VAISSEAUX EX NERFS DU GROS INTESTIN. IIÉMOR
rhoides. — Les artères du gros intestin sont nombreuses ; elles viennent en grande partie des artères mésentériques supérieure et inférieure (pl. III, J, 10).
Le rectum est la partie la plus vasculaire du gros intestin ; c’est sans doute à cette particularité qu’il faut attribuer la fréquence du cancer de cet organe. Broussais et le célèbre tragédien Talma furent affectés de cette horrible maladie.
C’est encore la grande vascularité du rectum qui explique les hémorrhagies abondantes par l’anus dans les polypes rectaux.
Les veines sont aussi très-nombreuses, surtout à la partie inférieure du rectum, où leur dilatation permanente constitue les varices rectales ou hêmorrhoïdes (aTpwc, sang; péw, je coule). Louis XI et Richelieu étaient souvent incommodés par cette affection.
L’écoulement de sang ou flux hémorrhoïdal auquel ces petites ampoules donnent souvent lieu en se crevant, agit sur les tempéraments sanguins à la façon d’une soupape de sûreté qui les préserve des congestions cérébrales, pulmonaires et hépatiques. Aussi, chez les tem-
péraments sanguins, doit-on s’efforcer de rappeler ce flux salutaire, à l’aide de Faloès, dès qu’il tend à disparaître.
L’abondance des veines rectales rend compte également du pouvoir absorbant que possède le rectum.
Les médecins utilisent cette propriété dans l’administration des lavements nutritifs et médicamenteux. Ainsi il n’est pas rare de nourrir, pendant plusieurs mois, des malades atteints de rétrécissement organique de l’œsophage, en leur injectant dans le rectum du bouillon, du vin, du jus de viande, etc.
Les veines du gros intestin suivent une direction inverse de celle des artères et concourent à la formation de la grande et de la petite veine mésaraïque (pl. III, J, 10), qui aboutissent au foie (fig. 344). De là vient la fréquence des hémorrhoïdes dans les engorgements de cet organe.
Les nerfs du gros intestin proviennent tous du grand sympathique, à l’exception de quelques filets du système nerveux de la vie animale, qui se distribuent à l’extrémité inférieure du rectum ; c’est pourquoi les contractions de cet organe sont en partie dépendantes de la volonté.
des vers iivtestiivaux. — Les vers intestinaux ou helminthes (è'Xp.tvç, ver), ou entozoaires (èvxoç, au dedans; Çwov, animal), qui se développent dans le corps de l’homme, pénètrent à l’intérieur du tube digestif sous forme d’œuf ou de larve avec les boissons et les aliments. Leur présence dans le canal intestinal ne peut être révélée par aucun symptôme caractéristique : les démangeaisons du nez, les yeux cernés, les coliques et la langue chargée, qui sont habituellement considérés comme des signes de la vermine, sont communs à un grand nombre de maladies de l’enfance. Le seul symptôme certain de la présence des vers dans l’intestin, est l’éjection de fun de ces parasites par la bouche ou par l’anus.
On peut diviser les vers en deux groupes, suivant qu’ils vivent dans l’intérieur ou en dehors du tube digestif. Dans le premier groupe nous placerons les ascarides , les oxyures , le trichocêphale , Yancylostome et les vers solitaires ; dans le second : les cysticerques , les échino coques , la trichine , le strongle9 la plaire de Médine , le thécosome et la douve .
1 Les ascarides (âffKaplÇeiv, sautiller), sont dits lombricoïdes à cause de leur ressemblance avec le ver de terre ou lombric (1). Ils se rencontrent le plus souvent dans l’intestin grêle et parfois en nombre
(1) Cette ressemblance est si grande que des médecins ont souvent été trompés par des individus qui disaient avoir rendu un ascaride et présentaient un lombric. On évitera cette erreur en se rappelant que le corps du ver de terre est recouvert de soies et que sa tête est divisée en deux lèvres.
DE LA DIGESTION
considérable. Ces vers peuvent former alors des pelotons plus ou moins volumineux qui présentent tous les symptômes d’une obstruction intestinale. Petit, de Lyon, rapporte que le fils d’un vétérinaire de Roanne en rendit jusqu’à 2000 dans l’espace de cinq mois (fi g. 348).
