‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 251 sur 265 · PARTIE m. — ORGANES DES SENS · texte numérisé non relu

PARTIE m. — ORGANES DES SENS

force, ou en faisant de petites inspirations, rapidement répétées. L'animal qui halène cherche dans l'atmosphère la couche chargée d'une substance odorante, et pour cela il exécute en diverses directions des mouvements inspiratoires qui se succèdent avec vitesse. Une fois qu'il a découvert cette to iche, il la suit de la même manière. Le courant des odeurs peut aussi être favorisé par le vent. Les herbivores n'ont besoin que de ce véhicule pour sentir des odeurs développées à de grandes distances.

11 en est du sens de l'odorat comme de celui du goût ; en général, il se perfectionne avec Tâge, à moins que des habitudes destructives ne l'aient émoussé, comme cela n'a lieu que trop souvent, par Tusage qu'on a contracté d'introduire dans le nez des substances irritantes.

La transmission des impressions de ce sens est fort simple. Les substances odorantes, disséminées dans l'air, à l'état de gaz, ou peut-être même de poussière fine, sont amenées aux surfaces de la membrane muqueuse par le mouvement de l'inspiration. Le mucus nasal s'imprègne aussi de ces particules odorantes et les arrête. L'air qui sort de la bouche peut aussi faire naître la sensation d'odeurs, quand il est chargé de susbstances développées, soit dans les organes respiratoires, soit dans les organes digestifs.

Indépendamment de l'odorat, le nez possède le sens du toucher, par le moyen des filets nasaux de la seconde et de la troisième branche du nerf tri-jumeau. En effet, il sent le froid, le chaud, les démangeaisons, le chatouillement, la pression, la douleur. Ces nerfs ne sauraient remplacer le nerf olfactif, comme le démontre l'exemple des personnes qui, privées d'odorat, n'en ont pas moins une sensibilité tactile très-développée dans le nez.

Certaines substances, gazeuses ou vaporeuses, font aisément confondre la sensation tactile avec la sensation olfactive ; telles sont l'ammoniaque à l'état de gaz, les émanations du raifort, de la moutarde, etc. Les sensations qu'elles procurent ressemblent beaucoup à celles du toucher, et l'analogie devient plus frappante encore lorsqu'on réfléchit que ces vapeurs

214 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.

acres agissent pour ainsi dire de même sur la membrane muqueuse des paupières.

On cite plusieurs faits curieux qui tendraient à établir que certains hommes jouissent d'une grande puissance d^odoraU "Woodwart parle d'une femme qui reconnaissait dans Tair une odeur sulfureuse et prédisait les orages, plusieurs heures à l'avance. On nous a transmis l'histoire d'une jeune fllle sourde et aveugle^ pour qui l'odorat était un puissant auxiliaire du toucher. Souvent elle allait dans les champs cueillir des fleurs sans autre guide que les parfums qui s'échappaient des plantes.

Si l'on en croit le chevalier Digby, un enfant qui avait élé élevé dans une forét^ où il n'avait vécu que de racines, distinguait par l'odorat l'approche des étrangers. Plus tard, rendu à la vie commune, il perdit en grande partie cette sensibilité olfactive. Il y a des peuplades entières qui jouissent de la . môme faculté : les Hurons, les Mohicans, les sauvages de l'Amérique du Sud et, en général, tous les nègres reconnaissent au flair la trace d'un homme, et distinguent si c'est celle d'un blanc ou d'un noir.

ORGANES DE LA VUE ET DE l'oUIE, FONCTIONS DE LEURS PARTIES ESSENTIELLES.

Vue.

La vue est un sens à Taide duquel nous pouvons juger la couleur, la distance et le volume des corps de la nature, par le moyen de la lumière. Ce sens, que Buffon appelait un toucher lointain, a pour effet de peindre au fond de l'œil les images des corps qui nous environnent, et de transmettre au cerveau les impressions de ces images. « Cette manière admirable dont nos yeux aperçoivent les objets, a dit Voltaire, et dont les tableaux de tout ce que nous voyons se peignent sur la rétine, est une peinture divine, dessinée suivant toutes les lois des mathématiques, et, par conséquent, ainsi que tout le reste, elle est de la main de l'éternel géomètre, en dépit de ceux qui font les entendus et qui feignent de croire quî

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