‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 46 sur 265 · PLÈVRE. — POUMONS · texte numérisé non relu

PLÈVRE. — POUMONS

quel elles s'adossent, et parviennent, en se séparant de nouveau, aux bords du sternum, d'où nous les avons fait partir. L'espace qu'elles laissent entre elles derrière le sternum est le médiastin antérieur, séparé, comme on voit, du médiastin postérieur par le cœur et la racine des poumons. A la partie supérieure de la poitrine, les plèvres forment une cavité conique qui reçoit le sommet du poumon, en bas elles revêtent la face supérieure du diaphragme. Dans le médiastin postérieur sont logés l'œsophage, l'aorte, la veine azygos, le canal thoracique et la partie inférieure de la trachée-artère. Au médiastin antérieur répondent le péricarde ^ enveloppe du cœur, et le thymus^ organe dont les fondions ne sont pas connues.

Ainsi la partie de la plèvre qui enveloppe les organes de la poitrine et celle qui tapisse les parois de cette cavité, sont appliquées Tune à l'autre, sans adhérence, dans l'état normal, et permettent mouvements d'expansion et de retrait des poumons et des parois thoraciques. La nature séreuse des plèvres assure la liberté de ces mouvements, et prévient toute rudesse dans le frottement continuel des surfaces.

Organes de la respiration. Poumons, Comme leur nom l'indique, les poumons {pneumôn, dapneo, je respire), sont l'organe essentiel de la respiration. Au nombre de deux, mais recevant l'air d'un même canal et le sang d'un seul vaisseau, ils doivent être considérés comme l'expansion terminale des ramifications de la trachée-artère, ou, si l'on veut, comme les deux têtes d'un même arbre. Placés dans la poitrine dont ils occupent la plus grande partie, et qui est comme leur moule

LE CORPS HUBIAIN.

(fig. 23, p. 104), ils représentent deux cônes irréguliers, reposant par leurs bases sur le diaphragme, remplissant de leurs sommets les deux espaces coniques

Fig. 25. — Les poumons et le cœur.

A A Poumons dont les bords antérieurs sont écartés pour laisser voir le cœur et les bronches.

B Cœur. •

C Aorte.

D Artère pulmonaire.

E Veine cave supérieure.

F Trachée-artère.

G G Bronches.

H H Artères carotides.

I I Vemes jugulaires.

J J Artères sous-claviéres. K K Veines sous-clavières.

P P Cartilages costaux.

Q Artère cardiaque antérieure.

R Oreillette droite.

que tapisse la plèvre à la partie supérieure du thorax, et séparés par le cœnr et le médiastin. Le poumon

t VÉSICULES PULMONAIRES. 119

droit, plus court et plus large que le gauche, est divisé dans sa hauteur en trois lobes par deux scissures obUques ; le gauche n'offre qu'une scissure. La face interne des poumons est concave ; vers son milieu, dans la racine des pouîïions, s'engagc^nt les bronches et les vaisseaux pulmonaires ; leur base se moule sur la convexité du diaphragme ; leur bord, mince en avant et en bas, épais et arrondi en arrière, recouvre en partie le cœur et remplit l'espace qui sépare le diaphragme des parois thoraciques, ainsi que la gouttière comprise entre les côtes et les vertèbres. Toute la surface des poumons, recouverte par la plèvre, est lisse et humectée de sérosité. / Le tissu propre du 'poumon, ou imrenchy me pulmonaire^ est d'un rose grisâtre, mou, spongieux, élastique, crépitant sous la pression, à cause de l'air qu'il renferme. Il est divisé en lobules polyédriques, très-variables dans la forme et la disposition des facettes qui permettent leur juxtaposition exacte et sans intervalles, séparés par des cloisons de tissu cellulaire, indépendants et sans communication entre eux. Chacun de ces lobules forme une grappe de petits alvéoles, appelés cellules ou vésicules pulmcnaires^ fermées en cul-de-sac et recevant l'air des ramifications bronchiques, dont €lles sont les renflements terminaux. Le diamètre des vésicules pulmonaires est de 5 à 8 centièmes de millimètre ; on peut juger d'après cela de la ténuité de leurs parois dans l'épaisseur desquelles rampent cependant des vaisseaux capillaires. Chaque lobule représente donc un petit poumon, diminutif de l'organe entier. Un ramuscule bronchique et une petite artère s'y rendent, des veines et des vaisseaux lymphatiques en partent. A

la surface du poumon les lobules se présentent circonscrits par leurs cloisons intermédiaires et forment une mosaïque dont la teinte marbrée varie du rose au noir. Ces particules noires se composent principalement d'une substance charbonneuse qui pénètre dans le poumon, soit avec Tair, soit avec le sang, et qu'on nomme charbon piilmonoire.

