physiologique du docteur Gall, relative aux fonctions purement intellectuelles, comme toutes les divisions du même genre, se rapporte à une division psychologique tout à fait arbitraire, souvent nominale, et qui n'est appuyée que sur des conjectures et des raisonnements plus ou moins vagues; seulement il admet beaucoup plus de facultés que ses devanciers. On serait tenté de demander à cet anatomiste si la multitude de ces organes a été imaginée pour expliquer le grand nombre de facultés qu'il admet; ou si, au contraire, il

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