Les oxyures (o^ùô, aigu ; o-jpx, queue) résident surtout dans la partie inférieure du rectum. Ils se présentent sous la forme de petits 3 a bouts de fils de 8 à 10 millimètres de longueur (fig. 349), et ils occasionnent de vives démangeaisons à l’anus surtout pendant la nuit; d’où le nom de nocturnes qui leur est encore donné.
Le trichocéphale (ôp£, cheveu; tête)
est un ver long de 5 centimètres environ. Il séjourne de préférence dans le cæcum; sa fréquence est telle que M. Davaine a prétendu qu’à Paris un habitant sur deux en était atteint. Rudolphi en a trouvé plus d’un millier dans le même cæcum.
L’ancylostome (àyîwXoç, courbé ; <?t ép.a, bouche) habite le duodénum et le commencement du jéjunum. Sa longueur est de 5 millimètres.
Les vers solitaires sont ainsi appelés parce que chez l’homme ils sont généralement uniques. Ils se tiennent dans l’intestin grêle. Les plus communs sont le tœnia solium (tjkvî, ruban ; solium , seul), et le bolhriocéphale latus ©cGptov, fossette; xs ©xX^, tête; latus large). Ce dernier s’observe Fig 348 üîTco^ie ai idG l0m~ sur^ou^ en Suisse et en Russie. Le tænia se rena, b. Ascaride!- C,D, Tête contre P1ut6t en Allemagne, en Hollande, en 'avec les trois nodules et la France et en Abyssinie. Il est si fréquent dans
^îe!*aveTies^iieux spiculés cet!e dernière contrée, que lorsqu’on vend un
— F. esclave il reçoit en même temps une portion de
cousso. On sait que cette plante est le ténifuge par excellence des vers solitaires.
Le corps est formé d’anneaux nombreux qui, détachés et expulsés avec les garde-robes, sont pris pour des pépins de courge ; de là le nom de cucurbitins donné à ces articles isolés. Ces anneaux se reproduisent tant que la tête reste dans l’intestin.
La longueur moyenne du tænia est de 4 à 5 mètres, et celle du bolhriocéphale, de 2 à 7 mètres. Les dimensions extraordinaires que l’on attribue parfois aux vers solitaires tiennent à ce que l’on prend souvent pour un seul individu plusieurs parasites réunis dans le même intestin.
Le tænia ordinaire présente à sa tête une double couronne de cro-*
chets (fig. 350) à l’aide desquels il se fixe à la muqueuse intestinale. Le botliriocéphale (fig. 351) est dépourvu de ces crochets; aussi est-il facilement expulsé de l’intestin. Un simple purgatif suffit le plus souvent.
Fig. 349. — Oxyure.
A. Tête avec ses trois nodules et son gonflement aliforme. — B, Mâle. — C, Femelle. — D, Queue du mâle. — E, Queue de la femelle. — F, Œuf.
Les Cysticerques (xucmç, vessie; yipy.oç, queue) sont des vers vésiculaires qui s’enkystent et se développent dans le tissu cellulaire, les
Fig. 350. — Tœnia solium.
I, Tête et cou de grandeur naturelle. — 5, Tête agrandie vue de côté; elle présente quatre venlarges ^ UQÔ ^0U^e C0ul0Qûe crochets. — 7, Anneaux du corps, qui sont plus longs que
muscles, le foie, le cerveau. Ils occupent quelquefois la chambre antérieure de l’œil (fig. 352). La coque blanche qui le renferme offre
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une longueur moyenne de 2 centimètres sur un de large. On rencontre fréquemment les cysticerques chez le bœuf, le mouton et le porc ; lorsqu’ils existent chez ce dernier, ils constituent la ladrerie .
Les naturalistes pensent que le cysticerque n’est qu’une forme tran-
Fig. 351. — Botriocéphale.
1, Tête et cou de grandeur naturelle. — 2. Tête agrandie présentant deux fossettes ou oscules. — 3, Anneaux du corps, qui sont plus larges que longs.
sitoire du tænia et que le tube digestif de l’homme est le milieu favorable où s’accomplit sa métamorphose. En effet, le tænia s’observe surtout chez les individus qui font usage de la viande crue ou fumée de porc, de mouton ou de bœuf. Si, en Abyssinie, le tænia est à l’état endémique, cela tient à la grande quantité de bœuf cru que les habitants de ce pays font entrer dans leur mets favori, le brindo . On sait aussi que le tænia s’observe souvent chez les personnes qui sont soumises au régime de la viande crue.
