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ORGANES DE L^OUIE

Ouïe.

Bernardin de Saint-Pierre a dit de Touïe qu'elle était le sens immédiat de l'intelligence.

La fonction de ce sens est de nous donner l'impression des sons et de nous faire apprécier la nature des corps, leur distance, leur direction, etc.

L'oreille est l'organe de l'ouïe ; c'est à l'aide de cet appareil que l'animal perçoit les sons que produisent les mouvements vibratoires imprimés aux molécules des corps, par la percussion ou par une autre cause : ce mouvement vibratile se communique à l'air ou à tout autre corps aboutissant à l'oreille» L'effet de ces vibrations sur l'oreille se nomme son ou bruit»

Son.

Toute production de son suppose un milieu gazeux dans lequel le son se propage. Si on suspend une sonnette dans le vide, on n'entend plus de son, quoiqu'on agite la sonnette; on le perçoit, au contraire, si on laisse pénétrer un peu d'air, et alors l'intensité du son est toujours en raison directe de la quantité d'air qui entoure le corps en vibration : elle augmente ou diminue en même tenaps que la densité du milieu qui le transmet. Aux régions polaires les voyageurs prétendent que la voix porte à une distance étonnante. Au sommet du mont Blanc, où l'air est très-raréfîé, un coup de pistolet ne fait pas plus de bruit qu'un coup de fouet dans la plaine.

Le son devient faible à mesure qu'il s'éloigne du corps qui le produit, à cause de l'augmentation non interrompue de la surface d'ébranlement ; mais si la masse d'air dans laquelle le son se propage est contenue dans un cylindre creux, le son conserve à peu près toute sa force : ce fait curieux a été mis hors de doute par les belles expériences de Biot. Ce savant physicien eut à sa disposition, dans un aqueduc de Paris, plusieurs tuyaux de fonte qui représentaient, bout à bout, un cylindre creux de neuf cent cinquante et un mètres de long. A cette distance la voix la plus basse était entendue, et l'on

230 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.

distinguait parfaitement les paroles prononcées aussi bas que lorsqu'on parle à l'oreille. Un coup de pistolet, tiré à l'ouverture de cette suite du tuyaux, fit entendre à l'autre extrémité une explosion considérable, et l'air fut chassé avec assez de force pour éteindre une bougie allumée.

Tous les sons se propagent avec la môme vitesse dans un môme milieu. Cette vitesse est de 340 mètres par seconde dans l'air, à la température de 16°; elle est de 1 500 mètres, dans l'eau et de 3 000 mètres à travers les corps solides.

Tous les corps élastiques peuvent produire le son. Les molécules d'air qui sont en contact avec les différents points de ces corps reçoivent des mouvements semblables à ceux de ces points : elles vont et reviennent avec eux. Chaque molécule communique le mouvement à celle qui est derrière, celle-ci à une troisième, et ainsi de suite. L'impulsion donnée à une molécule d'air se propage successivement dans toutes les directions ; les ondes semblent se propager circulairement, avec une intensité décroissante, à peu près comme celle que produit une pierre lancée au milieu d'une nappe d'eau tranquille.

Il est facile de prévoir que le son ne doit pas se faire entendre au môme instant pour des observateurs placés à des distances différentes. Cela s'observe, en effet, dans l'explosion d'une arme à feu ou de la foudre. La lumière devance le coup d'un laps de temps d'autant plus grand que l'observateur est plus éloigné du corps qui a produit le choc.

Le son se présente sous deux états : l*' le son musical ou la série de vibrations isochrones de l'air se produisant avec une concordance parfaite pour l'intensité, la hauteur et le timbre ; 2° le bruit ou choc instantané des molécules de l'air qui n'est, ainsi que Ta si bien dit Rousseau, « que la somme d'une multitude confuse de sons divers qui se font entendre à la fois et contrarient, en quelque sorte, mutuellement leurs ondulations. »

Le son se réfléchit à la manière de la chaleur et ûq la lumière ; il éprouve une réflexion dirigée de telle sorte que l'angle de réflexion est égal à l'angle d'incidence. C'est sur

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