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PARTIE III. — ORGANES DE LA VISION

myope a donc la vue trop courte. Ainsi, chez les myopes, le? humeurs sont trop réfringentes, ou l'œil a une moindre profondeur. On remédie à ce vice, qui est très-fréquent dans la jeunesse, par l'emploi des verres bi-concaves qui augmentent la divergence naturelle des rayons lumineux. Beaucoup de myopes finissent par ne plus avoir besoin de verres : le dessèchement des membranes et la diminution des humeurs, par les progrès de l'âge, amoindrissent la convexité de l'œil, et font sur eux un effet contraire à celui qui a lieu chez les personnes dont le globe de l'œil était d'abord bien conformé.

Les presbytes ont une organisation inverse, ils voient fort loittj ils ont même la vue trop longue, car elle ne dislingue les objets qu'à une distance de plus de 30 centimètres. Chez eux la cornée plus aplatie, le cristallin moins dense ou moins convexe, la rétine trop voisine du cristallin, etc., n'arrivent à réunir les rayons lumineux qui doivent former l'image qu'au delà de la place occupée par la réfine.

On remédie à ce défaut, qui arrive avec l'âge et est fréquent dans la vieillesse, par l'emploi de verres bi-convexes, qui rapprochent les rayons.

Ainsi ces deux états de la vision sont, en quelque sorte, inverses l'un de l'autre : dans le premier cas, les rayons, envoyés par des objets trop éloignés, se réunissent trop tôt avant d'arriver à la rétine ; dans le second, les rayons, envoyés par des objets trop proches, arrivent à la rétine avant d'avoir eu le temps de se réunir.

Dans la myopie ^ l'image est confuse, parce qu'elle vient de loin.

Elle est confuse dans la presbytie, parce qu'elle vient de près.

Le strabisme est dû à ce que les points correspondants de la rétine ne sont pas affectés par la même sensation, ou, en d'autres termes, à ce que les points de sensation unique ne sont pas homologues. Le bo?i œil alors regarde directement l'objet, et Vœil louche se tourne de manière à faire tomber l'image sur les points qui peuvent donner une sensation unique; d'où il suit que son axe n'est pas dirigé vers l'objet.

228 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.

La rétine éprouve souvent des sensations dues à des causes étrangères et différentes de la lumière extérieure. Telles sont les figures produites par la pression exercée sur l'œil; les apparitions lumineuses isochrones aux battements du poulsespèce de sautillements pulsatifs dans le champ visuel; les figures électriques dans l'œil compris dans un courant gai, vanique ; Fapparition spontanée de lumière dans le champ visuel d'yeux tenus fermés : l'apparition d'une foule de petits corps noirs et pourvus de queues qui sortent et courent en toutes sortes de directions.

On a souvent cité l'exemple de personnes qui, par une disposition innée de leur rétine, distinguent mal les couleurs, et d'autres qui confondent plus ou moins ensemble des couleurs totalement différentes.

Il existe encore une anomalie de la vision qui consiste dans l'image d'objets qui se trouvent dans l'intérieur de l'œiî même, et qui projettent une ombre sur la rétine. Telles sont les figures filiformes et contournées, dans lesquelles semblent être contenues des séries de globules. Ces figures sont mobiles ; leurs parties ne conservent pas la môme situation les unes à l'égard des autres, et elles-mêmes changent de place dans le champ visuel. Par un mouvement énergique de l'œil, on peut les transporter un peu de côté ou vers le haut, mais elles reparaissent bientôt, et, quand on les a fait monter, elles redescendent peu à peu. Chez certains individus, elles sont en grand nombre dans le champ visuel, quoiqu'on n'aperçoive bien nettement que celles qui sont au milieu. Il leur arrive souvent, dans les expériences d'optique, de se placer au-devant de l'objet qu'on examine, et de contrarier les recherches. Beaucoup de personnes ne les connaissent pas, tandis qu'elles deviennent pour d'autres un véritable sujet de tourment. On les a désignées sous le nom impropre de mouches volantes, en les confondant à tort avec certains phénomènes de \ision qui accompagnent la formation de la cataracte ; car elles sont fort innocentes et n'influent en rien sur la bonté de la vue. On ignore encore si elles tiennent ou non à des particules flottantes dans l'humeur aqueuse ou- dans le corps vitré»

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