PARTIE III. — ORGANES DE l'OUIE. 23 a
effet, le pavillon se détache et laisse à découvert la portion osseuse de l'appareil auditif. Cette portion a été divisée en deux pour montrer la cavité du tympan, le muscle interne du marteau n, le muscle de l'étrier m, et la trompe gutturale de l'oreille La figure 6 représente les rapports dans lesquels se trouvent entre elles les trois parties principales de l'organe de l'ouïe : a, b, oreille externe ; d, e, f, les trois canaux semicirculaires; /, le limaçon. Ces canaux contiennent des tubes membraneux sur lesquels se ramifient les branches du nert acoustique qui se distribuent dans ces cavités.)
Nous avons dit que les membranes qui ferment la fenêtre ovale et la fenêtre ronde communiquent : la première, dans le vestibule et les canaux semi-circulaires ; la seconde, dans le limaçon. C'est dans le vestibule et les nerfs acoustiques que réside la partie essentielle de l'appareil auditif ; les parties accessoires que nous avons décrites sont destinées à perfectionner cet appareil et peuvent, pour la plupart, être détruites, même chez l'homme, sans qu'une surdité complète ré~ suite nécessairement de leur perte.
Mécanisme de l'ouïe.
On pense que le pavillon remplit l'office d'un cornet acoustique recueillant les sons et les réfléchissant sur la membrane du tympan. On a avancé que les courbures en étaient géométriquement disposées, de manière à présenter, dans toutes les directions possibles, une surface perpendiculaire à la direction des ondes sonores. Le conduit auditif externe sert à garantir la membrane du tympan de l'action trop directe de l'air et des agents extérieurs, les poils et le cérumen qu'on j trouve remplissent le même but. Lorsque le son est parvenu à la membrane du tympan, celle-ci, en raison de sa nature sèche et vibratile, reçoit et partage promptement les oscillalions sonores.
La caisse du tympan sert à propager les ondes sonores, soit par la chaîne des osselets, soit par ses parois, soit surtout par l'air qu'elle contient (pl. Ylil, fîg. 8).
23 4 STRUCTURE ET PHYSIOLOGIE DE l'hOMME.
La trompe gutturale de Foreille, qui s'ouvre dans le pharynx (pl. VIII, fig. 8, lambeau), introduit et renouvelle sans cesse l'air dans la cavité du tympan ; elle est l'analogue du trou percé sur la caisse d'un tambour, et sans lequel Tair n'éprouverait aucun mouvement vibratile.
Les diverses cavités du labyrinthe sont remplies par une pulpe gélatineuse enveloppée d'une membrane fine et élastique, dans laquelle plongent les filets les pltsg déliés du nerf acoustique. C'est sur ces filets que produisent leur impression les ondes sonores transmises dans le vestibule et les canaux semi-circulaires par la membrane de la fenêtre ovale, et celles qui arrivent dans le limaçon par la membrane de la fenêtre ronde. On a calculé que la durée de l'impression est d'un 32« de seconde, on le démontre à l'aide de la sirène de Cagniard-Latour dont le son est formé par une succession de chocs, au lieu de l'être par une succession de vibrations élastiques. Si les chocs dépassent 32 vibrations par seconde^ on n'a plus que la sensation d'un son continu, parce que la durée de l'impression est plus grande que l'intervalle de temps qui les sépare.
Les expériences de Savart portent à croire que les vibrations qui frappent le pavillon de l'oreille se propagent, par l'intermédiaire de son cartilage, aux portions cartilagineuses et osseuses du conduit auriculaire^ et^, par là, à la membrane du tympan et à la portion osseuse de la paroi externe de la caisse, et avec d'autant plus de succès par les os de la tête, qu'ils sont plus minces, et rendus plus caverneux par les cellules dont ils sont creusés.
La paroi externe delà caisse, vibrant dans sa portion osseuse et dans sa membrane, communique ses ébranlements à l'air et aux osselets, qui forment une sorte de tige osseuse, solide, qui transmet à la membrane de la fenêtre ovale, avec plus de force et de rapidité, les ébranlements qu'elle éprouve. Ces osselets sont disposés et agissent, malgré leurs articulations, comme une pièce de bois qui, traversant un appartement, unirait ses deux portes opposées, et permettrait aux coups frappés à l'une de retentir directement contre l'autre.