‹ Le corps humain [electronic resource]Chapitre 58 sur 265 · CIRCULATION PULMONAIRE · texte numérisé non relu

CIRCULATION PULMONAIRE

de même que la veine cave supérieure ; mais, avant d'arriver à celle-ci, le sang reçoit dans les sous clavières, la lymphe et le chyle que lui apportent les deux troncs principaux du système lymphatique ; les éléments de la nutrition, puisés dans l'intestin, viennent remplacer ceux qui, tout à l'heure, ont été livrés à l'assimilation. Ainsi reconstitué partiellement, le sang va, par les veines caves supérieure et inférieure, se jeter dans Toreillette droite, et l'oreillette, en se contractant, le chasse dans le ventricule droit.

Voilà le sang revenu au cœur; mais, bien qu'enrichi des produits assimilables de la digestion, il est incomplet et doit se transformer pour redevenir un sang parfait, le sang artériel ; c'est dans les poumons qu'aura lieu cette élaboration du sang, Vhématose.

Circulation pnlmoucnre. Le ventricule droit se contracte, le flot de sang veineux ferme la valvule tricuspide et passe dans Vartère pnhnonaire. Cette artère et toutes ses ramifications contiennent du sang noir ou veineux, tandis que les veines pulmonaires, comme nous allons le voir, charrient du sang rouge ou artériel ; c'est donc à leur direction, du cœur aux poumons ou des poumons au cœur, que les vaisseaux de la circulation pulmonaire doivent leurs noms. L'artère pulmonaire est, comme l'aorle, pourvue à son orifice de trois valvules dites sigmoides. Du ventricule droit aux ramuscules de l'artère pulmonaire, le sang n'a que peu de distance à parcourir et ne rencontre pas de résistance comparable à celle que lui offre le système artériel de la grande circulation ; aussi les parois du ventricule droit sont moins épaisses que celles du veritri-

cule gauche et sa force est moins grande. Dans les capillaires des poumons, la marche du sang diffère de vitesse suivant que la respiration est facile ou gênée, soit par un obstacle, soit par le séjour dans un air impropre à Faccomplissement des fonctions respiratoires. Les capillaires sont répartis dans la substance du poumon de telle sorte qu'ils correspondent aux vésicules pulmonaires.

(V. Piespiratioîi, p. 11 9.) C'est dans ces divisions ultimes du poumon que l'oxygène de l'air se combine avec le sang veineux chargé d'acide carbonique et le transforme en sang artériel. Les globules rouge-brun du sang veineux prennent , au contact de l'oxygène, une couleur vermeille et rutilante, le sang perd, au contact de l'air inspiré, un peu plus de calorique que ne lui en fournit la combustion du carbone et, révivifié par les mystérieux phénomènes de Thé- Fig. 29. — Trajet fictif du matose, il pénètre dans les radicules sang dans la circulation, yeines pulmonaires, obéissant à

A Marche du sang veineux. iv i • •> i , • i

B Marchedusang artériel. 1 impulsiou première du vcutricule, au vis a tergo, comme dans le système veineux général, mais avec plus de vitesse. Il revient ainsi jusqu'à l'oreillette gauche qui le transmet immédiatement au ventricule, où son trajet circulaire se termine pour recommencer aussitôt.

La circulation peut donc être divisée en deux périodes simultanées ou, comme on l'a dit, le cercle fictif parcouru par le sang se compose de deux segments

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illégaux que décrit la colonne liquide ; le segment supérieur est la circulation pulmonaire ou petite circulation, le segment inférieur est la circulation générale ou grande circulation.

Influences qui accélèrent ou ralentissent les batte^ mentsducœur. Chez l'adulte, à l'état normal, le cœur bat communément soixante fois par minute et le pouls donne, par conséquent, ce même nombre de pulsations ; mais diverses causes peuvent augmenter ou diminuer la fréquence de ces mouvements.

Ils deviennent plus fréquents pendant la digestion, et sous l'influence des excitants conime l'alcool, le café, etc. ; l'abstinence les ralentit au contraire. Le travail intellectuel accélère aussi l'action du cœur, qui se calme pendant le sommeil et prend part, dans une certaine mesure, au repos de tous les organes. Un spectacle inattendu, un mot qui frappe l'oreille, une pensée qui traverse l'esprit , donne lieu à des pulsations fortes et rapides ; on sait qu'Erasistrate découvrit la cause du mal qui menaçait la vie d'Antiochus, en plaçant sa main sur le cœur du jeune prince au moment où Stratonice paraissait à sa vue. Le pouls est encore accéléré par l'exercice musculaire et en raison de la violence des efforts. Mais ici la cause amssante est complexe, car la respiration devient aussi plus fréquente, et cette fonction est une de celles qui ont le plus d'influence sur la circulation. Dans la respiration ordinaire, chaque inspiration donne au mouvement du sang plus de force dans les artères, et si la respiration devient plus active, on le reconnaît aux pulsations de l'artère radiale. Lorsqu'au contraire la respiration est suspendue

OU restreinte dans son amplitude, la circulation est ralentie et le pouls bat avec moins de force : en un mot, dans la plupart des conditions physiologiques, il existe un rapport constant d'accroissement et de diminution entre les mouvements respiratoires et les battements du cœur. L'ampliation et le resserrement alternatifs des parois de la poitrine sont une des causes principales qui agissent alors sur la circulation en facilitant l'afflux du sanii dans la cavité thoracique et déterminant son expulsion.

La pression atmosphérique influe aussi sur la fréquence des battements du cœur, mais seulement dans certaines conditions. Il n'est pas rare de rencontrer, dans les hautes vallées des Alpes, des hommes dont le pouls bat entre 50 et 60 fois par minute, peut-être même cette moindre fréquence est-elle plus commune chez les montagnards qui vivent à une altitude de 1000 mètres et plus, que dans les pays peu élevés. On peut donc considérer l'altitude comme sans influence sur la circulation chez les personnes qui séjournent depuis longtemps à un certain niveau. Mais si l'on s'élève rapidement à une grande hauteur, on remarque dans le pouls une augmentation de fréquence très-sensible. Les ascensions aérostatiques et les voyages dans les montagnes en fournissent la preuve. Ce n'est pas à la locomotion et aux efforts musculaires que cette accélération du pouls peut être attribuée chez Taéronaute ou le voyageur à cheval, c'est principalement à la fréquence plus grande de la respiration dans un air moins dense. La diminution de pression atmosphérique agit aussi dans le même sens, en relâchant les vaisseaux, mais l'abaissement de la température, à mesure qu'on s'élève, semble devoir neutraliser

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