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PARTIE III. — ORGANES DES SENS

Odorat.

L'odoratestle sensàl'aide duquel nous jugeons les qualités odorantes des corps. Cet œil qui voit les corps où ils ont été, esl, comme le goût, une sentinelle placée à l'entrée des voies digestives, et la plus avancée des deux. On regarde généralement aujourd'hui les odeurs comme des parcelles mêmes des corps; mais ces parcelles sont si menues, si subtiles, qu'elles n'ont pu être soumises à aucune investigation. Leur ténuité échappe au calcul, et pourtant on a expérimenté que la particule odorante de Vassa-fœlida présentait, en volume, un trente-huitième de quintillion de centimètre cube, c'est-à-dire qu'elle est mille fois plus ténue que les légers corpuscules qu'on voit s'agiter, par myriades, sur la route d'un rayon de soleil. Le sens de l'odorat est éveillé par des quantités infiniment petites de matière odorante : du papier qui a contenu du musc s'imprègne de l'odeur et la garde des mois, des unnées. Les côtec d'Espagne ont été reconnues à 70 kilom. en mer par l'odeur de romarin qui s'en dégage ; l'île de Ceylan, à 40 kilom. Un morceau de musc ou d'ambre, porté successivement dans plusieurs chambres, les remplit en un instant de l'odeur qui s'en dégage; et cette émanation se prolonge indéfiniment, sans que le poids du corps diminue d'une manière sensible. 11 faut donc que l'organe destiné à reconnaître et à apprécier les odeurs soit doué d'une grande puissance, en môme temps que d'une grande finesse. Les corps retiennent plus ou moins bien les odeurs, suivant qu'ils sont plus ou moins foncés en couleur. Voici leur ordre d'absorption décroissante : noir, bleu, vert.^ rouge, jaune; le blanc n'absorbe presque pas les odeurs.

L*odorat, que Kant appelait le goût à distance, est un réactif plus sensible que ceux de la chimie, car il reconnaît dans l'air la présence de certains corps que les réactifs chimiques ne peuvent déceler. Ce sens réside et s'exerce dans un appareil disposé à cet effet, que l'on nomme les fosses nasales b (pl. VII, fig. 2), Ce sont deux grandes cavités carrées, creusées dans répaisseur des os de la face, et qui communiquent au

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dehors par les ouvertures du nez, au dedans par celles qui s'ouvrent dans le pharynx. L'amplitude des fosses nasales est augmentée en haut par les sinus, en avant par le 7îez dans l'homme, le museau dans quelques animaux. L'air traverse les fosses nasales, entraînant avec lai toutes les parties odorantes des corps. La disposition des fosses nasales est telle, que l'air est porté vers leur partie supérieure. C'est là que viennene s'épanouir les filets déliés du nerf de l'odorat (pl. VIII, fig. i 2) : ce nerf perçoit les odeurs que l'air lui apporte, et c'est par lui que les impressions sont transmises au cerveau.

Les lames osseuses contournées qui sont fixées aux parois des fosses nasales, les sinus creusés dans l'os maxillaire et dans les os frontaux servent à emmagasiner l'air odorant, ils augmentent l'étendue de l'organe de l'odorat, et présentent aux molécules odorantes des points de contact plus nombreux. Ces lames sont appelées cornets des fosses nasales; il y en a deux de chaque côté, b (pl. VIT, fig. 2, soulevez le lambeau),

La membrane qui tapisse les fosses nasales porte le nom de membrane pituitaire; elle s'applique sur tous les feuillets osseux, dont elle augmente l'épaisseur. La pituitaire est douce et molle au toucher; elle sécrète le mucus nasal, humeur très-utile dans les fonctions de l'odorat. L'anatomie comparée démontre que la perfection de l'odorat résulte toujours du plus grand développement des cavités nasales et des sinus qui en dépendent. Dans le chien, les sinus frontaux ont une ampleur considérable. La longueur du groin du cochon explique la finesse de l'odorat dont est doué cet utile animaL

C'est le mouvement d'inspiration qui fait pénétrer dans l'intérieur des fosses nasales les molécules odorantes. On a constaté qu'en pratiquant sur des animaux une ouverture à la trachée-artère, et en empêchant ainsi l'air de la respiration d'arriver aux poumons par les fosses nasales, ces animaux n'avaient plus d'odorat.

On peut supprimer à volonté l'odorat, et se soustraire à la sensation de vapeurs désagréables, en suspendant Ig respiralion par le nez.

On exalte ce sens, au contraire, en inspirant avec plus de

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