‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 47 sur 265 · RESPIRATION. — HÉMATOSE · texte numérisé non relu

RESPIRATION. — HÉMATOSE

tandis que ceux des gaz contenus dans ce dernier fluide qui doivent être éliminés s'en séparent et vont se mêler à l'air qui les emporte avec lui dans Texpiration. C'est, €omme on voit, un échange de gaz qui se fait entre l'air et le sang, le premier abandonnant au second de l'oxygène et en recevant d'autres fluides gazeux, parmi lesquels l'acide carbonique domine comme volume. Ce dernier gaz, en excès dans le sang veineux, s'exhale au dehors, tandis que l'oxygène de l'air se combine avec le sang rapporté au cœur par les veines, privé d'une partie de ses éléments nutritifs et devenu impropre à l'entretien de la vie. Au contact de l'oxygène le sang veineux perd sa teinte noirâtre, devient d'un rouge éclatant et retourne au cœur transformé en sang artériel. L'ensemble de ces phénomènes est ce qu'on nomme la sanguification, Vhématose,

Ainsi, d'une part l'oxygène atmosphérique est absorbé par le poumon, d'autre part le poumon exhale de l'acide carbonique, de l'azote et de la vapeur d'eau. D'où proviennent ces gaz et cette eau? L'acide carbonique ne s'est pas produit uniquement dans les poumons. Le sang veineux arrive dans l'organe de la respiration pauvre en oxygène et, relativement, chargé d'acide carbonique qu'il a reçu, dans son parcours, de tous les tissus ; partout cet acide a été produit par la combinaison du carbone avec l'oxygène emprunté à l'air inspiré, et transporté par le sang artériel dans l'économie. En un mot, l'oxygène combiné au sang pendant la respiration s'en est séparé peu à peu dans les capillaires du €orps entier, pour faire naître des produits nombreux et, entre autres, de l'acide carbonique. Au sortir du cœur et dans les artères, le sang contenait 24 centimè-

très cubes pour 1000 d'oxvgène, dans les .veines il n'en contient plus que H pour 1000. Quant à l'azote et à la vapeur d'eau, l'un est dégagé, l'autre produite pendant ce même travail de la nutrition, et tous deux sont puisés par l'organisme dans les principes qu'y introduisent la digestion et la respiration.

Chaleur animale. Ce fut Lavoisier qui, le premier, constata l'absorption de l'oxygène dans la respiration et montra par des expériences l'analogie qui existe entre les fonctions respiratoires et la combustion, a La respiration n'est, dit-il, qu'une combustion lente de carbone

et d'hydrogène Dans la respiration comme dans

la combustion, c'est l'air de l'atmosphère qui fournit l'oxygène... Mais dans la respiration, c'est la substance môme de l'animal ; c'est le sang qui fournit le combustible... »

On a cru longtemps que cette combustion avait lieu seulement dans le poumon ; mais l'expérience, en confirmant la découverte de Lavoisier, a démontré partout où le sang artériel porte l'oxygène, c'est-à-dire dans l'organisme entier, l'oxydation des éléments carbonés et hydrogénés qu'il renferme. Cette combustion lente des éléments du sang, au contact de l'oxygène absorbé, est la source de la chaleur animale. Elle se produit incessamment, avec une activité variable, préparant l'assimilation des principes que le sang apporte dans les organes et l'élimination de ceux qui, |)lus ou moins oxydés, s'exhalent sous forme de gaz et de vapeur d'eau où s'échappent par différentes voies de sécrétion.

Le développement de la chaleur animale varie sensiblement, quoique dans des limites restreintes, suivant l'activité des réactions chimiques qui le produisent.

CHALEUR ANIMALE

Aussi le sang n'a-t-il pas la même température dans les différentes parties du système vasculaire. Il est moins chaud dans l'artère rénale, au moment d'entrer dans le rein, qu'il ne l'est dans la veine rénale, en sortant de l'organe où il a subi une élaboration, source de chaleur ; la même cause élève sa température dans le foie, d'où il sort plus chaud qu'il n'y est entré. Au moment où sa température vient d'être ainsi élevée, il arrive dans les cavités droites du cœur d'où il passe dans les poumons. Là il se charge d'oxygène, mais en même temps il se refroidit au contact de l'air inspiré, plus froid que l'air expiré, et il revient dans les cavités gauches du cœur, moins chaud qu'il ne l'était dans les cavités droites. Sur d'autres points il est plus chaud dans les artères que dans les veines. Ces différences de température ne vont pas toutefois au delà de ^ à de degré.

C'est surtout dans les profondeurs des organes et des tissus qu'ont lieu ces réactions chimiques, aussi la température est-elle plus élevée de plusieurs degrés dans les parties centrales du corps qu'à la périphérie et aux extrémités soumises d'ailleurs aux causes extérieures de refroidissement. L'oxydation du sang est surtout activée par le travail de la digestion et par le mouvement, c'està-dire par la contraction musculaire, qui augmente rapidement, comme on sait, la chaleur du corps.

L'homme produit en 24 heures, par une température moyenne, une quantité de chaleur suffisante pour élever à 100'' (eau bouillante) 25 kilogrammes d'eau à 0° (glace fondante). Cette chaleur se perd par le contact de l'air, Févaporation et le rayonnement; mais elle permet à l'homme de vivre sous tous les climats, à la condition

de régler convenablement son entretien et sa déperdition.

Mécanisme de la respiration. Nous avons vu que la respiration se divisait en deux temps, l'inspiration et l'expiration. Dans V inspiration, le diaphragme se contracte et s'abaisse en refoulant les organes abdominaux, les côtes s'élèvent, par la conlraction de muscles nombreux, en môme temps que le sternum, qui se. porte en avant, les espaces intercostaux s'élargissent et la poitrine se développe dans toute son ampleur, suivant ses diamètres vertical, antéro-postérieur et transversal. Dans Vexpiration^ les muscles inspirateurs se relâchent et d'autres muscles, notamment ceux de l'abdomen, abaissent les côtes et le sternum en resserrant la poitrine, tandis que les poumons, distendus par l'air inspiré, reviennent sur eux-mêmes sous la pression des parois tlioraciques et par leur propre élasticité. Les expériences de M. Duclienne (de Boulogne) tendent à prouver que cette contraction des poumons est due aux fibres musculaires qui accompagnent les bronches jusque dans leurs dernières ramifications.

La plupart des inspirations s'effectuent par le mouvement du diaphragme et des côtes inférieures seulement. De temps en temps une inspiration plus large et plus complète détermine le soulèvement non simultané mais successif de la base, puis du sommet du thorax. Dans le premier cas; la respiration est diaphragma tique ; lorsque les côtes inférieures et moyennes se soulèvent, elle est dite latérale ; enfin, quand la première côte et la clavicule prennent part au mouvement, la respiration est costo supérieure ou claviculaire. Dans la respiration

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