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C. — DU PHARYNX

SITUATION. RAPPORTS ET USAGES DU PHARYNX. — Qn

nomme pharynx ((papuy?, gosier) un canal musculo-membraneux qui s’étend de la base du crâne à l’œsophage. Ce conduit sert de vestibule commun aux voies digestives et respiratoires; il joue, de plus, un rôle important dans le renforcement des sons vocaux.

La forme du pharynx est celle d’une gouttière verticale ouverte en avant, dilatée en son milieu et rétrécie à ses extrémités. Le pharynx n’a donc pas, à proprement parler, de paroi antérieure ; celle ci correspond, de haut en bas, à l’orifice postérieur des fosses nasales, au voile du palais, à l’isthme du gosier, à la base de la langue et à la face postérieure du larynx (fig. 322). La surface postérieure du pharynx est directement appliquée sur la colonne vertébrale (pl. II, I, 9) ; elle n’en est séparée que par une couche peu épaisse de tissu cellulaire, qui est

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quelquefois le siège d’abcès dits rétropharyngiens. Mais ces derniers proviennent le plus souvent de la carie des vertèbres cervicales ou mal de Pott (fig. 61). Si l’on ignore la présence de ces abcès ou si l’on hésite à les ouvrir, le pus fuse dans le thorax en suivant les vaisseaux qui

Fig. 322. — Coupe de la bouche et de l’arrière-gorge.

\, Cornets et méats de la paroi externe de la fosse nasale droite. — 2, Voûte palatine. — 3, Voile du palais. — 4, Orifice de la trompe d’Eustache. — 5, Coupe de la langue. — 6, Symphyse du menton. — 7, Coupe de l’os hyoïde. — 8, Pilier antérieur du voile du palais. — 9, Amygdales. — 10, Pilier postérieur du voile du palais. — 11, Epiglotte. — 12, Glotte. — 13, 14, Cartilage du larynx. — 15, Trachée. — 16, Corps thyroïde. — 17, Œsophage. — 18, Pharynx. — 19, Canal vertébral. — 21, Corps des vertèbres.

longent les côtés du pharynx. C’est pour éviter de blesser ces vaisseaux que l’on doit pratiquer les incisions du pharynx sur la ligne médiane.

Le rapport du pharynx avec la colonne vertébrale est si direct, qu’en examinant le fond de la gorge d’une personne qui tourne la tête de côté, on aperçoit la saillie formée par le corps des premières vertèbres cervicales. Les personnes qui ignorent cette particularité prennent quelquefois cette saillie pour une collection purulente. On ne rencontre jamais de graisse dans les mailles du tissu cellulaire interposé entre le rachis et le pharynx, parce que son accumulation

dans cette région refoulerait en avant les parois de ce conduit et rétrécirait d’autant sa cavité.

structure nu pharynx, hydrophobie. — Le pharynx est formé de trois couches de membranes superposées : une antérieure, la muqueuse; une postérieure, la musculeuse ; et une intermédiaire, la fibreuse.

La couche musculeuse se compose de quatre muscles : les irois

Fig. 323. — Pharynx vu de côté.

i, Arcade zygomatique. 1 — 2, Conduit auditif externe. — 3, Apophyse styloïde. — 4, Muscle stylo-glosse. — 5, Muscle constricteur supérieur du pharynx. — 6, Muscle stylo-pharyngien. 7, Constricteur moyen. — 8, Constricteur inférieur. — 9, Œsophage. — 10, Artère linguale. — 11, Buccinateur. — - 12, Maxillaire inférieur. — 13, Hyo-glosse. — 14, Os hyoïde. — 13, Membrane thyro-hyoïdienne. — 16, Cartilage thyroïde. — 17, Muscle crico-thyroïdieu. ■— 18, Trachée.

constricteurs et le stylo-pharyngien. Les constricteurs doivent leur nom à leur action commune, qui contribue à rétrécir la cavité pharyngienne en rapprochant sa paroi postérieure de l’antérieure. On les distingue, d’après leur situation, en supérieur , moyen et inférieur (fig. 323) ; ils se recouvrent de bas en haut à la façon de trois cornets emboîtés l’un dans l’autre. Le stylo-pharyngien prend son point fixe à

l’apophyse styloïde de l’os temporal et se dirige verticalement sur les côtés du pharynx pour s’insérer aux bords latéraux des cartilages du larynx, en confondant ses fibres avec celles des constricteurs moyen et inférieur.

