ABSORPTION
ment la propriété qu'ont certains corps de se pénétrer mutuellement.
Les tissus absorbent plus ou moins un même corps, en vertu de propriétés qui ne sont pas connues. Ainsi tel poison qui reste sans effet sur la muqueuse de l'estomac, est rapidement absorbé par celle des poumons. Les membranes muqueuses absorbent plus rapidement que la peau, et ce dernier lissu se montre d'autant plus perméable qu'il est moins épais, moins dense et revêtu d'un épiderme plus mince. L'absorption est, à plus forte raison, très-rapide par inoculation, c'est-àdire quand la substance qui doit être absorbée est introduite dans la profondeur des tissus. Quel que soit, du reste, le point dans lequel se fait l'absorption, elle a lieu par les vaisseaux lymphatiques et surtout par les veines. Les veines absorbent un plus grand nombre de substances que les lymphatiques et les transportent plus vite que ces derniers vaisseaux dans la circulation, elles se chargent particulièrement des matériaux qui doivent être rejetés de l'économie, tandis que les lymphatiques absorbent de préférence ce qui peut encore être assimilé. Les veines et les vaisseaux chylifères, qui sont une variété de lymphatiques, absorbent dans la muqueuse intestinale les produits utiles de la digestion, mais les chylifères s'emparent des graisses et les veines plus spécialement des boissons, de Talbumine, du sucre et des sels.
On sait avec quelle rapidité certaines substances, introduites dans le tube digestif ou dans les poumons, passent dans d'autres organes et s'exhalent ou sont éliminées. C'est ainsi qu'on a reconnu la présence du cyanure de potassium et de fer dans la vessie, dix mi-
nutes après son ingestion dans l'estomac ; l'indigo, l'acide gallique et d'autres matières colorantes ou d'une odeur caractéristiqu€ parcourent ainsi en quinze ou vingt minutes les détours nombreux de la circulation.
L'absorption est bien plus rapide encore, comme nous l'avons dit, quand elle a lieu par la peau dépouillée de son épidémie. Cinq à six minutes suffisent alors en général pour que les alcaloïdes extraits du pavot et de la belladone manifestent leur action sur le système nerveux ; on voit même dans certains cas cette action se produire en quelques secondes ; d'autres substances, notamment le sulfate de cuivre, ont sur l'estomac un effet presque aussi prompt, de même que le chloroforme et plusieurs gaz, mis en contact avec la muqueuse pulmonaire, déterminent des phénomènes qui peuvent se développer avec une rapidité foudroyante. La médecine tire un grand secours de cette propriété absorbante des tissus, grâce à laquelle bien des douleurs sont épargnées chaque jour à l'humanité.