‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 246 sur 265 · PARTIE III. — ORGANES DES SENS · texte numérisé non relu

PARTIE III. — ORGANES DES SENS

mêmes causes ; c'est que, d'une part, elle se rapporte à des divisions psychologiques arbitraires, purement nominales ; et que, d'une autre part, elle n'est pas fondée, quoi qu'on en dise, sur des observations positives.

OaGANES DES SENS. — TOUCHER. STRUCTURE DE LA PEAU. — ORGANES DU GOUT ET DE l'oDORAT.

Organes des sens.

Les impressions arrivent au cerveau par l'intermédiaire des nerfs des organes des sens ; nous ne percevons les objets extérieurs qu'au moyen de ces organes : ainsi, nous ne pouvons voir sans yeux^ ni entendre sans oreilles. Non-seulement ces organes nous sont nécessaires, mais il faut encore qu'ils soient sains et dans leur état naturel. En effet, plusieurs maladies des yeux produisent une cécité absolue ; d'autres affaiblissent la vision, sans la détruire tout à fait ; et l'on peut en dire autant des organes des autres sens.

De toutes les opérations de l'esprit, a dit un philosophe, la perception des objets extérieurs est celle qui se répète le plus souvent.

Les sens atteignent toute leur perfection, môme dans l'enfance, quand nos autres facultés ne sont pas encore éveillées. Us nous sont communs avec les animaux, et nous présentent les objets sur lesquels s'exercent le plus fréquemment nos autres facultés.

Dans la perception, les objets extérieurs font sur les organes des sens, sur les nerfs et sur le cerveau, des impressions qui, en vertu des lois de notre nature, sont suivies de certaines opérations de l'esprit. On est sujet à confondre ces deux choses; mais elles doivent être soigneusement distinguées.

Nous ne percevons les objets extérieurs qu'au moyen de certains organes corporels que la Divinité nous a donnés pour cette fin. L'Être suprême, de qui nous tenons l'existence, et qui nous a placés au milieu de ce monde, nous a pourvus de

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facultés convenables à la situation et au rang qu'il nous assignait dans la création.

Nous avons cinq sens, et les sensations de chacun d'eux n'ont rien de commun entre elles. Il n'y en a aucun qui ne nous procure un très-grand nombre de sensations qui diffèrent non-seulement en degrés^ mais encore en nature. Combien d'espèces de saveurs et d'odeurs, toutes susceptibles de tous les degrés^ depuis le plus fort jusqu'au plus faible ! Il en est de même du chaud et du froid, de la sécheresse et de l'humidité, de la rudesse et du poli, de la dureté et de la mollesse, caractères que saisit et perçoit le toucher, qui nous fait connaître les qualités palpables des corps : les sons sont graves et aigus, sourds et éclatants, avec les mêmes différences de degrés. Enfin, il y a bien plus de couleurs que nous n'avons de termes pour les nommer.

Pour percevoir un objet, il faut qu'une impression ait été faite sur un organè, ou par l'application immédiate de l'objet, ou par quelque milieu placé entre l'organe et lui.

Dans trois de nos sens, le toucher, le goût et l'odorat, le contact du corps qui produit la sensation avec l'organe sentant est nécessaire ; dans les deux autres, l'objet est perçu à distance, mais au moyen d'un milieu qui fait impression sur l'organe.

Les vibrations de l'air sont le milieu de l'ouïe, et les rayons lumineux renvoyés des objets à l'œil sont le milieu de la vue. Tout objet qui ne dirige ou ne réfléchit point vers l'œil quelque rayon lumineux est invisible pour nous. Nous n'entendons aucun son, à moins que les vibrations de quelque milieu élastique, excitées par celles des corps sonores, ne viennent frapper notre oreille. Nous ne sentons aucune odeur, à moins que les émanations des corps odorants ne s'introduisent dan? nos narines. Nous ne percevons aucune saveur que par l'application du corps savoureux à la langue ou à quelque partie de Forgaue du goût; et enfin nous ne percevons les qualités tangibles de la matière, qu'en la touchant avec la main ou par quelque autre partie de notre corps.

Les organes des sens sont au nombre de cinq : le toucher, le goût, l'odorat, la vue et l'ouïe. Leurs cara'ctères communs

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