Par ses contractions, le stylo-pharyngien élève le larynx et avec lui la partie inférieure du pharynx qui lui est adhérente. Ce mouvement ascensionnel a pour but, d’une part, de fermer l’orifice laryngien en refoulant l’épiglotte sous la base de la langue, et de l’autre, de porter la partie inférieure du pharynx au-devant des aliments qui ont franchi l’isthme du gosier. En avalant sa salive, on peut constater sur soimême les mouvements d’élévation du larynx.

Dans la rage, les muscles du pharynx sont atteints de spasme douloureux que provoque chaque mouvement de déglutition ; c’est pour

Fig. o"2i. — luatnuneat pulvérisateur du docteur Sales Girons.

éviter cette douleur, et non par horreur de l’eau, que les hydrophobes (uàtop, eau; çoêoç, crainte) repoussent les boissons qu’on leur présente.

La couche fibreuse est de nature aponévrotique et peut être considérée comme la charpente du pharynx. C’est elle, en effet, qui donne sa forme au pharynx et qui reçoit l’insertion des muscles consricteurs. La résistance de cette membrane constitue le principal obstacle à l’ouverture spontanée des abcès rétro-pharyngiens dans la cavité pharyngienne.

LE COBPS HUMAIN.

La couche muqueuse renferme dans son épaisseur des glandes qui sécrètent un produit destiné à entretenir l’humidité de sa surface libre. Ces glandes s’hypertrophient dans l’inflammation de la muqueuse pharyngienne; elles apparaissent alors sous forme de granulations saillantes,, visibles au fond de la gorge.

Cette affection, qui doit à cette dernière circonstance le nom de 1 o pharyngite granuleuse, est commune aux fumeurs, aux J orateurs, aux crieurs des rues, aux personnes qui se livrent ;J à la boisson ou qui ont un tempérament herpétique.

Les douches pharyngiennes d’eaux minérales sulfureuses ,,! appliquées avec des appareils spéciaux (fig. 324) sont très-

1 efficaces pour la cure de cette maladie.

D. — Œsophage.

DIRECTION DE L’ŒSOPHAGE. SOXDE ŒSO- PIIAGIEAAE. LAVAGE DE L’ESTOMAC. — L’œSO-

phage (ofoo), je porterai; çayeTv, manger) est un conduit musculo-membraneux qui s’étend du pharynx à l’estomac (pl. III, 0 et P, 3). Les anciens confondaient l’œsophage et "ra le pharynx sous le nom de gula. Sa direction verticale et N à peu près rectiligne explique comment des individus

fl exercés peuvent, la tête renversée en arrière, introduire

il par la bouche jusque dans l’estomac une tige rigide comme

# H une épée. Ambroise Paré raconte que des bateleurs ava-

lèrent ainsi des tronçons d’épée en présence d’Henri III et i I du prince de Rohan.

\ C’est cette direction verticale qui permet de faire péné-

j \J trer des aliments liquides dans l’estomac à l’aide d’une sonde dite œsophagienne (fig. 325). On emploi ce procédé pour les individus qui ne peuvent ou ne veulent pas se Qç nourrir, comme les malades atteints de tétanos, les aliénés Fig. 325. — qui croient leur nourriture empoisonnée et les prisonniers sonde œso- qui, à l’exemple de Moyau, ont pris la résolution de se

phagienne. . . r , « .

laisser mourir de faim.

La sonde (D) dont nous donnons le modèle ci-contre est celle dont se sert M. Baillarger dans son service d’aliénés.

