STRUCTURE DE L’ESTOMAC. CRAMPES, CAACER, ULCÈRE
simple de l’esxomao. — Cet organe est composé de quatre membranes superposées, qui sont de dehors en dedans : la séreuse , la musculeuse , la celluleuse et la muqueuse. On rencontre, en outre, dans sa structure, des glandes , des vaisseaux et des nerfs.
La membrane celluleuse, intermédiaire à la tunique musculeuse et à la tunique muqueuse, a été considérée comme la charpente de l’estomac.
La membrane séreuse est une dépendance du péritoine. Elle enveloppe l’estomac de toutes parts et se porte des bords de cet organe
DE LA DIGESTION
vers le côlon transverse, le foie et la rate, pour former les replis appelés épiploons. C’est entre les lames de ces replis que glisse 1 estomac dans son état de distension.
La membrane musculeüse est formée de trois ordres de fibres : les premières sont longitudinales ou superficielles, les deuxièmes circulaires ou moyennes et les troisièmes elliptiques ou profondes. On a donné le nom de cravate de Suisse à un faisceau musculaire étendu sur le bord supérieur de l’estomac et formé de fibres longitudinales.
D’après M. Sappey, les fibres longitudinales ont pour attribution de développer le cardia; les fibres circulaires, de faire passer les aliments d’une tubérosité de l’estomac à l’autre, et les fibres elliptiques, de diriger les aliments vers le pylore. L’action commune des fibres musculaires stomacales concourt à pétrir et à brasser les matières alimentaires avec les boissons pour en faire une pâte liquide, grisâtre et homogène, appelée chyme (yp\xbq, suc).
C’est la contraction spasmodique de ces fibres musculaires qui détermine les douleurs plus ou moins vives, dites crampes d'estomac.
Chez les animaux qui avalent leurs aliments sans les mâcher, la tunique musculaire de l’estomac doit remplir le rôle de dents, et présente, pour ce motif, une épaisseur considérable : c’est ce qu’on observe dans le gésier des oiseaux et, en particulier, des gallinacés. Il est vrai que ces organes sont toujours pourvus de petits cailloux qui facilitent le broiement des graines. On sait que les estomacs de dindons sont assez puissants pour briser les noix avec lesquelles on les engraisse. Il paraît que des balles de plomb peuvent être aplaties par les contractions stomacales de l’autruche.
Réaumur a retiré du gésier d’un coq des tubes de verres qui y avaient été aplatis et sur lesquels ce savant réussit à « faire la pirouette » sans les briser. Les expériences de Spallanzani sur l’énergie des contractions de l’estomac chez les oiseaux de basse-cour sont encore plus concluantes. Il se servit de pigeons sortant du nid et n’ayant pas encore reçu de pierres avec la becquée paternelle ; il leur fit avaler des tubes de fer-blanc qu’il retrouva froissés et des petites boules de verre qui s’étaient rompues.
Les parois de l’estomac de l’homme sont si peu épaisses, qu’un grain de raisin peut parcourir toute la longueur du tube digestif sans être rompu. Celte faible épaisseur prouve que cet organe est destiné à recevoir des aliments qui ont subi préalablement la mastication. Aussi l’absence de dents et la trop grande rapidité des repas sont-elles les principales causes des maladies de l’estomac. On a souvent répété que la moitié de la digestion se fait dans la bouche, et un proverbe allemand dit avec raison que la bouche est le médecin de Vestomac.
La membrane muqueuse tapisse la cavité de l’estomac. A jeun, sa
couleur est d’un blanc cendré ; elle devient légèrement rosée au moment de la digestion. La surface libre de la muqueuse stomacale est comme veloutée; aussi Fallope lui avait-il donné le nom de tunique villeuse (de villosus, velu). Cette surface présente des rides et des plis très-saillants, qui s’effacent par la distension (pl. III, H).
