IMAGES RENVERSÉES
tions nombreuses que fit sur son opéré l'habile chirurgien ne permeti^ent pas de supposer qu'une circonstance aussi importante lui ait échappé.
Suivant M. Lamé, nous jugeons que les objets sont droits, quoique nous les voyions renversés, par la conscience des mouvements que nous imprimons aux axes optiques de nos yeux pour regarder successivement les différents points des objets, du sommet à la partie inférieure.
Fig. 58. — Marche des rayons lumineux dans l'œil. II M P Rayons lumineux partant d'un objet. h mp Rayons lumineux rélractés et peignant sur la rétine l'image renversée.
Mûller dit que nous voyons les objets renversés, mais que tout se présentant à nous dans les mêmes conditions de position relative, rien ne peut nous paraître renversé, puisque nous voyons tout dans ce sens et que les idées de position droite ou renversée n'existent que par opposition.
Longet explique la vision droite en admettant que tout point lumineux extérieur est senti dans l'œil suivant la direction qu'il occupe par rapport à nous. Il faut, dit l'éminent physiologiste, considérer la surface
sphérique concave de la rétine comme formée par une mosaïque, dans laquelle chaque particule élémentaire est une sorte d'œil affecté à la perception des diverses impressions lumineuses dans une direction déterminée. Tout pinceau de lumière émané d'un point radieux et formant un cône, dont le sommet et l'axe normal correspondent à l'une de ces particules, sera senti dans la direction de la ligne joignant le centre de la surface sphérique au point regardé. Si l'on raisonne ainsi pour chacun des points qui constituent Tensemble d'un objet visible, la perception de chacune des parties se faisant dans la direction réelle, celle de l'ensemble se trouvera dans les mêmes conditions par rapport à l'observateur. L'image formée sur la rétine n'est donc pas vue comme un ensemble tout fait, chacun des points lumineux concourant à sa formation impressionne isolément le cerveau, chacun est senti suivant la direction primitive du rayon de lumière, et l'ensemble est vu dans sa position réelle.
Fonctions de Viris, Pour que la vision soit nette, il faut que les rayons lumineux pénètrent dans l'œil suivant la direction de ce qu'on nomme l'axe visuel, et les mouvements variés de l'organe tendent sans cesse à l'orienter, de manière à ce que cette condition soit remplie ; il faut aussi que l'intensité de la lumière ne soit ni trop grande ni trop petite et que les rayons ne traversent que la partie centrale et non les bords du cristallin. Pour obtenir un résultat analogue dans quelques-uns de leurs instruments, les opticiens les divisent au moyen d'une cloison percée d'un trou central, c'est ce qu'on nomme un diaphragme. Nous trou-