Cette sonde est faite en gomme flexible; elle renferme une baleine (A) et un fil de fer (C) courbé, qui facilitent le passage de la sonde des fosses nasales dans l’œsophage.

La sonde œsophagienne ne pouvant servir pour les nouveau-nés qui se refusent à prendre le sein, M, Henriette, médecin de fhospice

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des Enfants-Trouvés de Bruxelles, a imaginé de faire des injections alimentaires très-lentes par l’une des narines. Il a recours au même

moyen pour faire prendre des solutions médicamenteuses aux enfants indociles.

Le docteur Faucher a imaginé une sonde spéciale (fig. 326) qui fait

Cet appareil se compose d’un tube de caoutchouc de 1 mètre 50 centimètres de longueur ; à l’une des extrémités est adapté un entonnoir de verre ou de métal et l’autre extrémité est percée de deux ouvertures latérales. Le malade introduit lui-même le tube par une série de mouvements de déglutition jusqu’à ce que l’extrémité libre pénètre dans l’estomac ; à ce moment, on remplit l’entonnoir d’un liquide déterminé et on l’élève à la hauteur de la tête (fig. 327); dès que l’entonnoir est presque vide, il suffit de l’abaisser rapidement audessous du niveau de l’estomac (fig. 328), pour voir refluer le liquide, mélangé de résidus de la digestion.

corps étrangers de l’oesophage. — A son entrée dans le thorax, l’œsophage présente un rétrécissement naturel qui arrête, le plus souvent, les corps étrangers avalés par mégarde. On peut les dégager, à Laide d’une tige de baleine, dite sonde ou panier de Graeff , qui se termine par un petit crochet à bascule. Lorsqu’on l’introduit, ce crochet passe facilement entre le corps étranger et les

Fig. 329. — Pince destinée â saisir les corps étrangers.

Cet instrnment est composé d’une série de pièces croisée et articulées B, C, qui se terminent par des bords fenêtres A, A. La puissance de pression de ces mors est en rapport avec la puissance des branches principales E qui commandent l’ensemble du mécanisme.

parois de l’œsophage ; mais lorsqu’on l’attire en dehors, il entraîne avec lui le corps étranger. M. Mathieu a imaginé, pour le même usage, la pince représentée fig. 329.

Lorsque ces moyens ne réussissent pas, il faut avoir recours à Yœsophag otomie (fig. 330), c’est-à-dire à la recherche directe du corps étranger, en pratiquant une ouverture sur la portion de l’œsophage qui traverse le cou.

Les parois de l'oesophage sont susceptibles d’une certaine distension.

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ainsi que l’attestent, d’une part, les dilatations souvent considérables qui se forment au-dessus des rétrécissements organiques ou cicatriciels de ce conduit, et, de l’autre, les corps étrangers volumineux qui l’ont quelquefois traversé.

Ainsi Heymann (de Plendorf) cite le fait suivant : Un enfant de trois ans, qui dormait la bouche ouverte, avala pendant son sommeil une cliauve-souris et la rendit au bout de deux jours par les selles. Chemin, en 1849, a communiqué à l’Académie le cas d’un individu qui avala une fourchette et l’expulsa par l’anus au bout de vingt mois. Tout le monde se souvient encore de ce jeune employé des magasins du Prin-

A, Faisceau sternal du muscle sterno-mastoïdien. — B, Corps thyroïde porté à droite par une engne. — C, Muscle sterno-hyoïdien. — D, Veine jugulaire interne. — E, Nerf récurrent. — b , Œsophage. — G, Carotide interne. — H, Veine jugulaire antérieure. — I, Branche descendante du nerf hypoglosse.

temps, qui commit la même imprudence ; mais il fut moins heureux que le précédent et le corps étranger s’arrêta dans l’estomac. On sait que M. Léon Labbé parvint à l’extraire avec un succès complet. Les fourchettes avalées déterminent des accidents divers. Le docteur Adelmann, de Berlin, en a relevé 17 cas, sur lesquels il y eut neuf fois élimination par un abcès, trois fois évacuation de la fourchette dans les selles et cinq fois extraction de l’estomac par une ouverture pratiquée à cet organe.