La tunique muqueuse renferme dans son épaisseur deux sortes de glandes en tubes. Les unes sécrètent un mucus destiné à lubrifier la paroi interne de la muqueuse, et les autres (fig. 333) président à la sécrétion du suc gastrique , qui est l’agent chimique de la digestion stomacale. Les glandes à suc gastrique se rencontrent dans toute l’étendue de la muqueuse stomacale, à l’exception de la région pylorique,qui est exclusivement occupée par les glandes à mucus.
Le liquide aqueux et filant, vulgairement appelé pituite ou phlegme , que les ^ buveurs, les fumeurs et quelques personnes nerveuses rejettent, surtout le matin, en plus ou moins grande quantité, n’est autre chose que du mucus stomacal mélangé à un peu de bile. Celle-ci reflue de la première portion de l’intestin dans l’estomac, sous l’influence des secousses du vomissement.
La grande quantité de mucus que renferme l’estomac des chameaux a fait croire que ces animaux ont la propriété de conserver, dans cette poche, l’eau qu’ils boivent avant de se mettre en route.
L’inflammation de la muqueuse stomacale constitue la gastrite; mais cette maladie n’est pas aussi commune que le pensait Broussais* C’est une erreur, on le sait, encore fort répandue.
Le cancer envahit souvent cette membrane : les chagrins et l’hérédité sont considérés comme les causes principales de cette affection. Plusieurs auteurs ont douté de l’influence de l’hérédité sur le cancer stomacal. Il est, en effet, peu probable, selon la remarque de M. Luton, qu’une maladie qui se développe cinquante à soixante ans après la naissance soit transmissible des parents aux enfants. Cependant Napoléon Ier est mort, comme son père, d’un cancer à l’estomac.
La muqueuse stomacale peut encore être le siège d’un ulcère simple j dit ulcère rond, à cause de sa forme la plus commune. Au contraire du cancer de l’estomac, l’ulcère simple se termine le plus souvent paf la guérison.
Fig. 333- — Glande composée du suc gastrique.
DE LA DIGESTION
Les artères de l’estomac dessinent autour de cet organe un véritable cercle sanguin, d’où partent des rameaux qui se ramifient à l’infini et viennent former dans la tunique muqueuse un réseau d’une extrême richesse. C’est de ce réseau que s’écoule le sang qui colore en noir les selles et les vomissements des individus affectés de cancer stomacal.
Fig. 334. — Sarciae.
Cette coloration noirâtre est due à l’altération que le suc gastrique a fait subir au sang épanché à l’intérieur de l’estomac; elle est si foncée dans la plupart des cas, qu’on a l’habitude de la comparer à celle de la suie ou du marc de café. On rencontre encore, dans les matières rejetées par les cancéreux, un parasite végétal appelé sarcine fobS chair) (flg. 334).
Si, au lieu de suinter des vaisseaux capillaires, le sang provient d’une grosse artère, comme on l’observe parfois dans l’ulcère simple de l’estomac, il résulte une hémorrhagie qui peut être foudroyante. Dans ce cas, le sang rendu par les vomissements conserve sa couleur rutilante, parce qu’il n’a pas eu le temps de subir un commencement de digestion.
C’est à cet accident que Littré, dans sa Philosophie positive, attribue la cause de la mort d’Henriette-Anne d’Angleterre. On’ sait que Bossuet caractérisa la fin rapide de cette princesse par ces paroles célèbres : « Madame se meurt, Madame est morte ! »
Les nerfs de l’estomac viennent du pneumogastrique et du grand sympathique. La disposition do ces troncs nerveux le Ion» de la colonne vertébrale rend compte de l’irradiation douloureuse que les personnes affectées de gastralgie ou névralgie de l’estomac ressentent dans la région dorsale.
tèmpS COnnexio”s ?U1 existent entre le grand sympathique et le sysème nerveux de la vie animale expliquent l’influence des affections
étro tfsvmnir^^ kS 3UtreS fonctions de l’économie. Celte ' P ' fr,en connue des anciens qui appelaient l’es-
tomac « le père de famille ». De son côté, La Fontaine a bien exprimé l’importance de «Messer Gaster » en disant :
S’il a quelque besoin, tout le corps s’en ressent.