Küehenmeister a prouvé en 1835 que le Fig. 352. — cysticerqne de la cysticerque du porc donne naissance au chambre antérieure. tænia ordinaire, en faisant prendre à une femme, condamnée à mort, dans les derniers jours de sa vie, soixantequinze cysticerques ; il trouva à l’autopsie dix petits tænias dans les intestins.
Le cysticerque de l’homme peut aussi devenir un tænia solium, lorsqu’il est placé dans le tube digestif d’un autre individu. Dernièrement, M. Redon a ingéré dans du lait quatre kystes recueillis sur un cadavre échoué à l’amphithéâtre des hôpitaux de Lyon, et trois mois après il constata dans ses selles la présence d’articles du tænia solium.
ïl avait fait avaler en même temps plusieurs de ces entozoaires à des porcs et à des chiens à la mamelle; mais ces animaux, sacrifiés plus tard, ne renfermaient aucune trace de tænia. Cette expérience prouve donc bien la non-identité du cysticerque du porc et de celui de l'homme.
Le tournis du mouton, ainsi appelé parce que cette maladie fait tournoyer l’animal qui en est atteint, est produit par un parasite analogue au cysticerque, le cænure (xsivoç, commun; cypa, queue), qui se développe dans le cerveau de ce ruminant. Ce ver vésiculaire proviendrait, parait-il, d’un tænia propre au chien de berger.
De même les écminocoques (èyivo;, hérisson; xoxxk, grain), que l’on observe si souvent dans le foie des Irlandais et des Lapons, auraient pour origine les œufs du tænia echinococus, déposés sur les légumes par les chiens qui vivent dans la hutte avec les habitants.
Lorsque le cysticerque subit un arrêt de développement, ce qui s’observe souvent chez l’homme, sa tête s’atrophie, tandis que son
Fig. 353. Fi?- 3Î>4.
Fig. 353. — A, Trichine isolée. — B, Portion de muscle attaqué par les trichines. — C, D, Kystes renfermant une trichine.
Fig. 354. — A, Kystes placés entre des fibres musculaires. — B, Kyste ouvert. — C, Trichine enroulée dans le kyste. — D, Matière albumineuse.
corps vésiculeux s^accroît et constitue un acéphalocyste (a, privatif; xeçay rh tête; xùcrxtç, vessie). On rencontre les acéphalocystes et les écliinocoques, souvent en nombre considérable, dans des tumeurs fluctuantes dites hydatides (Gowp, eau).
La trichine (0 pi;, cheveu) est un ver qui traverse les parois de l’intestin oit il s’est développé, pour s’enkyster dans les muscles a fibres striées. Il apparaît alors sous la forme de petites granulations blanchâtres qui ne se voient qu’à la loupe (fig. 353). La présence de ce
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ver dans le système musculaire occasionne la trichinose , qui a été, il y a quelques années, un véritable sujet de terreur en France ; mais cette maladie, assez fréquente en Allemagne, ne s’est pas encore observée dans notre pays.
C’est, comme pour le cysticerque, la viande de porc qui transmet le plus souvent la trichine à l’homme. Les rats et les souris sont fréquemment trichinoses; aussi défendait-on la vente de ces animaux pendant le siège de Paris.
Le strongle (cTpc-ffu Xôç, cylindrique) mesure environ 50 centimètres de longueur et se rencontre dans le rein. Artaud a observé une femme qui rendit onze de ces entozoaires avec les urines.
La filaire de Médine (de filum, fil), ou dragonneau, est rare en Europe. Ce ver est surtout fréquent dans les Indes. Il se loge dans le tissu cellulaire sous-cutané des membres inférieurs. C’est le seul helminthe de l’homme qui pénètre directement du dehors dans l’économie, sans passer par le tube digestif.
La thécosome (ô/jxrç, gaine; corps), habite dans la veine
porte.
Enfin la douve se rencontre dans le foie.