rapports de l»(«e§ophage. œsophagotomie. — Les

rapports de l’œsophage sont très-importants. A son origine, il est situé entre le rachis et la trachée qu’il déborde un peu à gauche ; aussi

choisit-on ce côté pour pratiquer rœsophagotomie (fig. 330). Dans la poitrine, l’œsophage est séparé de la colonne vertébrale par l’artère aorte. Le contact de ce vaisseau et du canal œsophagien rend compte de l’accident suivant observé par Denonvilliers : Un caporal du 57e de ligne, qui ne possédait plus quune pièce de cinq francs en argent, l’avala; cette pièce s’arrêta dans la portion thoracique de l’œsophage, ulcéra la paroi adjacente de l’artère aorte et détermina une hémorrhagie foudroyante. Cette curieuse préparation est déposée dans les vitrines du musée Dupuytren.

Les accès de suffocation produits par la présence d’un corps étranger dans la partie supérieure de l’œsophage, résultent de la compression exercée sur la trachée-artère qui conduit l’air aux poumons. C’est à cette cause que La Harpe attribue la mort de Gilbert qui, d’après lui, avala la clef de sa cassette dans un accès de folie. Mais il est prouvé que ce poëte perdit la vie en faisant une chute de cheval à Charenton; il n’est donc pas non plus mort de faim, comme le veut Charles Nodier.

La situation de l’œsophage à une faible distance de la colonne vertébrale explique comment les coups de poing dans le dos peuvent dégager et faire descendre dans l’estomac les corps étrangers arrêtés à l’intérieur du conduit œsophagien.

En raison de leur faible épaisseur, les parois de l’œsophage peuvent se rompre sous l’influence des efforts de vomissement, comme dans l’observation rapportée par Boerhaave, du baron Yassenaer, qui avait l’habitude de se faire vomir toutes les fois qu’il avait fait quelques excès de table.

STRUCTURE DE L’ŒSOPHAGE. ŒSOPIIAGISME. — Le Canal œsophagien est essentiellement constitué par deux tuniques : l’une interne muqueuse , et l’autre externe musculeuse ; on y rencontre encore des glandes , des vaisseaux et des nerfs .

La tunique musculeuse est formée de deux plans de fibres : l’un superficiel à fibres longitudinales, et l’autre profond à fibres circulaires. Les contractions de ces fibres concourent à la progression des aliments dans l’œsophage ; elles agissent aussi dans le vomissement et dans la régurgitation. Leur spasme convulsif ou œsophagisme , que l’on observe dans les crises de nerfs, produit la sensation d’une « boule » qui semble monter du thorax dans le cou.

La membrane muqueuse présente des rides transversales analogues à celles de la peau. Ces plis s’effacent pendant les mouvements de déglutition et permettent à l’extrémité supérieure de l’œsophage de suivre le mouvement ascensionnel de la trachée, sans exercer de traction sur l’extrémité inférieure du premier conduit.

Les nerfs de l’œsophage proviennent des pneumogastriques qui forment autour de ce conduit un réseau de filets nerveux auquel il faut

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attribuer la douleur produite par le passage de bouchées trop volumineuses.

E. — Estomac.

conformation de l’estomac. — L’estomac (aïo^a, bouche) est comparé avec raison à une cornemuse dont l’œsophage serait l’un des tuyaux : il a la forme d’un cône à base arrondie, dirigé obliquement de haut en bas et de gauche à droite. Cette direction explique, en partie, pourquoi la digestion est plus laborieuse et le sommeil plus pénible sur le côté gauche.

Ces inconvénients résultent encore, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer, de la pression exercée par le foie sur l’estomac.

Chez les femmes, l’usage des corsets augmente l’obliquité de l’estomac qui prend même quelquefois une direction verticale.