Fig. 26. — Coupe montrant les ramifications des bronches dans les poumons.

A Trachée-artère.. D D Ramuscules bronchi-

B C Bronches. ques.

Les poumons reçoivent l'air par le larynx, la .trachéeartère et les bronches. Le larynx, organe de la voix, et dont nous parlerons plus loin, se continue par son orifice inférieur avec la trachée-artère. Celle-ci représente

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un tuyau cylindrique un peu aplati en arrière, composé d'une série d'anneaux cartilagineux réunis par une membrane fibreuse et tapissée inlérieurement d'une membrane muqueuse : elle est placée à la parlie antérieure du col et se dirige verticalement de haut en bas. Les anneaux de la trachée-artère, interrompus dans leur circonférence vers le quart postérieur du canal aérien, n'embrassent pas tout son pourtour ; ce sont, à proprement parler, des arcs. Au nombre de seize à vingt, ils forment autant de saillies à la surface de la trachée, dont ils rendent le toucher onduleux et rude. C'est de là qu'est venu le nom de trachée-artère {trachys^ rude; arteria, artère), ce canal ayant été confondu primitivement avec les vaisseaux artériels, que l'on croyait destinés aussi à contenir de l'air.

A la hauteur de la troisième vertèbre dorsale, la trachée se divise en deux conduits que l'on nomme les bronches, et qui, parvenus à la racine des poumons, donnent naissance à des ramifications nombreuses, désignées sous le même nom que leurs troncs d'origine, et de plus en plus déliées. Des deux bronches principales, la droite est plus large que la gauche, et la gauche a deux fois la longueur de la droite, l'une et l'autre sont ainsi que leurs ramifications jusqu'à une certaine limite, constituées, comme la trachée-artère, par des anneaux cartilagineux incomplets, une membrane fibreuse et une muqueuse à épithélium cylindrique et pourvu de cils vibratiles. A partir du calibre d'un demi-millimètre environ, les ramuscules bronchiques n'ont plus d'anneaux cartilagineux, leur membrane muqueuse s'amincit et n'est plus séparable de leurs parois. Ils continuent à se subdiviser et se terminent, comme nous

l'avons dit, par les vésicules pulmonaires dont l'agglomération en grappes constituent les lobules du poumon, et dans lesquelles la membrane muqueuse n'est plus qu'une couche d'épithélium pavimenteiix.

Indépendamment de l'artère et des veines pulmonaires, par lesquelles le sang noir arrive au poumon et retourne au cœur transformé en sang artériel, c'est-à-dire outre les vaisseaux destinés à Tliématose, les artères et les veines bronchiques font circuler dans les poumons le sang destiné à la nutrition de ces organes. De plus, il paraît probable que le parenchyme pulmonaire utilise pour lui-même une partie du sang rouge qui se produit dans ses cavités. On rencontre aussi dans les poumons des vaisseaux lymphatiques fort nombreux. Les nerfs qui s'y distribuent viennent du pneumogastrique et du système ganglionnaire.

Respiration. La respiration est une fonction caractésée par Tintroduction de l'oxygène de l'air dans le sang et l'expulsion, sous forme gazeuse, d'une partie des matériaux inutiles ou nuisibles à l'organisme. Elle se divise en deux temps : Vinspiration^ pendant laquelle l'air atmosphérique pénètre dans les vésicules pulmonaires, et Vexpiraîicn, qui chasse des poumons l'air modifié pendant son séjour dans les organes. Parvenu dans les vésicules du poumon, l'air s'y trouve séparé du sang par leurs parois et par celles des capillaires qui s'y ramifient. Si minces que soient ces membranes, elles suffisent à contenir dans des cavités distinctes l'air et le sang, mais ici, comme dans l'absorption intestinale, on voit se produire un phénomène analogue à ceux de l'endosmose et de Texosmose. L'oxygène de l'air traverse donc les parois des vésicules pour se combiner avec le sang,

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