Les estomacs doubles sont assez rares ; ils résultent d’une sorte de dépression qui les divise en deux loges et leur donne la forme d’une gourde de pèlerin. On a voulu assimiler cette conformation à l’estomac multiple des ruminants; mais rien ne justifie cette assimilation, puisque l’insufflation suffit pour effacer cette anomalie.

rapports de l’estomac. — L’estomac répond à Vhypocliondre 0 ko, sous; yovBpoç, cartilage) gauche et à F épigastre (é%{, sur; yac rofip, ventre), (fig. 331).

Les rapports avec cette dernière région n’ont lieu que vers sa partie inférieure ; la partie supérieure de l’épigastre, qui est déprimée, a reçu le nom de creux de l’estomac ou fossette du cœur, bien qu’elle corresponde directement au foie et non à l’un ou à l’autre de ces organes.

L’estomac (pl. III, G) est situé entre le foie et la rate, au-dessous du diaphragme et au-dessus du colon transverse. De là la propagation fréquente des affections cancéreuses du foie à l’estomac et inversement de l’estomac au foie; de là encore la gêne des mouvements du diaphragme et, par suite, de la respiration après les repas. C’est aussi pour cette raison que les contractions violentes de ce muscle, pendant l’éternument et le vomissement, peuvent rompre l’estomac. Le rapport de l’estomac avec le diaphragme explique en outre pourquoi les anciens, qui plaçaient le siège des passions dans la région épigastrique, ont donné à la partie médiane de ce muscle le nom de centre phrénique (<ppvjv, esprit).

capacité de l’estomac. — La capacité de l’estomac est trèsvariable : normalement, il contient environ trois litres d’eau ; mais

l’abstinence prolongée le réduit quelquefois au volume de l’intestin grêle. Chez les grands mangeurs, au contraire, l’estomac acquiert un

Fig. 331. -—Vue générale des viscères thoraciques et abdominaux.

i, Trachée-artère. — 2, Corps thyroïde. — 3, Artère pulmonaire. — 4, Artère-aorte. — 5, Veine cave supérieure. — 6, G, Tronc veineux brachio-céphalique. — 7, 7, Carotides primitives et jugulaires internes. — 8, Veine sous-clavière. — 9, 9, Oreillettes. — 10, Diaphragme. Il, Vésicule biliaire. — 12, Cùlou ascendant. (Figure tirée de Y Anatomie de M. Fort).

développement considérable, ainsi qu’on a pu le constater à l’autopsie de Louis XIV, qui, on le sait, se livrait à la bonne chère»

Percy a rapporté l’histoire d’un dragon qui, avant d’être exécuté,

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ingéra une telle proportion d’aliments et de boissons que son estomac avait plus que décuplé de volume.

Le même auteur assure qu’un lazzarone boit habituellement d’un seul trait cinq à six litres d’eau froide et qu’il s’endort aussitôt après ; il raconte avoir offert à l’un d’eux vingt-six livres de macaroni qui furent mangées en une seule fois.

On connaît l’anecdote historique du maréchal de Bassompierre, ambassadeur de France en Suisse, versant treize bouteilles de vin dans son immense botte à chaudron, et vidant d’un trait ce verre improvisé, à la santé des treize cantons helvétiques.

Dans certains cas pathologiques, on peut voir l’estomac envahir la presque totalité de l’abdomen et descendre jusque dans le bassin, ainsi que M. Sappey l’a observé chez une malade du service de M. Briquet, à l’hôpital Gochin. Un cas analogue a été rapporté par Jodon : il s’agissait d’une femme que l’on avait prise pour hydropique et dans l’estomac de laquelle on trouva à l’autopsie 90 livres de sérosité.

tubérosités stomacales, gastrotomie. — On distingue dans l’estomac une grosse et une petite tubérosité. La première correspond à la panse des herbivores : elle occupe le côté gauche du corps et peut être explorée en palpant l’abdomen; l’autre est située à droite et se dissimule en partie sous le foie. Les rapports immédiats de la grosse tubérosité de l’estomac avec la paroi abdominale permet de faire la gastrotomie , c’est-à-dire de pratiquer une ouverture à ce viscère, soit afin d’en extraire des corps étrangers volumineux, comme M. Léon Labbé l’a fait sur « l’homme à la fourchette » ; soit encore pour remédier à l’inanition qui résulte des rétrécissements incoercibles de l’œsophage. C’est ainsi qu’un jeune homme de dix-sept ans, atteint d’un rétrécissement infranchissable de ce conduit, après avoir avalé par mégarde une solution de potasse caustique, a été opéré avec succès par M. Yerneuil, qui lui fit une bouche stomacale par laquelle il prend sa nourriture.

C’est encore le rapport de l’estomac avec la paroi abdominale qui permit à W. Beaumont d’entreprendre des expériences nombreuses pour étudier les phénomènes de la digestion stomacale chez un Canadien, qui avait eu une grande partie de l’hypochondre gauche enlevée à la suite d’un coup de feu reçu à bout portant.

orifices de L^ESTOMÀCè — La cavité stomacale présente deux orifices, l’un qui s’ouvre dans l’œsophage, le cardia * et l’autre dans l’intestin grêle, le pylore.

Le cardia (xapSta, cœur) doit son nom à la proximité du coeuf, dont il n’est séparé que par l’épaisseur du diaphragme. Cet orifice est trèsdilatable et se laisse facilement franchir par les aliments qui entrent dans l’estomac ou par ceux qui en sont expulsés.

Le cardia des solipèdes en général et du cheval en particulier est muni d’un anneau musculaire résistant qui agit à la façon d’un sphincter et s’oppose au retour des aliments dans l’œsophage. Cette disposition explique la rareté du vomissement et, par suite, la fréquence et la gravité des indisgestions chez ces animaux.

Ainsi le docteur Auzoux rapporte, dans ses Leçons de Physiologie , que, pendant la campagne de 1812, après le passage du Niémen, sur les quatre-vingt-dix mille chevaux de cavalerie française, plus de la moitié périrent pour avoir mangé sans mesure des fourrages coupés sur pied.

Le pylore (tcuXyj, porte; ûupôç, gardien) se distingue du cardia par la consistance de son contour. Il présente une valvule (fig. 332) qui ne laisse passer les matières alimentaires dans l’intestin que lorsqu’elles ont subi la digestion stomacale. C’est à cette particularité que le pylore doit son nom de « portier de l’estomac » . La valvule pylorique n’oppose, par contre, qu’une faible résistance à la bile et aux matières excrémentitielles qui, dans le pylorique. — 4, Fibres bogitu- cas d’obstruction intestinale, peuvent refluer drdaod“QZÎ-5°Tuniquflé- dans l’estomac et sont ensuite rejetées au de-

reuse. — 6, Orifice formé par hors nar le vomissement. Les Vers lom-

le bord libre de la valvule pylo- ... , , . .. „ . .

rique. — 7, 7, Surface de la bries, qui séjournent habituellement dans — 1 T l< Vvaîvuîe pyiorfqïe vue Intestin, peuvent aussi s’échapper par la du côté de l’estomac; elle parait bouche, en suivant le même chemin, infundibuhforme. Les affecti0ns organiques de l’estomac at-

taquent surtout la région pylorique ; c’est pour cela que le mot pylore est pris communément pour synonyme de cancer de l’estomac : « Mon pylore! » s’écriait sans cesse Napoléon Ier à Sainte-Hélène. On conçoit que le cancer pylorique soit toujours accompagné de vomissements et que ce symptôme fasse, au contraire, défaut dans le cancer du cardia.

Fig. 332. — Coupe du pylore.

1, Tunique muqueuse de l’estomac. — 2, Tunique celluleuse.

— 3, Épaississement des fibres circulaires formant le sphincter

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